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Tu es Catholique ? Oui, je suis républicain

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Catholique et républicain, compatible ?

N’en déplaise à un certain nombre de Frères en Christ, être Catholique n’est pas compatible un seul instant avec la république de France. Pour ça, il faut faire un petit bond en arrière et connaitre les fondements de ce système politique. Tout Catholique ne doit faire que cela : Être contre la république, assister à la messe, participer à la vie de son église, donner la dîme, communier, se confesser, jeûner et prier pour la France Éternelle et pour le retour de Jésus-Christ Roi de France ainsi que de son lieutenant, afin qu’il replace l’église au centre de la France et que la France revienne à sa mission voulue par Dieu.

La révolution républicaine

Les inspirateurs de la révolution, philosophes et francs-maçons, étaient monarchistes et souhaitaient une évolution de la monarchie et non sa disparition. L’un des principaux acteurs des premiers troubles était le duc d’Orléans, cousin du roi. Membre du Grand Orient, il subventionne le Club Breton, futur Club Jacobin.

Jean Dumont disait :
« Il y a tout au long de l’année 1790, de grandes manifestations au loyalisme monarchique dont la Fête de la Fédération, le 14 juillet où le roi a été vivement acclamé. On nous a fait oublier cela, la première fête du 14 juillet fût une fête monarchiste. »

Plus encore, le 7/07/1792, la Législative mit hors la loi, par un décret spécial, tout individu qui oserait parler de République. » (La Révolution Française ou les prodiges du sacrilège, p.191)

En 1791, Beaumarchais prend la plume contre l’Église romaine. À ce moment, la noblesse vivait tranquillement chez elle. La grande majorité des châteaux était occupée par les familles de leurs propriétaires … C’est seulement après la chute de la monarchie en août 1792, et avec les débuts de la Terreur, qu’une partie des aristocrates abandonne ses châteaux soit pour aller vivre en ville, soit pour émigrer. »
(Id. p.202)

-Il y avait donc bien un bonheur de vivre noble en Révolution très concret. Même l’historien marxiste Michel Vovelle le constate : En général la noblesse put continuer à sauver l’essentiel de sa fortune. 
(Id. p.267)

-Ce ne sera que lorsque Louis XVI aura finalement choisi la fidélité au christianisme, à l’Église, qu’en 1792 la monarchie sera abattue. Jusque-là, infidèle, elle ne risquait rien, ou que d’acceptables modalités.
(Id. p.247)

Cardinal Poupard disait :
« La Révolution a objectivement persécuté l’Église jusqu’au martyre. Les historiens sérieux reconnaissent aujourd’hui que la Révolution a persécuté l’Église non pour des raisons politiques, mais pour des raisons spirituelles. Le nouveau pouvoir issu de la Révolution s’est voulu non seulement politique, mais global, total. Et il n’y a qu’un pas, vite franchi hélas, du total au totalitarisme. « 

Tocqueville disait :
« Une des premières démarches de la Révolution française a été de s’attaquer à l’Église. »

La Révolution a fait croire (et fait toujours croire) aux gouvernés qu’ils sont devenus gouvernants. C’est la pseudo-politique. Les gouvernés n’ont jamais eu aucun pouvoir, hors celui permis par les loges maçonnique, mais on oblige tous ces gouvernés à s’exciter à longueur d’années sur une prise de pouvoir future ou sur une obligation de participer à la vie politique. Le seul acte qui leur est imposé, car il n’y en a pas d’autre, est celui de voter. Voter, non pas comme sous la chrétienté pour tel candidat très précis, mais aujourd’hui pour le candidat choisi par un parti.

Car les gouvernés ont été divisés en parties et les vrais gouvernants, qui sont inconnus et occultes, créent et tiennent chaque partie par des partis. Et les élus sont tenus. Ils obéissent, non pas à leurs électeurs, mais aux chefs de leur parti. S’ils désobéissent, ils n’ont plus l’investiture nécessaire lors de l’élection suivante. Les partis sont bien sûr dirigés par les financiers. Ce qui fait que depuis deux cents ans le vote ne sert à rien. Tout est mensonge. Le seul vrai pouvoir est celui des financiers. Le vote n’est qu’une communion au système démo(n)cratique.

