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Le Royaume de Dieu dans les âmes et dans les familles

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Le royaume de Dieu commença dès les premiers jours de la prédication évangélique. Tout homme qui accueillait la Bonne Nouvelle, qui ouvrait le champ de son cœur à la Bonne Semence et aidait par sa bonne volonté à sa germination, tout chrétien qui conformait sa vie à la loi évangélique était un homme nouveau.

Il avait des pensées et des sentiments autres que les sentiments et les pensées de ceux qui l’entouraient, et sa manière d’être et de vivre était toute différente. Les familles formées par ces hommes nouveaux ne se distinguaient pas moins que les individus qui les composaient. L’union de l’homme et de la femme était dans ces familles indissoluble et inviolable. L’épouse était traitée avec respect, comme cohéritière de la grâce qui donne la vie éternelle.

L’enfant était une âme confiée par la Providence au père et à la mère qui devaient un jour rendre compte de son éducation au Souverain Juge. L’esclave était un frère appelé aux mêmes destinées que ses maîtres. On était loin des conceptions de Platon et d’Aristote et de toute l’institution familiale et sociale en vigueur depuis tant de siècles. La régénération de l’individu et celle de la famille appelaient celle de la société.

La résistance fut d’une violence inouïe et pendant trois siècles fit couler le sang à flots.

« C’était un spectacle de tout point extraordinaire, dit M. Kurth, que celui de la société romaine. Héritière de toutes les civilisations, elle avait réuni et fécondé les conquêtes de chacune d’elles. L’Orient lui avait légué ses traditions de pouvoir absolu ; la Grèce, le trésor de sa pensée philosophique et les merveilles de son art, l’Occident barbare, une inépuisable réserve d’hommes.

Cet ensemble de ressources était maintenu par la vigueur du génie romain, organisateur et dominateur par excellence… Rome semblait avoir pris possession de la terre pour toujours. Partout on retrouvait l’œuvre de ses mains. Toutes les nations de la terre venaient s’asseoir sur les gradins de son Colysée qui avait 80.000 sièges et de son Cirque qui en comptait 360.000.

Les Romains considéraient l’Empire comme une société qui embrassait tous les peuples de la terre, et dans les appellations officielles, ils saluaient leurs empereurs du titre de princes du genre humain et de maîtres du monde ».

C’est dans cette ville, au siège de cet empire que se rendit Pierre, le pauvre pêcheur de Galilée, pour en faire la conquête au nom de son Maître qui venait de remonter au ciel, et partir de là pour soumettre le monde à son empire. Il fut saisi, crucifié, et ses disciples par millions furent sacrifiés sur l’autel de Rome, État-Dieu.

Mais chaque goutte de sang chrétien était une semence qui produisait au centuple. Le règne de Dieu s’établissait ainsi dans les âmes et dans les familles, il devait s’établir dans l’État pour vivifier la société tout entière. C’était bien ce que s’était proposé Pierre, docile aux enseignements de son divin Maître.

Lorsqu’il entra timidement dans la ville impériale, plus d’un regard de mépris tomba sans doute sur lui. Cet homme qui portait dans ses vêtements les livrées de la pauvreté, qui n’avait d’autre soutien qu’un bâton de voyageur, qui portait tout son bien sous son bras, avait dans la tête cette folle pensée, — folle, au dire de la sagesse humaine : transformer de fond en comble l’ordre des choses que protégeait une puissance gigantesque.

Il voulait changer la religion et purifier la morale ; asseoir sur d’autres bases la société, l’État et la famille ; donner aux hommes un nouveau mode de penser et de vivre complètement différent de ce qui était depuis de longs siècles. Tout cela il voulait l’obtenir non par les agissements d’une société secrète et par un bouleversement clandestinement préparé, mais ouvertement, publiquement, à la face du monde entier qui s’insurgerait contre lui, contre ceux qui l’écouteraient et contre leur œuvre.

