Saint Isidore et le traité des Offices Ecclésiastiques
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Saint Isidore et le traité des Offices Ecclésiastiques

C’est dans le traité des Offices Ecclésiastiques que Saint Isidore expose l’ordre particulier des oraisons de sa liturgie. Il y rapporte aussi toutes les heures et toutes les parties de l’office canonial, qui sont les mêmes qu’aujourd’hui, et dont il attribue les hymnes à Saint Hilaire et à Saint Ambroise.

En général, on y trouve plusieurs points remarquables, par rapport à l’antiquité de la discipline. Par toute l’Église, dit-il, on reçoit l’Eucharistie à jeun et le vin y doit être mêlé d’eau. Par toute l’Église encore, on offre le Sacrifice pour les morts, ce qui ne laisse pas lieu de douter, que ce ne soit une tradition apostolique.

Ceux qui sont morts à la grâce par le péché, doivent faire pénitence avant de s’approcher du Sacrement des autels, et les autres, ne pas s’en éloigner longtemps. Les gens mariés garderont la continence, quelques jours avant la communion.

Les fidèles soumis à la pénitence publique laisseront croître leur barbe et leurs cheveux en désordre, se prosterneront sur le cilice et se couvriront de cendre. On accordera la pénitence à la fin de la vie, quoiqu’on la tienne pour suspecte.Pour les prêtres et les diacres, ils ne feront pénitence que devant Dieu.

On voit aussi dans les Offices de Saint Isidore le dénombrement des fêtes de l’Église, savoir tous les dimanches de l’année, spécialement ceux des Rameaux, de Pâque, de la Pentecôte, le jeudi, le vendredi et le samedi saints, Noël, l’Épiphanie, l’Ascension, la Dédicace des Églises, les fêtes des Apôtres et des Martyrs, auxquels nous décernons, dit le Saint Docteur, non un culte de Servitude ou de latrie, puisque nous ne leur offrons pas le Sacrifice, mais un culte de charité, afin d’obtenir le secours de leurs prières et pour nous exciter à les imiter.

Les jeûnes de l’Église étaient celui du carême qui fait la dîme de l’année, ceux de la Pentecôte et du Septième mois, c’est-à-dire des Quatre-temps d’été et d’automne. On ne parle pas de ceux d’hiver ou de décembre, qui se trouvent néanmoins en usage, au moins en Italie, dès le temps de Saint Léon.

On marque deux autres jeûnes que nous ne pratiquons plus, l’un dont on ignore la cause, au premier jour de novembre, et l’autre au premier de janvier, afin d’abolir les débauches superstitieuses que les Païens pratiquaient en l’honneur de Janus.

On voit encore que le jeûne du vendredi était alors universel, et que la plupart des fidèles y joignaient celui du samedi, nous les avons réduits à l’abstinence. Saint Isidore a soin d’observer que les usages des Églises sont différents, et que chacun doit se conformer à celle où il vit.

Il nous a laissé un grand nombre d’autres écrits, dont le plus long et le plus fameux, intitulé Des Origines ou Étymologies, ne fut achevé que par Saint Braulion de Saragosse, qui le divisa en vingt livres. Il traite de presque tous les arts et toutes les sciences, en commençant par la grammaire, mais il n’en donne guère autre chose que de courtes définitions, et des étymologies qui ne sont pas toujours heureuses.

Ici, comme dans tous les ouvrages de Saint Isidore, on aperçoit plus d’érudition et de travail, que de goût et d’invention. Son long épiscopat, d’environ quarante ans, ne fut qu’une suite de travaux apostoliques et de bonnes œuvres. Il mourut, comme il avait vécu, dans l’exercice de toutes les vertus épiscopales et chrétiennes.

Quand il se crut près de sa fin, il redoubla tellement ses aumônes, que pendant six mois son logis ne désemplit pas de pauvres depuis le matin jusqu’au soir. Sentant augmenter son mal, il se transporta à l’Église de Saint Vincent, suivi d’une Troupe immense d’ecclésiastiques, de religieux, de laïcs de tout rang, qui se lamentaient à grands cris.

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À l’Église, il s’arrêta au milieu du chœur, devant la balustrade de l’autel, d’où il fit écarter les femmes. On mit sur lui la cendre et le cilice, puis, étendant les bras vers le Ciel, il se renouvela dans la douleur de ses péchés et reçut le corps et le sang de Notre Seigneur. Après quoi, il se recommanda aux prières de tous les assistants, leur demanda humblement pardon, déchargea ses débiteurs, fit distribuer aux pauvres ce qui lui restait d’argent, et avec une tendresse paternelle, il recommanda la charité réciproque à tous ses enfants.

Étant ensuite retourné à la maison épiscopale, il mourut en paix, au bout de quatre jours.

Source : Histoire de l’Église – Tome Septième – Abbé De Berault-Bercastel – 1781

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