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Comment l’homme peut s’attribuer la vie de Jésus-Christ

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Pendant une messe solennelle, où Sainte Mechtilde s’était sentie paresseuse et endormie, elle se plaignit avec tristesse au Seigneur de sa négligence.

Il lui dit :

« Si tu ne trouvais en toi rien qui te déplût, comment reconnaîtrais-tu ma bonté à ton égard ? »

Elle se ressouvint alors d’une personne dont elle connaissait le chagrin, se mit à prier pour elle, et reçut du Seigneur une réponse appropriée à son état. Il lui dit, entre autres choses :

« Et pourquoi donc cette personne ne voudrait-elle pas recevoir ce que je suis prêt à lui donner ? Ma très sainte et innocente vie sur la terre, je la lui offre volontiers tout entière ; qu’elle la prenne et qu’elle supplée par là à ce qui lui manque. »

Celle-ci reprit :

« Si vous aimez tant que l’on s’empare de ce qui est à vous, dites-moi, je vous prie, ô Dieu très doux, dites-moi comment il faut s’y prendre. »

Il répondit :

« Qu’on offre à Dieu le Père tous ses désirs, intentions et prières unis à mes désirs et à mes prières. Cette offrande montera vers Dieu et sera agréée comme ne formant plus qu’un avec la mienne, ainsi que divers aromates jetés ensemble sur le feu ne produisent qu’une seule fumée qui monte droit au ciel. Toute prière offerte en union avec ma prière est vraiment agréée de Dieu comme le parfum d’un encens précieux. Quoique toute prière pénètre le ciel, elle n’a pas la même valeur si elle n’est pas unie à la mienne.

Qu’on accomplisse aussi ses travaux et ses actions en union de mes labeurs et de mes œuvres. Les œuvres de l’homme peuvent être ennoblies par ce moyen, comme le cuivre fondu avec l’or perd sa propre nature pour prendre la valeur du métal précieux. Une poignée de froment jetée sur un tas de blé semble se multiplier ; ainsi les œuvres de l’homme, qui ne sont rien par elles-mêmes, s’accroissent quand on les joint aux miennes ; et leur valeur se transforme.

Que l’homme règle ses mouvements, ses forces, ses sentiments, ses pensées, ses paroles, toute sa vie enfin sur la mienne : alors elle se trouvera rajeunie et ennoblie, comme un bel oiseau qui renouvelle sa jeunesse en passant d’un climat humide et d’un air pestilentiel dans une atmosphère saine et vivifiante. C’est ainsi que l’homme terrestre peut, de sa vie vieillie, passer à une vie nouvelle, devenir tout céleste et s’unir à moi. »

Donc, mes frères très chers, recevant avec une profonde reconnaissance cette faveur si haute de l’ennoblissement divin, emparons-nous de la très sainte vie du Christ pour suppléer à tout ce qui manque dans nos mérites. Efforçons-nous, selon notre pouvoir, de nous rendre semblables à lui par nos vertus, car ce sera notre gloire suprême dans l’éternelle béatitude. Quelle gloire en effet peut être plus grande que de nous rapprocher, par une certaine ressemblance, de celui qui est la splendeur de la lumière éternelle !

Cette même servante de Dieu fut un jour pressée de se plaindre à la bienheureuse Vierge Marie d’un obstacle qu’elle croyait avoir rencontré dans le service du Seigneur. « Avance, lui répondit la très sainte Vierge, et tiens-toi avec révérence devant mon Fils. »

Cette parole lui fit aussitôt comprendre que si quelque obstacle surgit dans le service de Dieu, à cause de l’attitude d’autrui à notre égard ou de dispositions personnelles ressortant des faits extérieurs, des désirs, des réminiscences, n’importe quel obstacle enfin doit être reçu par nous comme un messager du Seigneur.

Il faut donc aller au-devant de lui avec respect, et le renvoyer pour ainsi dire vers Dieu, par la louange et l’action de grâces. Alors celle-ci se prosterna ; en se relevant, elle vit deux miroirs placés sur les genoux du Seigneur ; des miroirs aussi sur ses vêtements, et sur sa poitrine un dernier miroir si brillant qu’il paraissait communiquer son éclat à tous les autres.