Quoi de plus insensé? quoi de plus impossible? Et pourtant cette impossibilité se réalisa et cette folie était sagesse. À la fin du troisième siècle, la foi de Jésus-Christ était répandue dans tout le monde civilisé; le royaume de Dieu dans les âmes avait pénétré dans toutes les provinces de l’Empire romain et avait même franchi ses frontières.

Des communautés chrétiennes vivaient dans la plupart des cités, organisées sur le type que les Apôtres avaient transmis aux évêques. Des correspondances s’échangeaient entre les Églises les plus éloignées : elles se soutenaient mutuellement dans les épreuves de la persécution, elles se dénonçaient les erreurs des novateurs pour s’en défendre réciproquement. Chacune prenait sa part de la vie de l’Église universelle dont le foyer était l’Église de Rome, tête et modèle de toutes les autres.

Cependant la situation faite à l’Église dans la société païenne était toujours précaire et douloureuse. Elle ne jouissait d’aucune existence légale. Son organisation propre et sa hiérarchie restaient toujours sous l’action des lois qui interdisaient tout ce qui voulait être indépendant de l’État. Elle était considérée comme séditieuse par le fait de son existence même et traitée comme telle.

Cependant, au lieu de l’affaiblir, la persécution la faisait grandir. Le sang des martyrs était une semence qui faisait naître de nouveaux chrétiens, comme le dit poétiquement Tertullien. La lettre du Pape Corneille en 251 nous informe qu’à cette date les chrétiens étaient de 30 à 40 mille sur 900.000 habitants que Rome comptait alors.

En 312, ils pouvaient être de 70 à 73 mille. Ils appartenaient à toutes les conditions de la société, comme le montrent les épitaphes des catacombes. Dieu jugea l’heure venue de récompenser la constance de ses fidèles et d’ouvrir pour le monde une ère nouvelle.

Les premières années du quatrième siècle sont marquées par une intensification des violences contre le christianisme. L’empire païen mobilise toutes ses forces pour écraser l’Église, l’affrontant comme dans un duel.

La dernière persécution avait ensanglanté la terre. En 301, un édit ne laisse aux chrétiens, laïcs ou prêtres, que le choix entre l’apostasie et la mort. Galère, le cruel, prend les rênes de l’empire en 303. Maximien, fils de Maximien-Hercule, et Constantin, fils de Constance Chlore, revendiquent leurs droits. Maximien vainc Galère, s’installe à Rome, mais Constantin, chrétien grâce à sa mère Hélène, décide de le défier malgré une armée moins nombreuse.

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Inquiet, Constantin implore l’aide du Dieu de sa mère. Un jour, une croix avec l’inscription « PAR CE SIGNE, TU VAINCRAS » lui apparaît au-dessus du soleil. Témoin de ce phénomène, toute l’armée est marquée. Dans un songe, le Christ confirme à Constantin l’importance de ce signe. Constantin fait alors réaliser une croix sur une lance avec les initiales grecques X.P. du nom de Jésus-Christ, remplaçant l’aigle de Jupiter.

Sous la protection de ce signe, Constantin repousse les troupes ennemies et atteint Rome. La situation du christianisme et le destin du monde se jouent là. Maximien est battu au pont Milvius, et Constantin est accueilli à Rome avec des joies indescriptibles. En 313, un édit à Milan permet non seulement la liberté de culte pour les chrétiens mais restitue les biens confisqués à l’Église.

Un autre édit libère les prêtres des charges publiques, assurant à l’Église une existence légale. Le palais du Latran est donné au Pape Melchiade pour devenir sa résidence et le siège de l’administration ecclésiastique.

Cette période marque un tournant majeur pour le christianisme, avec Constantin jouant un rôle clé dans son acceptation et son développement.

Source : Le règne social de notre-seigneur jésus christ – Mgr Delassus – 1913

Publié par Napo

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