La volonté d’anéantissement du Christianisme par ordre chronologique

  • 11/08/1789 : La dîme est supprimée. Par cet impôt, l’Eglise assurait sa mission sociale : écoles, hôpitaux, pauvreté.
  • 28/10/1789 : L’Assemblée suspend autoritairement le recrutement monastique et les vœux.
  • 2/11/1789 : Les biens ecclésiastiques sont saisis.
  • 13/02/1790 : Les ordres contemplatifs sont supprimés.
  • 17/03/1790 : Les biens ecclésiastiques sont mis en vente.
  • 14/06/1790 : Massacre dans les rues de Nîmes de plus de 300 catholiques et fuite de 1200  familles pour avoir été des milliers à signer une pétition en faveur des droits de la religion et de la foi catholique.
  • 12/07/1790 : Constitution Civile du Clergé. On édifie une religion d’Etat en rupture avec Rome. Prêtres et évêques deviennent fonctionnaires d’Etat. Curés et évêques sont élus. Les écoles religieuses sont fermées et les ordres hospitaliers démantelés. Cependant l’Eglise et le pays résistent et la loi reste presque partout lettre morte.
  • 3/09/1790 : Abolition des vœux monastiques.
  • 27/11/1790 : Vote pour obliger le clergé à un serment de fidélité envers la CCC.
  • 10/03/1791 : Pie VI condamne le statut imposé au clergé par la Constituante par la lettre Quod aliquantum
  • 4/04/1791 : Décision est prise de transformer l’église Sainte Geneviève en temple païen rebaptisé Panthéon.
  • 16/11/1791 : Un décret déclare suspect tout prêtre non jureur et le prive de son traitement. 4/130 évêques et 30.000/130.000 prêtres font le serment.
  • 29/11/1791 : Un décret permet l’arrestation des clercs non-jureurs sur simple dénonciation non vérifiée.
  • Janvier 1792 : Les prêtres sont encouragés à se marier.
  • Avril 1792 : Suppression de l’habit ecclésiastique.
  • 27/05/1792 : Un décret de la Législative ordonne la déportation des prêtres réfractaires dès qu’ils sont dénoncés par 20 citoyens d’un même canton.
  • 14/07/1792 : Plusieurs prêtres et religieux ayant vivement réagi sont massacrés par les « patriotes » et leurs têtes promenées au bout de piques.
  • 10/08/1792 : Les prisons se remplissent de prêtres réfractaires.
  • 17/08/1792 : Un décret ordonne l’évacuation des couvents.
  • 18/08/1792 : Un décret proscrit toute vie religieuse commune.
  • 26/08/1792 : La législative aggrave le décret sur les prêtres réfractaires. Bannis de leur patrie, 45.000 ecclésiastiques s’exilent, 30.000 entrent en clandestinité et 4.000 sont arrêtés et déportés aux Pontons de Rochefort ou en Guyane. Très peu reviendront.
  • 14/09/1792 : Les carmélites de Compiègne sont expulsées puis guillotinées.
  • 24/04/1793 : Tout prêtre ayant refusé le serment s’expose à être arrêté et exécuté dans les 24h sans recours possible.
  • 17/09/1793 : Selon une loi, quiconque dénonce un proscrit reçoit 100 livres de récompense.
  • 20/10/1793 : Selon une autre loi, quiconque donne l’asile à un proscrit est déporté.
  • 10/11/1793 : Notre Dame de Paris devient le temple de la Raison.
  • 23/11/1793 : Toutes les églises parisiennes sont fermées. Puis, c’est au tour des lieux de culte réformés ou juifs.
  • 5/10/1793 : Entrée en vigueur du calendrier de Fabre d’Eglantine. Le décadi (tous les dix jours) remplace le dimanche. Il faut travailler le dimanche.
  • 8/06/1794 : Robespierre institue le culte de l’Etre suprême et un rite laïc.
  • En 1796, 1448 prêtres français et 8235 prêtres belges sont envoyés au bagne.
  • 28/08/1799 : Le Pape Pie VI, prisonnier, meurt à Valence.

On force maintenant les prêtres qui ont prêtés serment à abdiquer et à se marier. Les mariages des prêtres sont quasi obligatoires, sous la menace de la prison et de l’échafaud. Les 2/3 des prêtres qui ont prêté serment, soit 20.000, renoncent à leur sacerdoce et doivent signer la déclaration suivante : « Je … faisant le métier de prêtre … convaincu des erreurs par moi trop longtemps professées, déclare y renoncer à jamais. »

Jean de Viguerie disait :
« Au final, la révolution fit périr 8.000 prêtres, religieux et religieuses. « 
(Le Livre noir de la Révolution française p.213)

La république, c’est quoi ?

L’arnaque de cette république, c’est de faire croire qu’elle est Française et de faire croire qu’elle est l’héritage de la France de nos ancêtres, il n’en est rien, il y a deux Patries : La France de Clovis et la république de Marianne.

Depuis 1789 il y a deux Frances, une historique, catholique et monarchique et l’autre idéologique, républicaine et droit de l’hommiste, ces deux Frances sont totalement différente et incompatible, la France Catholique a su engendrer une grande civilisation alors que celle des droits de l’homme issus de l’anthropocentrisme des « lumières », n’a fait que nous plonger dans le déclin.

Ce qui explique en partie l’hostilité constante de la république envers le Catholicisme, qui fut le moteur de la civilisation française depuis le Sacre de Clovis vers 496. Nous Catholique, on est aux yeux de la république,
ce que l’on était aux yeux de l’Empire païen de Rome. À savoir, une religion concurrente. Cette concurrence implique l’élimination de son adversaire. D’où les persécutions, aussi bien par l’Empire romain que par les républiques successives depuis 1792, mais avec des méthodes totalement différentes.

Il est FAUX de dire que la France est née en 1789 elle l’est en 496. Oui, une certaine fausse « France » est née en 1789, comme disait Christophe Lacroix dans « Ripostes au politiquement correct » « les fameux « 3R » ( Renaissance, Réforme, Révolution) sont la marque de la Révolte, du Refus, du Rejet, du Ressentiment, de l’Homme face à Dieu, de la créature
face à son Créateur. Ces trois événements théologico-politico-historiques forment comme des repères et sont autant de ruptures, de cassures, et de fractures dans la longue durée de l’Histoire humaine. »

La France, n’est pas la république, la république n’est pas la France. La mort de l’un, c’est la mort de l’autre et vice versa. Je suis un fils de Clovis et pas un fils de Rousseau où de Robespierre

La république a une EGLISE, un DIEU elle n’est pas athée… L’église de la république n’est nul autre que la franc-maçonnerie, son dieu n’est rien d’autre que Marianne = Mithra

Paul Copin-Albancelli ( Journaliste anti maçonnique ) 1908 disait :
« république et maçonnerie se confondent et que, selon le mot de l’un de ses membres, la franc-maçonnerie, c’est la république à couvert, tandis que la république, c’est la franc-maçonnerie à découvert. »

Jean-Jacques Rousseau écrivain « philosophe » 1712-1778 disait :
« Tout citoyen doit être soldat par devoir, nul ne doit l’être par métier »

Anatole France écrivain 1844-1924 disait en réponse :
« La honte des républiques et des empires, le crime des crimes sera toujours d’avoir tiré un paysan de la paix doré de ses champs et de sa charrue et de l’avoir enfermé entre les murs d’une caserne pour lui apprendre à tuer un homme « 

Jules Michelet Historien libéral et anticlérical 1798 – 1874 disait :
« La vie du catholicisme, c’est la mort de la république. La vie de la république, c’est la mort du catholicisme »

François Athanase, de l’Armée Catholique et Royale 1763 – 1796 disait :
« Notre Patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous. Notre Patrie, c’est notre Foi, notre terre, notre Roi.. Mais leur Patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition… Alors, qu’est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d’irréligion ? »

Aux arguments de raison, s’ajoute l’argument historique : 200 ans d’échec prouvent qu’en aucun cas la solution ne se trouve dans les urnes. Pire, les esprits sont tellement déformés qu’on veut faire croire que le pouvoir temporel est le pouvoir des laïcs, et que le pouvoir spirituel est le pouvoir des clercs, alors que le pouvoir temporel est celui du Gouvernant, le Roi, le pouvoir spirituel est celui des évêques unis au Pape.

