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Quelques lignes des lettres de Sainte Gemma Galgani

Voyons plus en détail qui était Sainte Gemma Galgani, grâce à ses lettres qui décrivent son quotidien, nous allons pouvoir en apprendre davantage à son sujet.

Dans cette lettre, Sainte Gemma Galgani parle de l’apparition d’une Religieuse Passioniste délivrée du purgatoire.

Monseigneur, — Je transcris ici quelques notes que vous me demandâtes hier soir. Je vous les envoie, mais à condition qu’à peine lues, vous les brûliez tout de suite ; sinon, je ne vous envoie plus rien.

La chose arriva ainsi. L’an dernier, au mois de décembre, passait ici le Père, qui revenait de Corneto et parlant d’une certaine (Religieuse Passioniste), il dit qu’elle était bien affligée. Cela, Père, m’affecta assez peu ; mais Mme C… en fut impressionnée, et me pria, si Jésus venait, de lui faire quelques demandes à ce sujet.

Je me souviens que je l’oubliais toujours. Un jour enfin, pour la contenter, je m’informai auprès de Jésus. Elle me faisait demander pourquoi (cette religieuse) était si attristée. Il me sembla alors voir Jésus. Je lui posai cette question, et il me répondit ainsi :

« … elle est affligée pour plusieurs motifs. Ayant auprès d’elle une novice converse quelque peu négligente, et peu soucieuse des règles, elle comprend bien que cela finira mal. Un autre motif qui l’affecte encore plus, c’est celui-ci : Mère M.-Thérèse est malade, et ne l’a dit qu’à elle seule. Son mal est très grave. Elle (la religieuse affligée) prie continuellement pour que je la lui conserve en ce monde ; mais c’est inutile ; d’ici à quelques mois, je l’emmènerai avec moi. Elle l’a déjà compris et en soufre beaucoup. »

Je rapportai cela à Mme C… qui me le fit écrire ensuite sur une petite feuille de papier, le prit avec elle et le remit au Père quand elle fut à Rome. Puis, en ces derniers temps, Jésus m’a dit en différentes circonstances que Mère M.-Thérèse touchait à sa fin. La dernière fois qu’il me le répéta, c’était le jour de la Fête-Dieu. Mais je n’en faisais aucun cas, et ne m’en préoccupais nullement.

Lorsque quelque Père Passioniste passait, Mme C… demandait comment allait Mère M.-Thérèse, et on lui répondait habituellement : « Elle va bien. » C’était inexact, car la maladie persistait. Ces graves malaises avaient été d’ailleurs provoqués par de continuelles disciplines et pénitences. Tout ce temps se passa ainsi ; lorsqu’un vendredi, il me sembla que le Sauveur me disait :

« Gemma, Mère M.-Thérèse de l’Enfant Jésus, est en purgatoire ; prie pour elle, parce qu’elle souffre beaucoup. »

En l’entendant parler ainsi, je ne pensais pas qu’il s’agit de celle dont il m’avait si souvent entretenu. Je la connaissais sous le nom de Mère M.-Thérèse et nullement sous celui de l’Enfant Jésus. Bien des fois, Jésus m’exhortait à prier pour elle, et à faire prier les autres. Il ne pouvait rester séparé d’elle. Je faisais le plus que je pouvais ; mon Ange gardien m’apprit à offrir, pour les âmes du purgatoire, surtout pour celle-là, tout ce que j’avais à endurer, jusqu’à la moindre petite chose.

Un jeudi même, Jésus me fit souffrir pour elle deux heures de plus, et il me dit ensuite que je l’avais soulagée dans ses tourments. Il n’y avait plus que quelques jours avant l’Assomption de la T. S. Vierge, et j’espérais bien qu’en cette solennité Jésus emmènerait cette âme avec lui. Le matin de la fête, vers les neuf heures, j’étais chez les religieuses, occupée à lire les Gloires de Marie. Il me sembla (si vous saviez un peu combien je souffre d’écrire certaines choses !) il me sembla qu’on me touchait sur l’épaule.

Je me tournai, et je vis près de moi une personne vêtue de blanc. Quelle frayeur j’éprouvai ! Je me levai pour m’échapper, je voulus crier, je ne pus faire ni l’un ni l’autre. Cette personne me demanda :

« Me connais-tu ? »

Je répondis que non, mais toute tremblante de peur. Elle ajouta :

« Je suis Mère M.-Thérèse ; je suis venue te remercier du bien que tu m’as fait et de la sollicitude que tu as eue pour que je puisse aller plus vite au ciel. Continue encore quelques jours, et puis je serai éternellement heureuse. »

Elle n’en dit pas davantage ; je continuai ma lecture, et elle s’en alla. À partir de ce moment, je redoublai de prières ; j’éprouvai néanmoins quelque déplaisir, parce que je croyais vraiment qu’en ce jour, elle serait allée en paradis. Enfin, hier matin, après la sainte communion, Jésus me dit qu’aujourd’hui même, après minuit, elle devait s’envoler au ciel. Il m’a semblé, en effet, que cela s’est parfaitement réalisé.

Le Sauveur m’avait promis de m’en donner un signe. II était minuit, et je ne voyais rien encore ; la sonnerie retentit, et rien. Vers la demie, il me sembla que Marie venait n’avertir en médisant que l’heure approchait, Peu de temps après, j’ai vu arriver Mère M.-Thérèse accompagnée de son Ange gardien.