Cette image signifiait que les membres de Jésus-Christ, dans leurs actions, reluisent pour nous comme des miroirs, car ses œuvres procèdent de son Cœur par l’amour. Ses pieds, c’est-à-dire ses désirs, sont si brillants à nos yeux ; ils nous font voir combien nos pas sont lents, quand il s’agit des choses divines, et comme ils manquent souvent leur but dans les choses humaines.

Les genoux du Christ sont des miroirs d’humilité ; ils se sont bien des fois pliés pour nous dans la prière et ils ont touché terre quand le Maître lava les pieds des apôtres. Là nous pouvons confesser notre orgueil, qui nous empêche de nous humilier, cendre et poussière que nous sommes. Le Cœur du Christ est pour nous le miroir du plus ardent amour ; nous pouvons y voir la tiédeur de notre cœur à l’égard de Dieu et du prochain.

La bouche du Christ est pour nous le miroir des suaves discours de louange et d’action de grâces ; nous pouvons y découvrir toutes nos paroles inutiles et nos péchés d’omission dans la prière et dans la louange divine. Les yeux du Seigneur sont pour nous les miroirs de la vérité divine ; nous pouvons y voir les ténèbres de notre infidélité, qui font obstacle en nous à la connaissance de la vérité. Les oreilles du Seigneur sont des miroirs d’obéissance : en effet, autant le Seigneur fut toujours prêt à rendre obéissance à son Père, autant il est maintenant toujours attentif à nos prières.

Un jour, après la sainte communion, comme elle désirait savoir ce que le Seigneur voulait d’elle, il lui fit cette réponse : « Sortons dans la campagne. » Et aussitôt, il lui sembla se trouver dans un champ émaillé de roses, de lis, de violettes et de mille fleurs gracieuses. Les roses désignaient les martyrs ; les lis, les vierges ; les violettes et les autres fleurs symbolisaient les veuves et tous les saints. Il y avait là aussi un magnifique champ de blé, où le Seigneur, assis, était comme enfermé des quatre côtés dans le froment. Celle-ci comprit que le champ signifiait tout le fruit qu’avait rapporté à l’Église l’Humanité de Jésus-Christ.

Des rossignols et des alouettes, faisant entendre leurs plus doux chants, voltigeaient autour du Seigneur ; les rossignols désignaient les âmes éprises d’amour, et les alouettes, celles qui accomplissent leurs bonnes actions avec joie et mansuétude. Il semblait aussi qu’une colombe prenait son repos sur le sein du Seigneur, symbole des âmes simples qui reçoivent les dons célestes sans calcul, qui ne discutent ni les œuvres de Dieu, ni celles des hommes. C’est en elles surtout que le Seigneur prend ses délices.

Celle-ci, toutefois, voulait savoir pourquoi le Seigneur était enfermé de tous côtés comme par les quatre murs d’une maison. Alors elle vit en esprit que la vie de Jésus-Christ sur la terre est comme divisée en quatre parties qu’elle pouvait considérer pour apprendre à gouverner sa propre existence.

Le Christ fut premièrement fervent de cœur. Elle devrait à son exemple, quand elle serait dans la solitude, porter toujours son attention vers Dieu, en considérant, soit la Divinité, soit les œuvres de la sainte Humanité, soit les opérations de Dieu dans ses saints, soit ce que la divine miséricorde lui avait déjà accordé.

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Le Christ fut deuxièmement doux et sociable avec tous ; ainsi devrait-elle se montrer aimable et douce, ne blesser personne par une parole mordante, mais au contraire ne s’entretenir que des actions de Notre-Seigneur et des saints, et de ce qui peut être avantageux à autrui.

Troisièmement, le Christ ne fit jamais que des œuvres utiles, guérissant les corps et les âmes : ainsi devrait-elle s’appliquer soigneusement à agir en tout d’un cœur doux et joyeux.

Quatrièmement, le Christ fut d’une souveraine patience dans les persécutions et les douleurs ; ainsi devrait-elle demeurer sans aucune aigreur dans les peines et les injures. La brebis au pâturage bêle souvent; mais, conduite à la mort, elle se tait devant le bourreau.

Ainsi l’âme fidèle doit être dans la crainte quand elle ne ressent aucun genre de peine ; mais au temps de la tribulation, elle est en pleine sécurité. Alors celle-ci pria le Seigneur de lui apprendre comment elle pourrait vivre à chaque instant selon son bon plaisir.

Source : Révélations de Sainte Mechtilde – Pères Bénédictins de Solesmes – 1921

Publié par Napo

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