Avec de telles erreurs, d’esprit révolutionnaire, on passe son temps à écrire des articles et des livres complètement inutiles. On rentre bien dans le système démo(n)cratique moderne qui oblige à ne penser qu’à cette inversion : de gouvernés devenir des gouvernants.

C’est la pseudo-politique : bêtise et orgueil. Et il y a enfin les arguments surnaturels. La révolution, c’est Dieu hors-la-loi. A ce mot d’ordre, il n’y a qu’une réponse : le Christ-Roi. Ce sera le message de sainte Jeanne d’Arc, de sainte Marguerite- Marie, du Cardinal Pie : Il est Roi de France. Il veut régner sur la France et par la France sur le monde.
C’est Lui qui choisira Son Grand Monarque, Son LieuTenant.

A nous donc, aucune compromission avec toute tentation politique. Ce ne pourrait qu’être du pseudo-politicisme. Les démo(n)crates ne peuvent pas être du “petit nombre”

La Chouannerie

La Chouannerie est une guerre civile qui opposa républicains et Royalistes Catholique dans l’ouest de la France, en Bretagne, dans le Maine, l’Anjou et la Normandie, lors de la Révolution française. Elle est étroitement liée à la guerre de Vendée qui se déroula sur la rive gauche de la Loire, l’ensemble de ces deux conflits étant parfois connu sous le nom de « guerres de l’Ouest »

Une première tentative d’insurrection fut menée dès 1791 par l’Association bretonne en vue de défendre la monarchie et de rétablir les lois et coutumes particulières de la Bretagne supprimées en 1789. Mais le soulèvement d’une partie importante de la population de l’Ouest et son basculement dans la contre-révolution est dû principalement à la constitution civile du clergé et à la levée en masse de 300 000 hommes dans tout le pays, pour faire face au retour en force des armées européennes coalisées contre la France révolutionnaire.

C’est le début de longues épreuves qui feront au total plus de cent mille victimes, laissant l’ouest vendéen exsangue. Par leur férocité, les guerres vendéennes n’auront rien à envier aux guerres étrangères de la Révolution.

Les paysans contre la Convention
Dans le bocage du Bas-Poitou (le département de la Vendée), les paysans pratiquent leur religion avec piété et sérieux, comme le leur ont appris les disciples du père Louis-Marie Grignion de Monfort, décédé en 1716, qui ont revivifié les pratiques religieuses dans ces régions alors qu’elles régressaient dans le reste de la France.

  • 10 mars 1793 : début de la réquisition
    Le jour même de la réquisition, le 10 mars 1793, ces paysans, échaudés par l’exécution du roi Louis XVI et les mesures antireligieuses des révolutionnaires parisiens, assaillent les autorités municipales.

Spontanée, la rébellion couvre les Mauges, le Choletais, le bocage vendéen, le marais de Challans et le pays de Retz (toute une région du sud de la Loire qui prendra bientôt le nom de Vendée militaire). 23 insurgés sont arrêtés par les gardes nationaux à Saint-Philbert, dans le pays de Retz, en Loire-Inférieure (aujourd’hui Loire-Atlantique).

  • 11 mars 1793 : massacre à Machecoul
    Le lendemain, la population se rassemble et décide de marcher sur Machecoul, principale bourgade de l’endroit, où se tiennent la garde nationale et la commission de recrutement. À l’entrée du bourg, la foule armée de fourches fait face aux gendarmes et aux gardes nationaux. Ceux-ci, bien qu’au nombre de plusieurs centaines, prennent peur et refluent dans les rues. La foule les poursuit. Plusieurs gardes nationaux sont massacrés ainsi que quelques bourgeois, connus pour leurs sympathies républicaines et le curé assermenté (il a approuvé la Constitution civile du clergé).
  • 12 mars 1793 : vers la confrontation
    Le 12 mars, les autorités nantaises exigent la reddition des coupables. Les insurgés se raidissent. Ils constituent un Comité royal et proclament : « Le peuple du Pays de Retz… déclare… qu’il ne reconnaît et ne reconnaîtra jamais que le Roy de France pour son seul et légitime souverain… qu’il ne reconnaît plus la prétendue Convention nationale, ni les départements, ni les districts… »

C’est le début des guerres de Vendée. Les insurgés sont des paysans, c’est-à-dire des gens du pays. La moitié sont des artisans, les autres des laboureurs ou des gens de la terre. Ils choisissent leurs chefs dans leurs rangs. Ainsi Jacques Cathelineau, colporteur voiturier au Pin-en-Mauges, Stofflet, garde-chasse des Colbert à Maulévrier.

La Vendée prend les armes
Mais les paysans et leurs chefs manquent d’expérience militaire. Ils vont quérir en complément des chefs plus expérimentés : d’Elbée, lieutenant de cavalerie, Charette, ancien officier de marine, Bonchamps, d’Autichamp, Lescure, Sapinaud, Talmond… Ces aristocrates se montrent au départ assez réticent à prendre la tête d’une armée de paysans mais ils ne tardent pas à faire la preuve de leur sincérité militante.

