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La confession est un sacrement institué par Jésus-Christ

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La confession, qui fait partie du sacrement de pénitence, est une accusation que le pénitent fait de ses péchés à un prêtre approuvé, pour en recevoir l’absolution.

Il s’agit de la confession sacramentelle, de celle que l’on fait à un prêtre approuvé par l’Église. Cette confession est nécessaire de droit divin ; il est de foi qu’elle a été instituée et ordonnée par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour tous ceux qui sont tombés dans quelque péché mortel après avoir été régénérés par le baptême.

« Si quelqu’un nie que la confession sacramentelle soit une institution divine, ou qu’elle soit nécessaire au salut de droit divin ; ou que la manière de se confesser secrètement au prêtre seul, ainsi que l’Église catholique l’observe et l’a toujours observé dès le commencement, n’est pas conforme à l’institution et au précepte de Jésus-Christ, mais que c’est une invention humaine ; ou que la confession de tous les péchés mortels dont on peut se souvenir, après y avoir soigneusement pensé, est seulement utile pour l’instruction et la consolation du pénitent, et qu’autrefois, elle n’a été en usage que pour imposer une satisfaction canonique ; ou que la confession de tous ses péchés, telle que l’observe l’Église, est impossible, et n’est qu’une tradition humaine qui doit être abolie : qu’il soit anathème. »

Ainsi s’exprime le dernier concile général contre les erreurs contradictoires des luthériens et des calvinistes, qui, en niant l’institution divine et la nécessité de la confession, la regardent, les uns, comme une institution ancienne et utile ; les autres, comme une pratique nuisible à l’Église et qu’on ne doit pas tolérer, comme une abominable torture inventée par le pape Innocent III au concile général de Latran, de l’an 1215.

Nous devons donc montrer, pour confondre l’hérésie, que le dogme catholique au sujet de la confession est fondé sur l’Écriture sainte, sur l’enseignement des Pères et des docteurs de tous les temps, et sur la croyance et la pratique non interrompue de l’Église universelle.

Preuves de l’institution divine de la confession par l’Écriture sainte.

On lit dans saint Jean :

« Jésus dit à ses disciples :

La paix soit avec vous ! Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie aussi de même. Ayant dit cela, il souffla sur eux, et leur dit : Recevez l’Esprit-Saint ; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. »

Ici, Notre-Seigneur exécute la promesse qu’il avait faite à ses disciples lorsqu’il dit à Pierre :

« Je te donnerai les clefs du royaume des cieux; et tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans le ciel; et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel. »

Et à tous les apôtres :

« Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel ; et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

On voit, par ces paroles, que Jésus-Christ a donné à ses apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de lier et de délier sur la terre et dans le ciel, de remettre et de retenir les péchés. Et par ce pouvoir de lier et de délier, de remettre et de retenir, d’absoudre et de condamner, il établit juges des consciences les apôtres et ceux qui leur ont succédé dans le sacerdoce ; il les charge de rendre la justice en son nom et au nom du Père céleste.

Or, ils ne peuvent lier ou délier, retenir ou remettre les péchés, condamner ou absoudre les pécheurs, sans connaissance de cause, sans discerner entre les péchés qu’il faut remettre et les péchés qu’il faut retenir. Et ce discernement ne peut évidemment se faire sans l’aveu du pénitent. Il est donc nécessaire que le pécheur paraisse au tribunal du prêtre et qu’il s’accuse lui-même, autant que possible, de tous les péchés mortels dont il s’est rendu coupable.

Mais cette accusation n’est pas autre chose que la confession des péchés, telle qu’elle se pratique dans l’Église. Donc la nécessité de la confession découle naturellement du pouvoir que les apôtres et leurs successeurs ont reçu de Jésus-Christ, de lier et de délier, de remettre et de retenir les péchés.

