Chems-eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a récemment présenté au Pape François une proposition pour organiser, à Paris, une rencontre interreligieuse placée sous le patronage pontifical. L’objectif est de réaffirmer l’amitié entre chrétiens et musulmans en Europe, amitié que Hafiz juge menacée par l’indifférence, la déshumanisation et la peur de l’autre ainsi que de l’avenir.
Lors d’un entretien d’une demi-heure, qui fait suite à leur précédente rencontre au Vatican il y a trois ans, Hafiz a remis au Saint-Père une lettre dans laquelle il soulignait la fragilité du lien fraternel entre les deux communautés. Dans ce courrier, il mettait en garde contre les dangers d’un éloignement progressif, qui affaiblit la cohésion spirituelle nécessaire pour relever les défis de notre temps.
Selon Hafiz ce projet d’une réunion à Paris s’inspire des rencontres d’Assise, initiées en 1986 par le Pape Jean-Paul II, qui rassemblaient des représentants des grandes traditions religieuses autour de saint François. Pour ce nouveau rendez-vous, Hafiz envisage de faire appel à saint Augustin, figure capable d’unir l’Orient et l’Occident, et n’exclut pas d’inviter également des représentants d’autres confessions, notamment des juifs.
Au cours de cet échange, le recteur a offert au Pape une traduction française du Coran, geste symbolique qui traduit son souhait d’un dialogue sincère et ouvert. Il a par ailleurs réitéré l’invitation à découvrir la Grande Mosquée de Paris, précisant que, dès leur première rencontre en 2022, le Pape avait déjà exprimé l’intention de la visiter en cas de déplacement à Paris.