Le plus hardi de ces nobles est le jeune Henri du Vergier, comte de la Roche jaquelein (20 ans). Ce sous-lieutenant de cavalerie, issu d’une famille de haute noblesse, avertit ceux qui viennent le solliciter : « Allons chercher l’ennemi : si je recule, tuez-moi ; si j’avance, suivez-moi ; si je meurs, vengez-moi ».

Armés de faux et de fourches, résolus et enthousiastes, les insurgés chassent les « Bleus » (les soldats de la République étaient ainsi nommés en raison de leur uniforme) et rétablissent le culte catholique dans leurs villages.

Massacres contre massacres
Le 19 mars 1793, une colonne républicaine de 3000 hommes conduite par le général Marcé s’engage dans un défilé, au Pont-Charrault, près de Saint-Vincent. Attaqués depuis les hauteurs, les soldats se débandent et s’enfuient contre toute attente. Le même jour, la Convention prend un décret punissant de mort les personnes arborant la cocarde blanche du roi. Qu’à cela ne tienne, les Vendéens ont désormais le champ libre.

Le 23 mars, une bande de paysans tentent d’investir Pornic. Ils sont repoussés par les républicains qui font environ 300 prisonniers. Ces derniers sont exécutés sans façon. Apprenant cela, les insurgés de Machecoul commencent à tuer leurs propres prisonniers.

Le 27 mars, les Vendéens repartent à l’attaque de Pornic et l’emportent sous la conduite de Charette. Lorsque celui-ci revient à Machecoul avec 30 prisonniers, ces derniers passent devant un tribunal « royaliste » et sont condamnés à mort, ainsi que quelques dizaines de républicains locaux. Liés deux à deux par une corde, ils sont agenouillés près d’une fosse et fusillés. On parle à cette occasion des « chapelets de Machecoul » !

Le 22 avril, après la fuite de Charette et des insurgés, la ville est reconquise par les républicains, sous la conduite du général Beysser. Mais, entre-temps, la guerre civile s’est étendue à toute la région.

La guerre civile s’étend
Dans les villes de la région, à Beaupréau, à Vihiers, à Cholet le 17 mars, Chemillé le 11 avril, Bressuire le 12 mai, Thouars le 5, Fontenay le 25, Saumur le 9 juin, les insurgés trouvent les fusils et les canons qui leur manquent.

Prenant de l’assurance, ils constituent une « armée catholique et royale ». Cette armée est formée d’environ 40 000 hommes indisciplinés et sans expérience militaire à l’exception d’une dizaine de milliers d’anciens soldats. La plupart ne se privent pas de rentrer chez eux quand cela leur chante ou sitôt que le danger est passé. Cette armée va néanmoins aller de succès en succès jusqu’à conquérir Angers le 18 juin. Face à elle, les 40 000 à 70 000 Bleus n’ont dans l’ensemble guère plus d’expérience militaire. Ce sont pour la plupart des volontaires issus des différentes régions du pays.

Cathelineau, le général en chef vendéen, échoue devant Nantes le 29 juin. Blessé, il est transporté à Saint-Florent et y meurt le 14 juillet 1793. D’Elbée le remplace comme généralissime.

Le 1er août, un décret de la Convention ordonne la destruction et l’incendie de la Vendée en état d’insurrection. La mise en oeuvre de ce plan est confiée au général François Westermann.

La Convention décrète…
Article premier :
le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaire pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée ; Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts… Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l’intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l’humanité… Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république.
(Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793, A.D.V., 52J4).

Le 14 août, l’« armée catholique et royale » défait les républicains dans la plaine de Luçon. En deux jours, plus de cent villages de l’Ouest se rebellent. Dès la fin du mois, 20 000 insurgés se rendent maîtres de la région et en excluent ou massacrent les républicains. Ils menacent de marcher sur Paris.

Prenant la mesure du péril, la Convention envoie en Vendée 100 000 hommes, dont les invincibles « Mayençais », des soldats d’élite qui ont capitulé avec honneur à Mayence, sur le Rhin. Ils sont placés sous les ordres de Kléber et Haxo. Du 19 au 22 septembre, les royalistes remportent encore cinq victoires en cinq jours, à Torfou, le Pont-Barré, Montaigu, Clisson et Saint-Fulgent. Ils mettent les républicains en déroute.

Mais les chefs vendéens commencent à se disputer. C’est ainsi que, le 17 octobre 1793, ils éprouvent à Cholet leur premier revers grave.

Le 7 novembre 1793, par un trait d’humour singulier, les députés rebaptisent le département de la Vendée « Vengé » !

Ultimes soubresauts
Avec la chute de Robespierre et la fin de la menace extérieure, le gouvernement révolutionnaire se fait plus conciliant.

Lazare Hoche (25 ans) prend le commandement de l’armée républicaine de Vendée. Le général proscrit sévèrement les pillages et les vengeances. Il ordonne à ses troupes d’observer strictement les stipulations de la Jaunaye concernant la liberté religieuse, ce qui lui vaudra d’être surnommé le « pacificateur de la Vendée ».

Les paysans, constatant que le culte catholique n’est plus menacé, n’ont en général plus envie de se battre… Mais un ancien chef vendéen, le baron François Charette de la Contrie, projette pour des raisons mal élucidées de rallumer les hostilités.

Le 25 juin 1795, il conclut à Belleville une alliance avec des émigrés royalistes en vue d’un débarquement en Vendée. Les Anglais, engagés dans une guerre inexpiable avec le gouvernement de Paris, condescendent à lui apporter leur soutien. La tentative de débarquement, sur la presqu’île de Quiberon, se solde par un cruel échec. Charette se retrouve isolé dans le bocage avec une poignée de partisans.