C’est le raisonnement du concile de Trente :

« D’après l’institution même du sacrement de pénitence, l’Église universelle a toujours entendu que la confession entière des péchés a été instituée par Notre-Seigneur, et qu’elle est, de droit divin, nécessaire à tous ceux qui sont tombés après le baptême, puisque Notre-Seigneur Jésus-Christ, étant près de monter de la terre au ciel, a établi les prêtres ses vicaires comme des présidents et des juges, auxquels seraient déférés tous les péchés mortels dont les fidèles se seraient rendus coupables; afin qu’en vertu du pouvoir des clefs qui leur a été donné pour remettre ou retenir les péchés, ils pussent prononcer la sentence.

Car il est manifeste que les prêtres ne pourraient porter ce jugement sans connaissance de cause, ni garder l’équité dans l’imposition des peines, si on ne déclarait les péchés qu’en général seulement, et non en particulier et en détail. On conclut de là que les pénitents doivent énumérer en confession tous les péchés mortels dont ils se sentent coupables après une exacte discussion de leur conscience, encore que ces péchés fussent très-secrets, et commis seulement contre les deux derniers préceptes du Décalogue. »

Il est donc constant que le pouvoir, dans les apôtres et leurs successeurs, de lier et de délier, de retenir et de remettre les péchés, entraîne l’obligation, pour tous les pécheurs, de se présenter au tribunal du prêtre, et de confesser, aussi exactement que possible, toutes les fautes mortelles qu’ils ont commises, afin d’en recevoir l’absolution.

Or, ce pouvoir de lier et de délier, de remettre et de retenir les péchés, vient de Jésus-Christ; il faut donc reconnaître que l’obligation de se confesser vient aussi de Jésus-Christ, et qu’elle est par conséquent une institution divine, et non, comme le prétendent les protestants, une institution des hommes.

On peut peut-être dire que la confession des péchés, quoique d’institution divine, n’est pas d’obligation ; qu’elle est utile et non nécessaire au salut ; qu’il est bon de s’adresser à un prêtre pour en recevoir l’absolution, mais qu’il existe d’autres moyens de satisfaire à la justice divine ; qu’il suffit de se reconnaître sincèrement coupable devant Dieu, et de faire pénitence.

Mais s’il existe d’autres moyens de se réconcilier avec Dieu qui soient indépendants de la confession sacramentelle, pourquoi Notre-Seigneur ne les a-t-il pas fait connaître à son Église ? Pourquoi les apôtres ne les ont-ils pas transmis à leurs successeurs ? Si on n’est point obligé de recourir aux prêtres pour être absous, pourquoi donc Jésus-Christ leur a-t-il donné le pouvoir de retenir les péchés ?

Ce pouvoir ne serait-il pas un pouvoir illusoire ? Comment, en effet, le prêtre pourrait-il user du droit de retenir les péchés à celui qui s’accuse, si le coupable pouvait aussitôt sortir du tribunal de la pénitence, et se promettre le pardon de ses offenses en se confessant à Dieu seul ? Et à quoi serviront au prêtre les clefs du royaume des cieux, symbole du pouvoir d’ouvrir et de fermer le ciel à un pénitent, si ce pénitent peut entrer dans le ciel sans le ministère du prêtre ?

À quoi bon d’ailleurs l’institution de la confession, si le pécheur est libre de se confesser ? Y en a-t-il un sur mille qui préférerait la confession faite à un prêtre qui ignore l’état de notre âme, au moyen mille fois plus simple et plus facile de se confesser à Dieu, qui, sans le secours de notre confession, connaît ce qu’il y a de plus secret, de plus caché dans le fond de nos cœurs ? Non, il n’y a pas de milieu : ou il faut, malgré la parole expresse de Jésus-Christ, nier qu’il ait donné à ses apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de remettre et de retenir les péchés ; ou il faut de toute nécessité reconnaître ce pouvoir, avec l’obligation de confesser aux prêtres les péchés mortels dont on s’est rendu coupable.

