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Saint Pierre parle à Sainte Brigitte du désir qu’il a eu de sauver les peuples

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Saint Pierre parle à l’épouse de Jésus-Christ, disant : Ma fille, vous m’avez acquis un soc qui fait les sillons larges et arrache les racines. Cela a été certainement vrai, car j’ai été si fervent contre les vices et si adonné aux bonnes mœurs que, si j’eusse pu convertir tout le monde à Dieu, je n’eusse aucunement épargné ma vie ni mon labeur pour cela…

Dieu m’a été toujours doux en ma pensée, doux en ma parole, doux en mon œuvre, de sorte que toutes choses étaient amères à ma pensée, hors Dieu. Néanmoins, Dieu me fut encore amer, non de soi, mais de moi-même, car tout autant de fois que je considérais combien je l’avais offensé et en quelle manière je l’avais nié, j’ai pleuré amèrement car je connaissais et savais parfaitement aimer.

Mes larmes m’ont été plaisantes comme la viande m’était douce. Quant à ce que vous me priez que je vous donne mémoire, je vous réponds : N’avez-vous pas ouï que j’étais oublieux, ayant été de fait pleinement instruit de la voie de Dieu? Je me suis obligé par serment de demeurer et de mourir avec Dieu.

Mais interrogé par la parole d’une femme, j’ai nié la vérité, et pourquoi ? d’autant que Dieu me laissa à moi-même, et je ne me connaissais pas moi-même. Mais que fis-je alors ? Certainement, je considérai que je n’étais rien de moi ; je me levai et courus à Dieu. La Vérité même imprima tellement la mémoire de son nom dans mon cœur que je ne le pouvais oublier, ni devant les tyrans, ni entre les fouets, ni en la mort. Faites-en de même : levez-vous par humilité et allez au maître de la mémoire, et demandez-lui de la mémoire, car c’est lui seul qui peut toutes choses.

Quant à moi, je vous aiderai, afin que vous soyez participante de la semence plantureuse que j’ai jetée en terre. D’ailleurs, je vous dis que cette cité de Rome était la cité des combattants ; ses places étaient décorées d’or et d’argent. Or, maintenant, ses pierres et ses saphirs sont couverts de boue ; ses habitants vertueux sont en petit nombre, l’œil droit desquels est arraché, et leur main droite est coupée ; les hiboux et les vipères habitent avec eux, et à cause de leur venin mortifère, les animaux doux et traitables n’osent s’en approcher ni apparaître, ni mes poissons lever la tête.

C’est pourquoi les poissons s’y assembleront. Que s’ils ne s’y assemblent avec une grande multitude comme autrefois, ils seront néanmoins aussi doux et courageux, de sorte que de leur jeu mutuel, les crapauds et les grenouilles s’en iront ; les serpents se changeront en agneaux, et les lions seront à leurs fenêtres comme des colombes. Il ajouta encore : Je vous dis en outre qu’en vos jours on ouïra :

« Vive le vicaire de saint Pierre ! » et vous le verrez de vos yeux, car je fouirai la montagne de délices ; et ceux qui sont assis en elle descendront. Or, ceux qui ne voudront venir volontairement, y seront contraints, contre l’espérance de tous, d’autant que Dieu veut être exalté avec vérité et miséricorde.

Saint Paul parle encore à l’épouse de Jésus-Christ, en disant : Ma fille, vous m’avez comparé à un lion qui a été nourri entre les loups, mais il a été admirablement affranchi des loups. Vraiment, ma fille, j’étais un loup ravisseur ; mais de loup Dieu m’a fait agneau, et cela pour deux choses :

1º à raison de sa grande charité, qui fait des vases pour soi des choses les plus indignes, et ses amis des pécheurs.

2º À raison des prières de saint Étienne, premier martyr, car je vous veux montrer quelle intention j’avais, quand saint Étienne fut lapidé, et pourquoi j’ai mérité ses prières.

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Je ne me réjouissais point de la peine de saint Étienne, ni n’enviais sa gloire, mais je désirais qu’il mourût, à raison qu’il me semblait que, selon mon intention, il n’avait point la vraie foi; et le voyant fervent outre mesure et patient à supporter les douleurs, je fus extrêmement marri qu’il était infidèle, bien qu’en vérité il fût très-fidèle ; et étant tout aveugle, infidèle et compatissant à lui, je priai de tout mon cœur que sa peine amère lui réussît à la gloire et à la couronne.

Partant, dès que son oraison m’eut profité, je fus affranchi d’une multitude de loups, et je fus fait un agneau doux et mansuet. C’est pourquoi il est bon de prier pour tous, d’autant que l’oraison du juste profite à ceux qui sont disposés pour recevoir les grâces. Or, maintenant, je me plains que cet homme, si éloquent entre les doctes, si patient entre ceux qui le lapidèrent, soit effacé maintenant des cœurs et de la mémoire de plusieurs, et principalement de ceux qui s’en devraient souvenir jour et nuit, car ceux-là lui apportent des vases, mais hélas ! cassés, vides, sales et abominables.

C’est pourquoi, comme il est écrit, ils seront saisis d’une double confusion. et honte, et seront chassés de la maison de plaisir et de volupté.

Source : Les révélations célestes et divines de Sainte Brigitte – Père Jacques Ferraige – 1859

Publié par Napo

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