Un peu plus tard, un autre chef vendéen, Stofflet, rentre en guerre en janvier 1796 sur ordre des princes émigrés. Mais il est capturé et fusillé à Angers le 25 février 1796. Quant à Charette, traqué comme une bête, il est pris le 23 mars à la Chaboterie de Saint-Sulpice-le-Verdon et fusillé le 29 mars 1796.

Les combats sont finis, mais le souvenir des atrocités va alimenter les rancoeurs et les conspirations chez de nombreux Vendéens et Chouans. Le plus célèbre de ces derniers, Georges Cadoudal, entrera bien plus tard dans un ultime complot royaliste.

Prophétie de l’évêque Allemand Holzhauser

Evêque allemand du dix-septième siècle.

Cependant, la paix ne sera pas encore définitivement rétablie, car de tous côtés les peuples conspireront pour la république et ainsi l’on verra de terribles calamités partout. L’Eglise et ses ministres seront rendus tributaires. Les princes seront renversés, les monarques mis à mort et leurs sujets livrés à l’anarchie. Alors le Tout-Puissant interviendra par un coup admirable que personne ne pourrait imaginer. Et ce puissant monarque, qui viendra de la part de Dieu, mettra les républiques à néant, subjuguera tous ses ennemis, renversera l’empire des Français. Il régnera de l’Orient à l’Occident. Plein de zèle pour la vraie Eglise du Christ, il unira ses efforts à ceux du futur Pontife pour la conversion des infidèles et des hérétiques. Sous un tel pontife que Dieu prédestine au monde, il faudra bien que le royaume de France et les autres monarchies s’accordent enfin, après les guerres sanglantes qui les auront désolées et que, sous la direction de ce grand Pape, ils se prêtent à la conversion des infidèles ; et ainsi toutes les nations viendront adorer le Seigneur, leur Dieu. Il brisera l’empire turc et n’en laissera subsister qu’un très petit état sans puissance et sans force jusqu’au règne de l’Antéchrist. Par un juste jugement de Dieu, la Palestine et la Terre Sainte formeront cet empire du Turc et jamais ces pays ne rentreront dans le bercail de Jésus-Christ, parce que c’est là que doit naître et commencer à régner le fils de perdition, lequel sera reconnu par tous les Juifs pour leur véritable Messie. C’est à cette époque que le Sauveur fait allusion quand il dit, en Saint Jean, chapitre V : « Je suis venu au nom de mon Père, et vous ne m’avez point reçu ; mais si un autre vient en son propre nom, vous le recevrez. »

L’avis de BISMARCK sur la république française et les BOURBON

Voici ma réponse à votre longue lettre du 3 courant, et les instructions confidentielles auxquelles vous voudrez bien vous conformer. Elles vous seront remises par un homme sûr, le courrier Pf.

Je laisse de côté le langage diplomatique pour causer familièrement avec vous, comme au mois de juin, l’an passé, sous les ombrages de Varzin, alors que nous rêvions ensemble l’unité de la patrie allemande et que pour la réaliser, j’espérais déjà attirer l’Empereur Napoléon dans le piège où il est tombé.

Vos appréhensions sur la possibilité d’une revanche de la France ne sont pas fondées. Elles ne le seraient que si cette Nation était unie au dedans. Alors, vous avez raison, il ne faut pas se le dissimuler, cette Puissance qui, sans avoir fait, en vue de la guerre, la moitié des préparatifs que nous avions faits nous-mêmes ; qui avait mis sur pied deux fois moins d’homme maladroitement éparpillés, combattant par groupes contre nos masses ; cette Puissance qui, par ces motifs, a eu successivement, prisonniers, chez nous, 360,000 hommes d’excellentes troupes, et qui malgré cela, en pleine révolution, avec des recrues mal vêtues, mal nourries, mal armées, a pu retenir encore six mois nos formidables armées : cette Puissance, dis-je, avec sa bravoure proverbiale et ses immenses ressources serait redoutable pour nous si elle était unie.

Il faut prévoir, dites-vous, le cas où viendraient se retourner contre nous les chances heureuses auxquelles nous avons dû la victoire :
L’incurie de Napoléon et de ses ministres, l’alliance des Etats du Sud, la supériorité du nombre, la portée plus grande de l’artillerie. Cela pourrait arriver, ajoutez-vous, si un Bismarck et un de Moltke français venaient à occuper la place d’un Olivier ou d’un Lebœuf.

Je vous répondrai toujours : Oui, si la France était unie; mais elle ne l’est pas et ne peut, heureusement pas l’être, l’esprit des Français étant ce qu’il est. Le sort de l’Espagne est celui réservé désormais à la France. Cela n’empêche pas que je m’occupe de nous assurer des alliances pour l’avenir, même en prévision d’éventualités inadmissibles. Il faut être prêt à tout événement. Mais voici pourquoi je juge ces éventualités inadmissibles.

La France est partagée en Bonapartistes, en Orléanistes, en Légitimistes, et en Républicains. C’est, pour nous, comme si elle était divisée en quatre Etats indépendants et mêmes rivaux. Leur rivalité fait notre force et garantit notre sécurité. Il faut bien, il est vrai, qu’un parti finisse par l’emporter sur les autres. Heureusement pour nous, cela parait devoir être le parti Républicain.

En 1789, les cahiers des députés aux Etats-Généraux voulaient tous le maintien de là Royauté avec des réformes. Le rapport lu à l’Assemblée Nationale, le 27 juillet 1789, par le comte de Clermont-Tonnerre le prouve. La France et son Roi étaient tombés d’accord. La République a été alors imposée à la Nation par des scélérats.

