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La liberté de culte catholique sous la terreur de la révolution

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La liberté de culte catholique n’eut plus alors pour les révolutionnaires la moindre tolérance. Il fallut, pour célébrer la messe, ériger quelques autels secrets dans les appartements reculés, il fallut surtout éviter la moindre apparence d’assemblée religieuse.

Sur le moindre soupçon, les maisons des laïques eux-mêmes étaient visité, l’apparence d’un autel était un crime ; des ornements, ou des vases sacrés, découverts dans quelques catacombes, étaient un horrible complot d’aristocratie. Les maisons des prêtres surtout et celles des laïques où l’on en soupçonnait, étaient spécialement surveillées les jours de dimanches et de fêtes.

Les calices et les ciboires, que l’on avait laissés jusque-là dans quelques maisons religieuses, furent recherchés et emportés avec des profanations toujours plus odieuses. Un ou deux traits suffisent pour juger de ces profanations et des municipes plus impies encore qu’avides de l’or du sanctuaire. Celui qui enleva le soleil de l’église des Théatins de Paris, l’arracha du tabernacle, sans avoir même appelé un prêtre pour en ôter le pain sacré.

À l’aspect de la victime sainte entre les mains de ce profane, il fallut tous les cris des témoins d’un affreux sacrilège, pour engager le municipe à rentrer de la rue dans l’église, à attendre qu’un prêtre, à genoux et tremblant, ôtât le pain sacré, et le remît dans le lieu saint.

Un autre municipe sommait un religieux capucin de lui livrer le dernier ciboire. Le religieux observe qu’il est encore tout plein de la présence de Jésus-Christ :

 » N’importe, répond le municipe, je veux le peser dès ce moment,

Hé bien ! ! reprend le religieux, tiens, pèse donc celui qui saura bien un jour te peser toi-même. « 

On pourrait observer ici que, dans les premiers siècles, l’Église exigeait de la part des fidèles quelque chose de plus que de la répugnance à ces profanations. Elle ordonnait que les vases sacrés fussent soustraits à toutes les recherches des impies. Ceux qui cédaient à la violence, et qui les livraient, ou les découvraient aux magistrats païens, étaient regardés, avec ceux qui livraient les livres saints, comme une espèce d’apostats appelés traditeurs.

À s’en tenir à cette ancienne discipline, les ecclésiastiques n’auraient pas dû se contenter de gémir ; ils auraient dû cacher les vases sacrés, et mourir plutôt que de les livrer. Mais si la profanation était la même, le prétexte était différent ; c’était celui de la dette publique.

La crainte d’exposer l’Église au reproche d’insensibilité aux besoins de l’état occasionna toute la différence que l’on peut observer à cette occasion entre la conduite des premiers fidèles et celle des prêtres Français. En général, ceux-ci se contentèrent de ne pas concourir eux-mêmes à l’enlèvement de ces vases ; ils n’en cachèrent point le dépôt, lorsqu’ils furent sommés de les laisser emporter par les magistrats.

Cependant, quelques pasteurs témoignèrent à cette occasion plus que de la répugnance. Le Père Bessin, curé de Saint-Michel, diocèse d’Évreux, n’avait pu se résoudre à livrer à l’intrus les ornements et les vases de son église. Il crut, en les cachant, imiter la conduite des premiers chrétiens ; elle fut présentée à ses paroissiens comme un véritable larcin.

Une compagnie de brigands l’assaillit dans sa retraite, le traduisit devant les municipes. Étonnés de se voir traité comme un voleur, il répondit avoir voulu, non pas ravir, mais simplement soustraire les vases sacrés à la profanation, suivant les anciennes lois de l’église.

Comme l’on poussait la calomnie jusqu’à imputer à l’avarice des motifs aussi purs que les siens, il consentit à découvrir le dépôt sacré. Il fallait aux brigands quelque chose de plus ; ils demandaient sa tête.

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Le maire eut beau les conjurer d’attendre au moins que le tribunal ait prononcé ; il eut beau se jeter à leurs genoux ; les supplier de ne pas se déshonorer par un lâche assassinat, le Père Bessin fut arraché de sa prison, traîné le long des rues, frappé avec des crosses de fusils, et enfin percé de mille coups.

Sa mort n’assouvit pas la fureur des bandits, ils coupèrent à son cadavre et les bras et la tète ; après les avoir portés en triomphe, ils les jetèrent dans la rivière. Leur rage encore se déchargea sur le tronc du cadavre, ils le traînaient, ils le frappaient avec des bâtons, ils le déchiquetaient à coups de sabres et de baïonnettes, ils forçaient les passants à le frapper de même.

Ses tristes restes furent portés devant le cimetière, et restèrent longtemps exposés à l’aspect du public, aux dents des animaux, avant que l’intrus consentît à leur donner la sépulture.

Source : Histoire du Clergé pendant la révolution française (maçonnique) – Abbé Barruel – 1801

Publié par Napo

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