Le 21 janvier, lors de la fête de Sainte Agnès, le Cardinal Gerhard Müller a célébré la messe de l’après-midi à l’église de Sainte Agnès en Agonie, située sur la célèbre place Navona à Rome. Une occasion propice pour rappeler aux fidèles les vertus exceptionnelles de cette sainte martyre et l’actualité douloureuse de la persécution chrétienne.
Sainte Agnès, qui à l’âge de douze ans refusa les propositions de mariage et de confort matériel, incarne la pureté et la fidélité à l’appel de Dieu. Le Cardinal a souligné que, pour le monde païen de son époque, son choix était incompréhensible, un refus de la richesse et du pouvoir jugé comme un acte d’illusion religieuse. Cependant, Agnès savait que son amour pour Jésus-Christ était plus précieux que tout le faste de ce monde, et qu’aucune allure du monde ne pouvait remplir le cœur humain comme l’amour divin.
« Cette jeune chrétienne choisit la communion avec le Christ plutôt que les tentations du monde », a précisé le Cardinal dans son homélie. Elle préféra la souffrance au compromis, et sa fidélité à son engagement de virginité l’amena à la mort par décapitation, après que tous les efforts pour briser sa volonté eurent échoué. Un martyre qui, selon le Cardinal Müller, nous interroge sur la sincérité de notre propre foi. « Suivons-nous le Christ seulement quand la société accepte l’Église, ou sommes-nous prêts à marcher à sa suite, même sur le chemin du Golgotha ? », interrogeait-il.
Le christianisme, victime de persécutions incessantes
Le Cardinal Müller a ensuite élargi sa réflexion en évoquant les multiples formes de persécution que le christianisme a subies à travers l’histoire. Il a rappelé les terribles vagues de violence religieuse lors de la Révolution française, les persécutions menées par les régimes anticatholiques des « libéraux« , ainsi que les persécutions durant le nazisme et le communisme. Aujourd’hui, a-t-il précisé, le christianisme est de nouveau la religion la plus persécutée au monde. En effet, dans 78 pays, environ 380 millions de chrétiens sont confrontés à des discriminations et des violences quotidiennes.
Le Cardinal a aussi mis en lumière l’hypocrisie des sociétés dites « libres« , où l’anticléricalisme se cache souvent sous le masque du progrès et de la science. « Dans l’Occident moderne, on répète aux jeunes que la foi chrétienne est dépassée, et que l’homme éclairé s’est émancipé des dogmes religieux qu’on juge obsolètes », a-t-il observé. Toutefois, il a insisté sur le fait que la foi en Jésus-Christ, seul Sauveur du monde, n’est pas tributaire des conditions politiques ou sociales. Elle est intemporelle et transcende les évolutions humaines et matérielles. « L’homme ne peut mettre sa confiance en l’homme ni en la vie, ni dans la mort ; seul Dieu est assez grand », a-t-il conclu.
L’exemple de Carlo Acutis : Une sainteté moderne
Le Cardinal Müller n’a pas manqué de rappeler, en ce jour de fête, l’exemple lumineux du bienheureux Carlo Acutis. Ce jeune bienheureux, décédé à 15 ans, est un modèle de sainteté et de dévouement pour les jeunes chrétiens d’aujourd’hui. Il a orienté toute sa vie vers le Christ, même dans le monde moderne et technologique. Là où certains pourraient voir une opposition entre la foi chrétienne et la technologie, Carlo a su utiliser les moyens modernes pour propager l’Évangile. Il est devenu, selon les mots du Cardinal, un « influenceur de Dieu », faisant d’Internet un instrument de diffusion de la bonne nouvelle.
Carlo Acutis, en combinant son amour pour le Christ et ses connaissances des nouvelles technologies, a démontré qu’il n’y a pas de contradiction à vivre pleinement la foi dans le monde contemporain. Pour lui, la sainteté n’était pas liée à l’âge ou à des accomplissements mondains, mais à la sagesse, cette capacité à reconnaître et à vivre la vérité profonde de l’existence humaine, qui dépasse de loin les connaissances techniques ou philosophiques.
La vérité éternelle du Christ
Dans ses dernières paroles, le Cardinal Müller a souligné qu’il n’est pas la quantité de savoir ou l’âge qui définissent la maturité, mais la sagesse de l’âme ouverte à la vérité. En ce sens, le véritable sens de notre existence ne peut être compris que dans l’union avec Dieu, source de toute vérité et de toute lumière. Cette sagesse, disait-il, est naturelle à l’âme humaine, et c’est cette ouverture à la vérité qui fait la différence entre une vie superficielle et une vie vécue pleinement en Dieu.
Ainsi, ce 21 janvier, le Cardinal Müller nous a invités à réfléchir sur notre propre engagement chrétien, à nous rappeler les exemples de sainteté, anciens et modernes, et à prendre conscience de la persécution croissante du christianisme à travers le monde. Si l’Église et les chrétiens ont toujours été confrontés à des épreuves, ils sont appelés à témoigner avec courage et foi, quelle que soit la difficulté. Car comme Sainte Agnès et Carlo Acutis, il ne s’agit pas de vivre pour ce monde, mais pour le Christ.