En 1848, c’est à un escamotage qu’elle a dû son avènement. Le 4 septembre 1870, c’est encore un escamotage qui l’a imposée à Paris et à la France. Jamais le vrai peuple n’en avait voulu librement. Cette fois, en voudra-t-il ? Je l’espère de plus en plus. Le mot de Thiers a porté son fruit : La République est le gouvernement qui nous divise le moins.
La preuve c’est qu’il y avait en France trois partis : les Légitimistes, les Orléanistes et les Bonapartistes, et que, grâce à Thiers, en voilà quatre ; car les bourgeois et les boutiquiers, dupes honnêtes ou jobards, vaniteux, qu’on mène avec des mots, se croient sérieusement républicains. Or, Dieu sait ce qu’il y a de dupes et de jobards des Flandres aux Pyrénées.

Donc, la République va s’implanter en France. Vous devez, par votre parole, par vos subventions à certains journaux démocratiques et par tous les moyens en votre pouvoir travailler secrètement à en amouracher les Français : 

– Parce que tant que la République durera, la confiance ne pourra renaître. Ce régime inquiète si bien les capitaux que la moitié du dernier emprunt de deux milliards est encore à classer. S’il dure, la France ne trouvera certainement pas de banquiers pour répondre des trois derniers milliards qui lui restent à nous payer, et nous lui avons pris déjà tout ce dont elle peut disposer en numéraire.

– Parce que le parti républicain est, en France, le moins patriote. Pendant le siège de Paris les farouches républicains de Belleville, de Montmartre et de Ménilmontant ont été le type de la lâcheté tout en demandant à grands cris la guerre à outrance. Ils n’ont su que jeter leurs fusils dans les tranchées, hurler dans les clubs et souiller les Eglises de leurs ordures. C’est pour les avoir déshonorés en divulguant leur conduite dans ses ordres du jour que le général Clément Thomas a été assassiné par eux.

Ce sont des républicains du 4 septembre qui ont eu l’attention, lors- que Paris était investi par des Prussiens, d’inaugurer la statue de Voltaire, Chambellan de notre Grand Frédéric, et qui avait félicité ce prince d’avoir battu les Français à Rosbach. On n’est pas plus plat, plus lâche ou plus bête.

Quant à la Commune, son premier soin a été de faire insérer à son Journal officiel, la recommandation de ne rien faire, autour de Paris, qui pût nous déplaire. Elle a renversé la colonne Vendôme faite avec le bronze de nos canons. Vous voyez que les républicains de toutes nuances sont, plus ou moins, des nôtres. Avec l’Internationale, je les mènerai où je voudrai. Ils n’ont plus rien de leurs pères de 1792, à qui il restait quelque chose des sentiments de patriotisme puisés sous la monarchie.

Par contre, travaillez de toutes vos forces à empêcher le rétablissement de la monarchie.

Celle de Napoléon, passe encore. Elle a, elle-même, une origine et des antécédents révolutionnaires, des engagements avec les révolutionnaires de France et d’Italie; elle est forcée de continuer à leur donner des gages, de pactiser avec eux comme par le passé. Par conséquent elle désorganisera aussi fatalement la France, qu’elle a déjà corrompue et abaissée. Nous n’avons donc pas à la redouter, le cas échéant. Mais je ne crois pas que les Français en veuillent. Deux fois les Napoléons ont laissé la France plus petite qu’ils l’avaient prise. Une nation vaniteuse ne pardonne pas cela.

Dans tous les cas, j’ai étudié personnellement Napoléon III. C’est un Raton dont Cavour et moi avons été tour à tour le Bertrand. Il a proclamé naïvement le principe des nationalités, mais ça été à notre profit.
Il n’a pas fait l’unité française en annexant la Belgique qu’il convoitait ; Cavour a fait l’unité italienne, et j’ai fait l’unité allemande. Il reviendrait sur le trône que je lui ferais encore tirer les marrons du feu. En le flattant, on fera de lui tout ce qu’on voudra. Entre nous il est facile à rouler.

Esprit versatile et sans suite, rien ne lui a réussi. Par sa guerre en Crimée et le soulèvement delà Pologne, il s’est brouillé avec la Russie. Par sa guerre d’Italie, il s’est brouillé avec l’Autriche sans se faire un allié de Victor Emmanuel. Tantôt il a joué celui-ci au profit du Pape, tantôt il a joué le Pape, au profit du roi d’Italie. Par sa guerre du Mexique, il s’est fait un ennemi de l’Amérique du Nord qui l’a impérativement prié de s’en aller, abandonnant le malheureux Maximilien.

Mal avec l’Espagne, mal avec l’Angleterre, mal avec la Belgique, méprisé au dehors pour son caractère fourbe et sa politique indécise, il s’est trouvé sans alliances et est tombé sous le poids du mépris de son propre peuple. Si le vent tournait de ce côté vous pouvez donc tendre les voiles.

Il n’en est pas de même des Bourbons.

Combattez surtout la fusion entre les deux branches de cette maison. Les Orléanistes, seuls, ne seraient qu’un moyen terme. Ils auraient encore pour adversaires les trois autres partis, et laisseraient la France divisée. Ce qu’il faut surtout empêcher, c’est leur fusion avec Henri V, c’est l’avènement de la légitimité :

1°) Parce que celle-ci représente l’unité et la grandeur de la France, par la conquête successive de ses provinces, y compris l’Alsace et la Lorraine.

2°) Parce qu’elle représente les idées d’ordre, de droit, de religion, qui sont les éléments sociaux de conservation et de grandeur.

3°) Parce que le principe de transmission héréditaire du pouvoir, exclut les ambitieux, les mécontents, les avocats qui s’entendent si bien à jeter leur pays dans les hasards des révolutions, pour pêcher en eau trouble.

4°) Parce que, le retour à ce principe, ramènerait la confiance, les affaires et la prospérité publique.

5°) Parce que le comte de Chambord, dans ses proclamations, a fait voir qu’il était à la fois homme de cœur et Roi libéral dans le bon sens du mot, conservant du passé et prenant du présentée qu’ils ont de bon.