Nos frères séparés nous objectent que les livres saints ne parlent point de la confession sacramentelle, du sacrement de pénitence : mais cette objection, mille fois répétée et mille fois réduite au néant, n’a jamais pu faire de dupes que parmi les ignorants. D’abord, on ne lit nulle part dans les livres saints que le Verbe, Fils de Dieu, soit consubstantiel au Père ; et cependant ceux des protestants qui croient encore à la divinité de Jésus-Christ professent avec nous la consubstantialité du Verbe contre les sociniens.

Les livres saints ne parlent point du baptême des enfants ; cependant les luthériens et les calvinistes baptisent les enfants, contrairement à l’erreur des anabaptistes. Les livres saints ne donnent pas le nom de sacrement à l’eucharistie ; néanmoins les protestants célèbrent la cène et la mettent au nombre des sacrements. Et pourquoi cela ? C’est qu’ils sont forcés de convenir, avec les catholiques, que tout ce qui se conclut nécessairement de quelques passages des livres saints doit être regardé comme vrai, comme divin, comme faisant partie de l’Écriture sainte.

Or, l’obligation de se confesser résulte nécessairement du pouvoir que les apôtres et leurs successeurs ont reçu de Jésus-Christ, de lier et de délier, de remettre et de retenir les péchés, pouvoir clairement exprimé dans l’Évangile. Les protestants ne peuvent donc, sans être en contradiction avec eux-mêmes, répéter qu’il n’est point mention de la confession sacramentelle dans les livres saints.

D’ailleurs, est-il bien vrai que la confession sacramentelle ne soit point nommée dans l’Écriture ? Qui nous a dit qu’il ne s’agit pas de cette confession dans le texte des Actes des apôtres où nous lisons qu’un grand nombre de fidèles venaient trouver saint Paul à Éphèse, confessant et déclarant leurs péchés ?

Comment prouverait-on que lorsque saint Jacques dit aux fidèles, Confessez donc vos péchés les uns aux autres, il ne recommande pas la confession qui précède l’administration du sacrement de l’extrême-onction, dont il parle au même endroit ? Les mots, les uns aux autres, n’indiquent certainement pas une confession publique ; mais bien une confession faite à ceux de nos frères qui sont chargés du ministère de la réconciliation, tout en demeurant semblables à nous, et sujets, comme nous, aux misères de cette vie : Elias homo erat similis nobis, passibilis.

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Enfin, ne peut-on pas soutenir que saint Jean regarde la confession comme un moyen nécessaire d’obtenir le pardon de ses péchés, lorsqu’il dit, dans sa première épître :

« Si nous confessons nos péchés, Dieu est fidèle et juste pour nous les pardonner, et nous purifier de toute iniquité. »

Il s’agit, dans ce passage, de la confession à laquelle Dieu a attaché le pardon des péchés ; puisque l’apôtre nous dit que Dieu, qui est juste, sera fidèle à sa promesse en nous les pardonnant. Or, on ne peut citer aucun texte de l’Écriture où Dieu ait promis le pardon à ceux qui se confesseraient à lui seul ; tandis que Notre-Seigneur a promis que ce qui serait délié sur la terre par ses apôtres serait délié dans le ciel, et que les péchés qu’ils remettraient sur la terre seraient véritablement remis dans le ciel.

Ce n’est donc pas lorsqu’on se confesse à Dieu seul, mais bien lorsqu’on se confesse aux successeurs des apôtres et qu’on en reçoit l’absolution, que Dieu se trouve fidèle dans sa promesse. L’apôtre saint Jean parle donc de la confession sacramentelle. Il y a donc de l’entêtement à répéter encore qu’il n’est point parlé de la confession dans les livres saints.

Aussi, comme nous allons le prouver le plus brièvement qu’il nous sera possible, les Pères et les docteurs antérieurs au quatrième concile de Latran, s’appuyant sur les paroles de Jésus-Christ et des auteurs sacrés, nous ont transmis la confession secrète, auriculaire, sacramentelle, comme étant une institution divine et nécessaire au salut.

Source : Théologie Dogmatique – S. E. Le Cardinal Gousset – 1879

Publié par Napo

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