Elle était revêtue de l’habit de Passioniste ; elle m’a dit que son purgatoire était fini, qu’elle allait au ciel. Croyez bien que j’ai alors souffert beaucoup ; je voulais y aller, moi aussi. Mais, hélas ! personne ne m’écoutait. Avant de partir, elle m’a chargée d’avertir (cette) Mère de se tenir en paix. Elle est allée en paradis vers deux heures. Elle était toute souriante et souverainement heureuse ; si vous aviez vu !

Jésus est venu la prendre, suivi de l’Ange gardien. Il lui a dit alors :

« Viens, ô âme qui m’as été si chère. »

Et il l’a enlevée. Maintenant, j’ai tout dit. Pour vous, dès que vous aurez lu, brûlez tout et n’y pensez plus. Il y a encore autre chose. Sachez que le jeudi, quand il me semble voir Jésus, je le prie pour vous, et lui parle en ces termes :

« Mon Jésus, pensez à mon confesseur et faites qu’il me dirige de manière à me faire accomplir toutes choses selon votre bon plaisir. »

Et Jésus me répond :

« Toi, fais-lui tout connaître, obéis en tout ; dis-lui aussi que je veux encore qu’il te cache. »

Cette fois, j’ai bien tout dit ; mais je n’en puis plus. Je vous promets de toujours vous obéir, de tout vous dire, le bien comme le mal. Bénissez-moi et priez beaucoup pour la pauvre Gemma.

Elle sollicite l’autorisation de prier le Seigneur de la faire mourir phtisique.

Monseigneur, — Si vous vouliez m’accorder une permission, comme je serais heureuse ! Une fois déjà, vous m’avez dit non ; allez-vous me le dire encore ? Contentez-moi. Si je demandais à Jésus de mourir phtisique (non pas maintenant, cela s’entend, mais quand le moment sera venu), seriez-vous content ?

Quelle consolation pour moi si vous me disiez oui ! Je le désire, mais, de toute manière, je serai contente de faire ce que vous voudrez. Vous souvenez-vous que ces jours-ci, étant venue me confesser, je vous parlai d’une personne, de ses petits accès de colère contre moi ? Comme Jésus m’en a largement dédommagée! Il est encore beaucoup plus bienveillant pour moi.

J’ai pu m’en apercevoir ce matin, après la sainte communion. En vérité, je croyais n’avoir rien fait pour lui, tandis qu’il en éprouve une satisfaction, comme si c’était considérable. Par sa miséricorde, les occasions ne me manquent pas, même à présent ; tout vient de ma mauvaise volonté et de mon inclination au mal.

Je vous demande votre bénédiction ; et, vous, priez beaucoup, beaucoup pour la pauvre Gemma.

Elle implore la faveur de pouvoir entrer chez les Religieuses Passionistes, ne fut-ce que comme simple converse.

Monseigneur, — Me ferez-vous cette charité : allez-vous me retirer du monde ? Je ne puis plus vivre ainsi ; je ne puis pas être avec Jésus autant que je voudrais. Le croyez-vous ? Je n’en puis plus réellement. Mettez-moi n’importe où : je travaillerai, je serai la servante des religieuses ; mais ôtez-moi du monde. Je ne trouve aucun repos hors du cloître.

Ce matin je voulais vous dire quelque chose ; mais je n’ai pas osé. Hier soir, un Père a dit (il revenait de Rome) que les Religieuses Passionistes ouvrent leur noviciat en octobre. La… (une compagne) m’en a causé ce matin ; elle pense y entrer. Et moi ? Père, approuvez-vous que je me présente moi-même? Je me rends là-bas, et je demande qu’on me prenne, même comme domestique si on veut.

Ne m’acceptât-on qu’en qualité d’esclave, que je serais contente, et à ma place. Vous me l’accordez, n’est-ce pas, cette permission ? Croyez-moi, elles me prendront. Une fois chez elles, je vais chercher le Père, et si lui approuve, elles ne me renverront pas. Vous m’y envoyez, n’est-ce pas ?

Voyez : le P. Provincial ayant manifesté le désir de trouver une converse pour les Sœurs Passionistes, vous vous êtes souvenu aussitôt d’une autre ; et pourtant j’étais avant celle-là. Vous m’y envoyez, n’est-ce pas ? Je saurai tout faire, n’en doutez pas. Approuvez-vous que j’écrive immédiatement ? Quel acte de charité vous ferez en me délivrant ! N’importe où je me trouve, le croiriez-vous ? je suis pour tous un sujet d’ennui.

De toute manière je me recommande à vous. Bénissez-moi et priez beaucoup pour la pauvre Gemma.

Elle parle de son prochain passage à un nouveau degré mystique, et puis, au ciel.

Monseigneur, —Un matin, après la sainte communion, il me sembla que Jésus me dît ces paroles :

« Déjà ton confesseur a dû s’apercevoir que je veux te faire passer par tous les degrés de la vie mystique. Déjà, la première partie de ta vie est écoulée ; maintenant, nous sommes à la fin de la douleur amoureuse : surviendra bientôt la douleur douloureuse, et enfin, la nuit très obscure. Ce sera là la seconde et dernière partie de ta vie ; après quoi, ô ma fille, je te conduirai au ciel. »

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Vive Jésus ! Quand je vous demandais de me mettre au couvent, c’était à cause du grand désir que j’en avais. Jésus me disait :

« oui, mais Passioniste ».

Et d’autres fois, il m’engageait à vous demander de me cacher. Mais à présent, je ne dirai plus rien, parce que ma céleste Mère ne me veut que Passioniste ; sinon, en paradis.

Oh ! quel bonheur… en paradis ! J’y vais ? Bénissez-moi, je suis la pauvre Gemma.

Source : Lettres et Extases de Gemma Galgani – Traduction par le Père Joachim de l’immaculée cojnception – 1920

Publié par Napo

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