6°) Parce que la monarchie des Bourbons a toujours été le symbole de l’honneur et de la fierté patriotique. Je me rappelle que lorsque l’ambassadeur d’Angleterre vint, en 1830, dire au prince de Polignac que son pays s’opposait au débarquement des troupes françaises à Alger, le prince lui répondit simplement : Milord, la flotte française appareille de Toulon tel jour ; s’il vous plait d’essayer de lui barrer le chemin, libre à vous.

Les républicains de 1871 n’eussent pas fait cette fière réponse. Ils sont et resteront toujours plus préoccupés des intérêts de leurs partis que des intérêts de la France. Leur patrie, c’est le monde, disent ces idiots, menés par l’Internationale.
Voilà pourquoi les bataillons des purs, de Belleville, de Montmartre et de Ménilmontant, refusaient de marcher contre nous, tandis que les légitimistes, les zouaves pontificaux, les mobiles bretons nous ont résisté héroïquement de l’aveu même de Gambetta. Voilà pourquoi, dans toute la guerre même un républicain notable n’est tombé sous nos balles, tandis que les de Mailly, les de Luynes, les Chevreuse, les Grencey, »les Dampierre, les Segoyer, les Coriolis, les Brissac, les Bouille, les Charette, les de Sonis, les Vogué, les Quatre-barbes, etc., sont morts pour la France, ou ont versé leur sang pour elle. Si les Flourens et les Delescluze sont morts aussi, ça été en se battant contre les Français.

7°) Enfin, vous vous opposerez de toutes vos forces à l’établissement de la monarchie des Bourbons parce qu’elle seule peut ramener des alliances à la France ; notamment celle de la Russie ; et que l’Allemagne, prise entre la France et la Russie comme dans un étau, avec le Danemark au nord et l’Autriche au Midi, la Hollande, la Belgique et la Suisse à l’Ouest, serait gravement compromise. Alors vos craintes deviendraient fondées.

Vous me répéterez que la partie saine de la population désire la fusion, que cette idée fait des progrès dans les classes éclairées, la finance, l’industrie et le haut commerce.
« La France intelligente, dites-vous, commence à être fatiguée des intrigants et des avocats. Elle commence à se dire qu’elle leur doit tous ses bouleversements ; qu’elle est, depuis quatre-vingts ans la  dupe et la victime de l’esprit révolutionnaire, que les deux grands principes de l’autorité et de la liberté avaient été conciliés par Louis XVI et l’Assemblée nationale, que ce sont les ambitieux et la populace qui ont tout remis en question, qui ont engendré le 10 août, et les massacres de septembre le 9 thermidor et ‘1804 ; les Cent jours et 1830 ; 1848, 1850 et 1852 enfin 1870 et 1871. Elle se dit que ces dates sont les périodes diverses d’un même mal, des étapes successives dans la voie révolutionnaire et qu’elle veut en sortir. Comment ? En rompant résolument avec tout ce qui tient à la Révolution, c’est-à-dire en redonnant à la Monarchie héréditaire et légitime, avec les garanties constitutionnelles acceptées par Louis XVI, et offertes par Henri V ; en un mot en retournant à l’état de choses qui a fait la grandeur et la gloire de la France pendant quatorze siècles, combiné avec la sage liberté de l’Angleterre et de la Belgique.»

II est tout simple, mon cher baron, que les esprits élevés, remontant des effets aux causes, voient, dans la fusion, le salut de la France. M. Guizot l’a conseillée dans sa lettre à M. Grévy. Le roi Louis-Philippe en mourant, l’a recommandée à ses fils.

Mais d’abord j’espère que les princes d’Orléans ne se prêteront pas à la fusion. L’intérêt évident de leur patrie, leur devoir de bon Français seraient qu’ils se ralliassent ouvertement, loyalement à Henri V.
Mais une telle conduite demanderait un grand coeur, du courage, du désintéressement, une vertu rare ; elle est trop contraire aux traditions de leur maison. L’ambition est dans leur sang.

La fusion rallierait non-seulement les légitimistes et les orléanistes, mais toute cette masse flottante d’hommes honnêtes, dégoûtés de la République ou de l’Empire, ou encore indécis. Elle serait le salut de la France, et écarterait définitivement les deux seuls régimes que nous devions désirer. Eh bien ! malgré cela, je vous prédis que les d’Orléans, éviteront la fusion. Au lieu de diriger leur parti, dans la voie du patriotisme, ils se laisseront aller eux-mêmes, à l’esprit de rancune et d’intrigues de leur entourage, à ses préjugés et à son ambition. Ils resteront prétendants pour leur compte ; et grâce à eux la France continuera d’être écartelée par quatre partis.

Quant à Henri V seul, les Français, qui ont de l’esprit, n’ont pas assez de bons sens pour le rappeler. Si ce Prince remontait sur le trône de ses pères, il n’y serait pas six mois que la France reviendrait de ses préjugés contre la maison de Bourbon. C’est précisément ce qu’il ne faut pas. Il est plus facile que vous ne pensez de l’empêcher. Les Bourbons sont impopulaires précisément à cause de leurs qualités. Les légitimistes et les cléricaux, leurs partisans, ont beau être, en France, les plus éclairés, les plus honnêtes, les plus patriotes, ils sont opposés aux idées anti-sociales et anti-religieuses qui ont fait tant de progrès, de dupes et de criminels. Ils luttent, à peu près seuls, contre le courant qui entraine la France vers l’anarchie et le paganisme. C’est assez pour qu’ils soient en butte à la haine et à la calomnie, non-seulement de la populace, qui est une bête idiote et féroce , mais de la politique ou de la religion. Elle ne lit que les déclamations d’un journaliste inventé pour la seriner. Bourgeoisie, qui a l’esprit formé à toutes les questions élevées.

