Aujourd’hui, la France pleure la mort de son roi, Louis XVI, lieutenant du Christ sur terre, assassiné par la haine révolutionnaire. Mais dans ce chemin de Croix que fut la fin de la monarchie, il ne faut pas oublier celle qui fut son épouse, sa confidente et, in fine, sa compagne dans le martyre : Marie-Antoinette. Le Seigneur, dans ses voies impénétrables, a permis que cette Archiduchesse d’Autriche, souvent décrite à tort comme frivole, se révèle dans l’épreuve comme une figure d’une dignité et d’une piété héroïques. Il est temps de briser les idoles de la République et de nettoyer l’histoire des mensonges qui souillent encore la mémoire de cette Reine.
Il faut avant tout saluer la beauté de cette âme qui, face à l’adversité, s’est élevée bien au-dessus de ses bourreaux. Alors que la propagande républicaine, à travers des libelles infâmes, tentait de la peindre en « Autrichienne » dépravée, dilapidant le trésor et organisant des orgies, la vérité historique nous montre une mère dévouée et une souveraine consciente de ses devoirs. Le démon s’empare toujours de la faiblesse des hommes pour salir ce qui est pur. C’est ainsi que lors de son procès inique en octobre 1793, ne pouvant prouver les trahisons imaginaires, les accusateurs, pilotés par l’ignoble Hébert, ont osé l’accusation ultime, celle de l’inceste avec son propre fils, le petit Louis XVII.
Face à cette abomination, qui fit même briser de colère l’assiette de Robespierre lors d’un dîner tant la calomnie était grossière, la Reine a répondu avec la majesté des innocents. « Si je n’ai pas répondu, c’est que la nature elle-même se refuse à répondre à une telle accusation faite à une mère », lança-t-elle, prenant à témoin toutes les mères présentes. Ce n’était pas là la parole d’une coupable, mais le cri du cœur d’une femme dont on avait arraché les enfants pour les livrer à des geôliers athées chargés de leur laver le cerveau.
Ce qui est significatif dans ce calvaire, c’est la transformation spirituelle de Marie-Antoinette. Enfermée au Temple puis à la Conciergerie, surveillée jour et nuit, privée de toute intimité, elle a puisé sa force dans la Foi catholique véritable. Nous voyons là sa main, celle de la Providence qui soutient les justes. Ses cheveux, devenus blancs en une seule nuit lors de l’arrestation à Varennes, témoignaient de la douleur d’une mère, mais son refus de communier avec les prêtres constitutionnels, ces prêtres jureurs, traitres à Rome et soumis à la Révolution, prouve sa fidélité sans faille à l’Église. Jusqu’à l’échafaud, elle a refusé l’assistance spirituelle de ce clergé d’État, préférant s’en remettre à Dieu seul plutôt qu’à des apostats.
Elle accomplit son devoir de chrétienne, pardonner et demander pardon :
« Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée. […] Je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j’ai pu commettre depuis que j’existe. J’espère que, dans Sa bonté, Il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis longtemps, pour qu’Il veuille bien recevoir mon âme dans Sa miséricorde et Sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais et à vous ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j’aurais pu leur causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. »
Doit-on accuser cette femme d’avoir voulu sauver sa famille et son trône en appelant à l’aide ses frères souverains d’Europe ? Non, je ne pense pas que nous le devions. C’était son devoir de Reine de protéger le principe monarchique contre la barbarie qui s’annonçait, cette même barbarie qui allait ensanglanter la France et l’Europe pendant des décennies au nom des « Droits de l’Homme ».
Le 16 octobre 1793, vêtue de blanc, couleur du deuil des Reines mais aussi symbole de son innocence, les mains liées douloureusement dans le dos, elle fut traînée dans une charrette à ordures, contrairement au Roi qui eut droit à un carrosse. Mais cette humiliation voulue par les sans-culottes s’est retournée contre eux : elle est montée à l’échafaud avec un courage qui força le silence de la foule. Ses dernières paroles, demandant pardon au bourreau pour lui avoir marché sur le pied, résonnent comme l’ultime preuve de sa noblesse chrétienne, bien loin de la haine de ses juges.
Il faut en finir avec l’idolâtrie politique de la Révolution. Marie-Antoinette n’était pas la « louve » que décrivent les manuels scolaires de la République, mais une victime expiatoire, calomniée parce qu’elle incarnait la grâce, la tradition et la fidélité au droit divin. En ce 21 janvier, n’oublions pas de prier pour le repos de son âme, et de rétablir, face aux chrétiens de papier et aux historiens du système, la vérité sur celle qui fut, jusqu’au bout, Reine de France et mère exemplaire.





