Ce 11 janvier 2026, l’Église a célébré une fête charnière qui clôt le temps de Noël. Il s’agit du Baptême du Seigneur, un mystère lumineux qui, selon Monseigneur Jorge Lozano, archevêque de San Juan de Cuyo, marque un tournant décisif dans l’histoire du salut.
Beaucoup de chrétiens voient cette scène comme un simple rituel. Pourtant, comme le souligne l’archevêque, ce qui se joue dans les eaux du Jourdain est un bouleversement cosmique et spirituel. Ce n’est pas seulement Jésus qui descend dans l’eau ; c’est Dieu qui déchire le silence pour rejoindre l’humanité.
Dans cet article, nous décryptons l’homélie percutante de Mgr Lozano et explorons pourquoi cet événement nous concerne directement aujourd’hui.
Un événement inédit : quand le ciel s’ouvre enfin
Pour saisir la portée du Baptême du Seigneur, il faut revenir en arrière, au tout début de l’histoire biblique. Monseigneur Lozano nous invite à nous remémorer le récit de la Genèse. Après la chute d’Adam et Ève, une image terrible s’impose : l’expulsion du Paradis. Les portes se ferment. Le ciel semble scellé, marquant une rupture tragique entre le Créateur et sa créature.
Durant des siècles, le peuple d’Israël a vécu avec cette « mémoire fondante » d’une distance infranchissable. Mais au bord du Jourdain, l’inimaginable se produit. L’Évangile selon saint Matthieu rapporte ce détail crucial : « les cieux s’ouvrirent ».
Ce n’est pas un détail météorologique. C’est une déclaration théologique. Monseigneur Lozano insiste :
« Ce geste exprime une vérité décisive : la distance entre Dieu et l’humanité est abolie. »
Le Baptême du Seigneur est donc la preuve que Dieu ne veut pas rester dans sa transcendance lointaine. Il a le désir brûlant d’habiter notre histoire, de marcher sur notre sol et d’établir une communion réelle et permanente avec chacun de nous. La barrière du péché est brisée par la présence du Christ.
La symbolique profonde du Baptême du Seigneur
Au-delà de l’ouverture des cieux, deux autres signes majeurs accompagnent cette scène et structurent la foi chrétienne.
L’Esprit Saint et la tendresse de Dieu
L’apparition de l’Esprit Saint sous la forme corporelle d’une colombe est riche de sens. Mgr. Lozano rappelle que dans l’imaginaire biblique, la colombe est celle qui annonce à Noé la fin du déluge. Elle est le signe que la colère est passée et que la vie peut reprendre.
Dans le contexte du Baptême du Seigneur, la colombe symbolise :
- La Paix : La fin du conflit entre le ciel et la terre.
- La Tendresse : La douceur de Dieu qui ne s’impose pas par la force.
- Un Nouveau Commencement : L’inauguration d’une création renouvelée en Christ.
L’Esprit ne vient pas seulement sur Jésus pour le confirmer dans sa mission ; il nous révèle que tout chrétien est appelé à devenir un porteur de cette paix.
Une identité révélée : « Tu es mon Fils »
La voix du Père retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». C’est ici le cœur battant de la révélation. Cette déclaration d’amour ne s’épuise pas en Jésus. Par l’adoption baptismale, cette phrase est prononcée sur chaque baptisé.
Comme le souligne l’archevêque, lors de votre propre baptême, Dieu vous a appelé par votre nom. Il vous a reconnu comme son enfant. Cette identité est inaliénable. Quelles que soient les épreuves de la vie, cette « marque » d’amour reste indélébile.
Vivre le baptême aujourd’hui : témoignage et mission
Le Baptême du Seigneur n’est pas qu’un souvenir historique, c’est une réalité existentielle qui s’incarne dans nos vies modernes, souvent marquées par la difficulté.
Pour illustrer cette force concrète du sacrement, Monseigneur Lozano partage le témoignage bouleversant de Lucía. Cette jeune mère, traversant des épreuves personnelles et sociales intenses, a lutté pour faire baptiser son fils, Tomas. Pour Lucía, ce geste n’était pas une convention sociale, mais une question de survie spirituelle.
Son expérience reflète la puissance du sacrement :
- Une source de paix intérieure au milieu du chaos.
- Un grand réconfort face à la solitude.
- La certitude absolue que Dieu marche avec nous.
Le témoignage de Lucía nous rappelle qu’il n’y a aucune situation, aussi désespérée soit-elle, qui puisse « refermer le ciel » pour celui qui place sa confiance en Dieu.
Pourquoi le Baptême du Seigneur nous concerne tous ?
Si Jésus, qui est sans péché, a voulu recevoir le baptême, c’est par solidarité avec nous. En descendant dans les eaux, il a sanctifié toutes les eaux. En remontant, il a entraîné l’humanité vers le Père.
Célébrer le Baptême du Seigneur, c’est renouveler notre propre engagement. C’est se souvenir que nous avons une mission. Nous sommes « envoyés » pour être des canaux de l’amour de Dieu. Comme le ciel s’est ouvert pour Jésus, nous devons, par notre charité, « ouvrir le ciel » pour ceux qui vivent dans l’enfer de la solitude ou de la pauvreté.
Appel à la Prière : L’urgence pour le Venezuela
En conclusion de son message, et fidèle à son rôle de pasteur attentif aux souffrances du monde, Monseigneur Lozano a lancé un appel vibrant à la prière pour le Venezuela.
Dans un contexte géopolitique et social difficile, l’archevêque demande que des chemins de paix s’ouvrent. Il prie pour que le soin des plus pauvres devienne une priorité, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Cette intention de prière nous rappelle que notre foi doit toujours se traduire par une compassion active envers les peuples qui souffrent.
Conclusion
Le Baptême du Seigneur est bien plus qu’une fête liturgique : c’est la garantie que le ciel reste ouvert au-dessus de nos têtes. Que ce soit à travers l’enseignement théologique de Monseigneur Lozano ou le témoignage humble de Lucía, le message est le même : Dieu s’est fait proche.
En cette fête, rappelons-nous que nous sommes les fils et filles bien-aimés du Père, envoyés pour apporter la paix de la colombe dans un monde qui en a tant besoin.






