La Conférence des évêques de France a invité l’archevêque de Toulouse, Mgr Guy de Kerimel, à reconsidérer sa décision de nommer chancelier diocésain un prêtre condamné en 2006 à cinq ans de prison pour le viol d’un garçon âgé de 16 ans.
Dans un communiqué publié le dimanche 10 août sur son site officiel, la CEF indique :
« Nous avons engagé un dialogue constructif avec Mgr Guy de Kerimel, archevêque de Toulouse, l’invitant à reconsidérer sa décision concernant la nomination du chancelier de son diocèse. ».
L’instance épiscopale souligne qu’« une nomination de cette importance, à la fois canonique et symbolique, ne peut que raviver des blessures, éveiller des soupçons et troubler le peuple de Dieu ».
Une nomination qui suscite de vives critiques
Le 1er septembre prochain, le père Dominique Spina devait prendre ses fonctions de chancelier et de délégué épiscopal pour les mariages, après une décision de Mgr de Kerimel prise au début du mois de juin. Mais cette nomination a provoqué une vague de réactions négatives, qui s’est amplifiée après la prise de position publique de la Conférence épiscopale.
Face aux critiques, l’archevêque a défendu sa décision dans une déclaration à l’Agence France-Presse, affirmant avoir « opté pour la miséricorde » envers le prêtre Spina. Mgr de Kerimel a rappelé que ce dernier avait purgé une peine de cinq ans de prison, dont un an avec sursis, pour des faits extrêmement graves remontant à 1993, et qu’« aucun reproche ne peut lui être adressé par les autorités de l’Église au cours des trente dernières années ».
L’engagement de l’Église sur le chemin de la vérité
Dans sa déclaration du 10 août, la Conférence des évêques de France a réaffirmé que « notre Église, depuis plusieurs années, s’est engagée courageusement sur le chemin de la vérité face à la douloureuse question des abus qui l’ont marquée ».
Elle a insisté sur l’importance de poursuivre ce travail dans toutes les dimensions de la vie ecclésiale : « Peu à peu, nous avons appris à voir ces événements du point de vue des personnes victimes, qui en subissent les conséquences toute leur vie ».
Le texte souligne que « ce changement de regard, l’écoute des angoisses et des souffrances, l’acceptation de leur invitation à marcher humblement avec elles sur un chemin de vérité, ont initié pour notre institution un long et exigeant travail de conversion, que nous sommes déterminés à poursuivre ».





