Le sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes est au cœur d’une décision prise par Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes. Les mosaïques ornant les portes latérales de la Basilique du Rosaire, réalisées par Marko Rupnik, ont été recouvertes, et celles des grandes portes centrales le seront également dans les jours à venir.
Cette décision intervient alors que Rupnik, ancien jésuite, fait l’objet d’une enquête pour abus psychologiques et sexuels sur plusieurs religieuses, un scandale qui secoue l’Église. Dans un communiqué publié le 31 mars sur le site du sanctuaire, l’évêque a expliqué que cette mesure vise à permettre à chacun d’accéder sereinement à la basilique, sans obstacle moral ou spirituel. « Passer les portes de la basilique doit être un moment porteur de sens et de paix », a-t-il déclaré.
Il s’agit d’une étape supplémentaire dans la gestion de cette situation, après une première décision prise en juillet dernier d’arrêter d’illuminer ces mosaïques lors des processions nocturnes. Un groupe de travail a été constitué afin d’accompagner l’évêque dans ses réflexions, avec une volonté affirmée de ne pas céder à la pression extérieure mais d’agir avec discernement pour les victimes et pour l’image de Lourdes.
Cette décision intervient alors que Lourdes, aux côtés de la cathédrale de Tarbes, a été désigné comme lieu de l’Année Sainte par Mgr Micas. C’est un moment de grâce particulier pour les fidèles, qui peuvent y obtenir l’indulgence plénière. L’évêque a donc jugé essentiel que l’entrée dans la basilique soit dépouillée de toute élément pouvant troubler cette expérience spirituelle.
Rupnik sous le coup d’un procès canonique
Marko Rupnik, aujourd’hui âgé de 70 ans, est accusé d’avoir abusé d’au moins vingt femmes sur une période de trente ans, au sein d’une communauté religieuse en Slovénie. En 2020, il avait fait l’objet d’une excommunication temporaire pour avoir absous une personne avec laquelle il aurait eu des relations inappropriées, avant d’être réintégré après une démarche de repentir.
Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi, dirigé par le cardinal Victor Manuel Fernandez, est actuellement en train de constituer un tribunal en vue du procès canonique de Rupnik. De son côté, la Compagnie de Jésus, à laquelle appartenait le prêtre slovène, a décidé de l’expulser en juin 2023, marquant une rupture définitive avec lui.






