Le film Last Days, réalisé par Justin Lin, revient sur la mort de John Allen Chau, jeune missionnaire américain tué par les Sentinelles après avoir rejoint illégalement leur île isolée. En 2018, les médias avaient fait de son histoire un récit moqueur, allant jusqu’à lui attribuer un “Darwin Award” pour avoir, selon eux, « éliminé sa propre lignée ». Cette lecture simpliste ne rend pourtant pas justice à la profondeur spirituelle du jeune homme.
Le film prend à rebours cette caricature. Justin Lin, connu pour d’autres productions beaucoup plus grand public, voulait traiter Chau avec respect sans idolâtrie ni condamnation. Il livre ainsi une œuvre visuellement belle, sincère dans ses intentions, mais qui, faute d’une conclusion solide, peine à rendre la portée authentique de la vocation missionnaire.
La formation d’un missionnaire déterminé
John, interprété par Sky Yang, vient d’une famille aisée de Vancouver. Son père rêvait pour lui d’une carrière médicale, jusqu’au jour où ce dernier fut arrêté pour prescriptions illégales. Cette chute familiale aura un effet décisif : John renonce à la facilité et se consacre totalement au Christ.
Il rejoint Oral Roberts University, puis l’organisation missionnaire protestante All Nations. Ses premiers voyages le mènent au Mexique, en Afrique du Sud et en Irak. Mais son désir profond s’oriente vers l’un des derniers peuples non contactés : les habitants de North Sentinel Island.
Sa détermination ne fléchit pas malgré un premier échec brutal. Pour lui, ces âmes privées du Christ méritent que l’on risque tout pour leur porter l’Évangile.
Tout au long de sa préparation, John cherche à discerner la volonté du Saint-Esprit, priant, lisant l’Écriture, interprétant les signes. Mais un élément manque : l’accompagnement ecclésial. Jamais il ne consulte un pasteur, jamais il ne confronte ses intuitions spirituelles avec une autorité reconnue. Ce manque de discernement partagé, si fréquent dans les milieux protestants mais aussi parfois chez des catholiques isolés, affaiblit ses décisions.
La Tradition l’enseigne clairement : la voix de l’Esprit se vérifie toujours dans l’unité avec l’Église, avec humilité. Sans cela, la ferveur peut devenir aveugle.
Les tensions intérieures du jeune homme
Le film montre bien cette fragilité lors d’une rencontre avec une touriste blonde qu’il aide à se déplacer. Ils se retrouvent à boire, faire la fête, et presque aller plus loin. Elle l’accuse alors de “génocide” lorsqu’elle découvre sa mission. Pourtant, elle-même et ses amis exploitent les populations locales sans scrupule, ce que John lui fait remarquer. Troublé, il passe la nuit en prière. Le lendemain, persuadé d’avoir mal interprété les signes, il lui confie : “Je croyais que Dieu voulait que j’évangélise, mais c’était toi.” Elle tourne les talons, laissant chez lui un mélange de lucidité et de désarroi intérieur.
Une lecture séculière qui passe à côté du sujet
Pour le monde, John n’est pas un idiot, mais un jeune « égaré ». Le film le montre à travers le regard de Meera, policière indienne chargée de comprendre ce qu’il est devenu. Elle parle de lui comme d’un homme « perdu », réduisant sa vocation à une fuite personnelle, notamment face à la relation compliquée avec son père. Mais pour un cœur chrétien, l’essentiel n’est pas là. Saint Paul annonçait que “la croix est une folie pour ceux qui périssent”. Chau savait qu’il serait considéré comme fou ; il a accepté l’opprobre. Il a pesé le jugement du monde et l’a trouvé sans valeur face au trésor de l’Évangile.
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