L’archevêque de Paris défend l’éducation catholique après le licenciement d’un directeur d’école pour violation de la laïcité en France. Dans une interview accordée à Radio Notre-Dame le 12 octobre, l’archevêque a déclaré que « nous devons être capables d’annoncer l’Évangile dans les écoles catholiques », ajoutant : « Il y a des gens qui veulent nous faire taire ».
Ses propos faisaient référence à l’affaire Christian Espeso, directeur d’une école catholique dans le sud de la France à Pau, qui a été suspendu pour avoir prétendument permis des pratiques religieuses en violation de la loi.
En France, les écoles catholiques représentent environ 17 % des élèves, et 95 % des établissements privés sont catholiques. Ces écoles fonctionnent sous un accord de 1959 avec l’État français, qui stipule qu’elles suivent le même programme que les écoles publiques et accueillent des enfants de toutes confessions et origines. En échange, l’État prend en charge les salaires des enseignants des écoles catholiques, qui sont soumis à des inspections par le Ministère de l’Éducation. Toutefois, ces établissements conservent leur identité catholique et peuvent offrir des cours de catéchisme, à condition qu’ils ne soient pas obligatoires.
Un statu quo troublé par un contrôle accru de l’État
Pendant près de quarante ans, un statu quo relativement paisible a prévalu concernant cette situation. Cependant, ces trois dernières années, le contrôle de l’État sur les écoles catholiques s’est durci. En janvier, un grand groupe de représentants du secteur de l’éducation publique a appelé le gouvernement, dans le quotidien national Le Monde, à mettre fin au financement public des écoles catholiques.
Le climat est devenu particulièrement tendu avec le début de la nouvelle année scolaire. Le 11 septembre, Christian Espeso, directeur d’un lycée catholique à Pau, a été révoqué par l’autorité éducative locale. Il a été accusé d’avoir « enfreint la laïcité », notamment en permettant des confessions durant les heures de cours, en retirant des livres jugés « inappropriés » et en organisant une conférence avec l’évêque local, à laquelle les élèves de terminale étaient contraints d’assister.
Le Lycée de l’Immaculée Conception, dont M. Espeso était le directeur, se classe premier de la région et quatrième en France.
Une réaction de la communauté catholique et des politiques
Dans un communiqué du 13 septembre, la Direction de l’Éducation catholique du diocèse de Bayonne a exprimé son indignation, qualifiant cette décision de « totalement disproportionnée au regard des faits » reprochés à Christian Espeso. L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Le sénateur Max Brisson, ancien inspecteur général du Ministère de l’Éducation, a dénoncé cette « attaque en règle contre l’éducation catholique dans son ensemble » et a critiqué l’autorité académique pour avoir cédé aux injonctions des syndicats idéologiques.
Le 19 septembre, Philippe Delorme, secrétaire général de l’éducation catholique, a également exprimé son inquiétude face aux « attaques et incohérences » à l’encontre des écoles catholiques. Il a déclaré que, bien que les contrôles de l’État soient légitimes et nécessaires, ils se traduisent par une suspicion d’illégalité, comme si l’on cherchait à le coincer.
Delorme a souligné que « plus nous avançons, moins nous avons l’impression d’être libres et considérés comme des partenaires associés ». Il a appelé à des contrôles justes, appropriés et proportionnés, affirmant que « l’école catholique part du principe que son projet éducatif n’est pas neutre. C’est le projet éducatif chrétien, basé sur l’Évangile, que les parents choisissent en inscrivant leurs enfants, qu’ils soient chrétiens ou non. »
Un défi face à un paysage religieux en mutation
Philippe Gaudin, directeur de l’Institut public d’études des religions et de la laïcité, a déclaré que la situation actuelle est sans précédent sur le plan religieux en France. Il a souligné que la pratique chrétienne est en forte baisse, tandis que la présence musulmane s’affirme de plus en plus. Cela pousse l’État à établir une politique publique pour gérer cette nouvelle dynamique.
L’adoption en 2021 d’une loi « anti-séparatisme », initiée par le président Emmanuel Macron, a accru le contrôle de l’État sur les institutions religieuses, visant à prévenir l’extrémisme. Cette loi a notamment conduit à la résiliation du contrat d’État du Lycée Averroès, la principale école musulmane de France, suspectée de complaisance envers l’islamisme.
Comme l’a observé Gaudin, « en raison des préoccupations concernant l’islam, tout le monde est soumis à des contraintes, y compris les écoles catholiques ». La grande attractivité des écoles catholiques suscite également des jalousies, beaucoup d’élèves, y compris des musulmans, souhaitant y être admis.
L’identité catholique face aux défis contemporains
L’archevêque Ulrich a rappelé que, dans le passé, l’Église avait un rôle crucial dans l’éducation en France.
« Au 19e siècle, lorsque l’Église a retrouvé une place dans la société française après la Révolution, elle a créé des écoles dans des lieux souffrant d’un manque d’éducation. Les prêtres de paroisse s’efforçaient non seulement d’enseigner le catéchisme, mais aussi d’assurer une éducation générale, avant que les écoles ne soient déclarées laïques, gratuites et obligatoires par la République. »
L’archevêque a insisté sur le fait que « ce n’est ni l’État ni la loi qui définit le ‘caractère propre’ des écoles catholiques, mais c’est à nous de le définir ». Il a affirmé qu’il ne s’agit pas de contraindre tout le monde à accueillir le message évangélique, mais que les élèves doivent pouvoir entendre une parole évangélique.
« Il doit également être possible, dans ces écoles, de constituer des petits groupes d’élèves chrétiens qui souhaitent vraiment cultiver leur foi chrétienne, pour des cours de catéchisme en dehors des heures de classe, mais néanmoins à des moments où les enfants sont encore à l’école. »
« Je ne dis pas que c’est facile, car il y a des pressions contre cela, » a conclu Mgr Ulrich. « Mais c’est ce qui doit être fait. »
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