Exploitez cet état de choses. Faites souvent parler, dans vos journaux, du danger de la réaction, des crimes de l’absolutisme, des horreurs de la féodalité, de l’infâme droit du Seigneur, de la dime, des corvées, de l’inquisition, comme si tout cela avait réellement existé ou pouvait revenir. Faites peur des empiétements et des captations du clergé. Dites qu’avec Henri V, la religion serait non-seulement protégée mais imposée, que chacun serait forcé d’aller à la messe et même à confesse.

Ces déclarations et ces balivernes ne manquent jamais leur effet auprès des masses ignorantes et imbéciles, auxquelles le suffrage universel a remis le sort de la France.
Entretenez la peur de l’épouvantail légitimiste et clérical, en faisant propager les calomnies ou les préjugés qui ont fait naître cette peur.

Les gens intelligents diront que l’ancien régime, en supposant vrai ce qu’on en dit de faux, n’a rien produit de comparable aux convulsions de la France depuis 1789, aux massacres de 1793, aux journées de juin 1848, aux pillages, aux assassinats, aux incendies de la Commune en 1871. Mais le peuple a ses journaux qui lui persuadent que cela est du progrès. Il restera entiché des idées républicaines comme nous le désirons. Il en sera de même des bons bourgeois. En voyant flamber la maison du voisin, ils prennent bien peur pour la leur, ils se disent bien, sur le moment, qu’il n’y a jamais de Légitimistes ni de Cléricaux parmi les incendiaires et les révolutionnaires, ni parmi ceux qui les produisent ou les excusent, que les principes religieux sont la meilleure garantie de l’ordre et de la probité.
Mais l’esprit d’opposition, inné en France, et le fanatisme anti-religieux sont si forts, qu’une fois le danger passé, ils continuent à se défier des victimes et à voter pour les coupables. Ils resteront nos auxiliaires en envoyant éternellement des Clemenceau aux Assemblées nationales ; des Ranc et des Mottu aux Conseils généraux. Gambetta, l’ami des Delescluze, des Millière, des Raoul Rigault, l’ami des incendiaires et des assassins qu’il n’a jamais désavoués, sera avant peu Président de la République française.

Et vous voulez, mon cher ami, que je redoute dans l’avenir une revanche de la France ! Tranquillisez-vous : cette nation est condamnée à mort. Elle aura ce qu’elle mérite : c’est-à-dire la République alternant avec l’Empire ou la Commune ; le despotisme alternant avec le pétrole.
Vous dites que si les gens honnêtes et sensés se ralliaient franchement à la République, elle pourrait se consolider et devenir un mauvais exemple pour nos peuples.

Ne craignez pas cela. Telle qu’elle s’est montrée trois fois déjà en France, la République est faite pour en dégoûter. Quant aux gens honnêtes et sensés ils resteront de plus en plus à l’écart. Ce n’est pas à l’intelligence et au mérite à se rallier au parti des ignorants et des culotteurs de pipe. Un homme de cœur et d’honneur ne le peut pas.

La France offre ce phénomène d’une République qui ne peut durer huit jours sans tomber dans le sang ou dans la boue, qu’à la condition d’être gouvernée par des Monarchistes. Les Républicains proprement dits ne fournissent que des sujets comme les préfets et sous-préfets nommés par Gambetta, c’est-à-dire des ignorants et des incapables. Aussi, les dupes honnêtes dont je parle plus haut disent-ils naïvement qu’ils veulent la République sans les Républicains. Dès lors il serait plus simple et plus logique de revenir de suite à la monarchie. Comment, en effet, exiger des monarchistes qu’ils se dévouent toujours à faire aller une machine dans laquelle ils n’ont pas confiance ? De quel droit demander ce sacrifice à leurs convictions? De la part de gens qui se croient républicains, il y a même peu de dignité à le demander, car c’est faire l’aveu de la nullité de leur parti et prononcer sa condamnation. Mais ce n’est pas notre affaire. Ne songeons qu’à profiter de la sottise et des divisions des Français.

Donc la République française, malgré sa belle devise sur les murs, dès qu’elle ne sera plus entre les mains des royalistes, qui la font vivre provisoirement, tombera d’abord entre les mains des intrigants et des incapables, jusqu’à ce qu’elle retombe entre les mains des criminels d’où elle sort à peine. C’est inévitable. Quand une Nation n’a plus le frein de la religion et des mœurs, que le frein de la force est le seul qui la contienne, tout est possible, même l’avènement d’un demi-million d’Erostrates, du jour où la force tombe entre leurs mains comme au 18 mars.

Alors on songe aux grandes villes disparues de la scène du monde : Tyr et Babylone, Thèbes et Sparte, Carthage et Troye.

On nous reprochait en Allemagne, l’hiver dernier, de ne pas détruire Paris par un bombardement ; laissons faire cette besogne aux Parisiens, ils s’y entendent merveilleusement. Du train dont vont les choses, on pourra, peut-être, avant un siècle, appliquer à l’emplacement où s’élève la Babylone moderne, ce fragment d’un vers de l’Enéide :

Et campos ubi Troja fait.

et cela, parce que la France, reniant son passé glorieux, livrée aux avocats et au casse-cou, aura cessé d’être française pour devenir républicaine. Réjouissons-nous-en. Nous avons pris définitivement sa place dans les destinées du monde. Elle ne pourra plus s’opposer aux progrès de l’Allemagne. Elle voulait nous arrêter à la ligne du Mein; elle ne nous empêchera pas de nous étendre des Vosges aux Carpates, de Kiel à Trieste et même à la Haye, à cheval sur la Baltique, la mer du Nord et l’Adriatique.
L’empire d’Allemagne, avec Berlin pour capitale, que Thiers redoutait, est fondé. Le pangermanisme est proche, grâce à l’impuissance de la France républicaine.

Donc : VIVE LA REP… !   A BAS LES B…..!

Tel doit être, en France, le cri d’un bon Prussien.

Otto Von Bismarck

Sources : chouannerie, Sacr TV , Catholique de France, dafeizhontadoukoz, psbenlyonnais

Publié par Napo

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