Alors que le Jubilé des familles bat son plein à Rome, dans un esprit de prière, de confession et de rencontre universelle, la présence des Associations Familiales Catholiques (AFC) de France ne passe pas inaperçue. À leur tête, Pascale Morinière, fraîchement réélue, poursuit un engagement sans faille en faveur des familles, quelles que soient leurs réalités, dans une société française qui ne cesse de se déstructurer.
Cette rencontre à Rome, au cœur même de l’Église, n’est pas un simple voyage symbolique. Elle invite les responsables familiaux français à élargir leur horizon. Trop souvent repliée sur elle-même, la France a besoin de se laisser interpeller par la voix de l’Église universelle. Rome rappelle à chacun qu’il n’est qu’un maillon dans la grande chaîne catholique mondiale. Et cela remet les pendules à l’heure. Comme le rappelait jadis le cardinal Ryłko, il faut parfois crier dans le désert pour que le silence ne devienne pas définitif. C’est ce que les AFC ont toujours fait : porter une parole forte, même minoritaire, contre les idéologies déshumanisantes.
Aujourd’hui, cette vigilance se poursuit face à un autre projet dangereux : l’aide à mourir. Pascale Morinière est très claire à ce sujet : cette loi, sous des airs d’autonomie et de liberté, est en vérité une loi faite pour les forts. Une loi idéologique, théorique, qui nie notre condition humaine profondément relationnelle et dépendante. Derrière cette idée de « ma vie m’appartient », se cache le risque d’une société où chacun vivrait replié sur soi-même, coupé de toute solidarité. On l’a vu lors des émeutes de 2023 : une société sans familles solides produit des jeunes sans repères, surtout paternels. Cela ne peut pas tenir debout.
C’est dans ce contexte que les AFC poursuivent leur mission. Si l’Église est un hôpital de campagne, alors les associations familiales en sont les brancardiers. Leur mission s’adresse à toutes les familles, unies, recomposées ou monoparentales. Les « chantiers éducation », par exemple, permettent à des parents seuls, souvent en grande détresse, de retrouver soutien et conseils. Les AFC ne font pas de tri, elles accueillent. On vient vers elles parce qu’elles proposent des services concrets, pas parce qu’elles imposent des règles. Ce n’est pas une question de donner des leçons, mais d’être là, tout simplement.
Cette attention portée aux plus fragiles s’étend aussi aux jeunes adultes. Depuis quelques années, les AFC travaillent à former les jeunes catholiques non seulement dans la foi, mais aussi sur les réalités de la vie sociale, l’anthropologie chrétienne et l’engagement dans le monde. Un parcours inspiré de la doctrine sociale de l’Église est en cours de mise en place. Et pour favoriser les rencontres, les AFC ont même lancé les « AFCélib’ », des week-ends conviviaux entre jeunes de 26 à 40 ans qui espèrent fonder une famille selon Dieu. Oui, même en 2025, il est encore possible de croire à l’amour véritable.
Quant aux personnes âgées, les AFC ne les oublient pas, même si elles ne proposent pas encore de colocation intergénérationnelle à grande échelle. Leur message est pourtant sans ambiguïté : la solitude des anciens doit nous interpeller. Un adulte sur six vit seul en France. Comment peut-on militer contre l’euthanasie si l’on abandonne ses propres grands-parents ? La famille, c’est aussi cela : prendre soin les uns des autres, y compris quand ce n’est ni pratique ni visible.
Enfin, on observe ces derniers mois un frémissement. Des voix politiques commencent à reparler de la famille. Certes, c’est souvent sous l’angle de la natalité ou de la démographie, mais c’est un début. Après des décennies centrées sur l’individu-roi, le « moi d’abord », le vent tourne, même légèrement. Les AFC, elles, n’ont jamais cessé de rappeler que sans familles solides, il ne peut y avoir ni société équilibrée, ni avenir pour la France.
Le Jubilé de Rome ne sera donc pas qu’une parenthèse spirituelle. Il est l’occasion, pour les AFC et leurs partenaires européens, de se redire que la famille, malgré toutes ses blessures, reste un trésor à défendre. Et que ce combat, loin d’être réactionnaire, est profondément humain et chrétien. Une œuvre de charité, de vérité et d’espérance.






