Ce lundi 19 janvier a marqué l’ouverture du tant attendu procès de l’assassinat du père Olivier et couvert par Le Parisien, supérieur provincial des Montfortains, tué tragiquement dans la nuit du 8 au 9 août 2021. Dans le box, Emmanuel Abayisenga, l’homme au cœur de ce drame qui a secoué l’Église de France, offre le visage d’un homme absent, enfermé dans une logique qui échappe à la raison.
Vêtu d’un long imperméable rouge qui tranche avec la sobriété du tribunal, le ressortissant rwandais de 45 ans a immédiatement donné le ton de ces quatre jours d’audience : le silence. « Merci de respecter mon droit au silence, je n’ai pas besoin d’interprète ni d’avocat », a-t-il fait savoir par écrit. Une entrée en matière déconcertante pour celui qui risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Le parcours chaotique d’Emmanuel Abayisenga
Pour comprendre ce qui se joue lors de ce procès assassinat père Olivier, il faut remonter le fil d’une vie marquée par l’errance et le mensonge. Né au Rwanda en 1981, Emmanuel Abayisenga arrive en France en 2012. Si une bénévole se souvient d’un jeune homme ayant « échappé au génocide », la réalité semble plus complexe.
- Des mensonges sur son passé : Son propre oncle a démenti le récit tragique de l’accusé, affirmant que la famille n’avait pas été directement victime des massacres mais s’était réfugiée en zone humanitaire.
- Échecs administratifs : Débouté du droit d’asile à quatre reprises, il était sous le coup d’une OQTF depuis 2019.
- L’ombre de Nantes : Avant le drame de Vendée, il avait déjà été condamné en 2023 à quatre ans de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, un acte qui avait déjà stupéfié la communauté catholique.
Une obsession pathologique au cœur des débats
Ce qui frappe dans ce dossier, et qui sera central durant le procès de l’assassinat du père Olivier, c’est l’état psychiatrique de l’accusé. Les experts décrivent une dégradation franche de son humeur depuis une agression subie en 2018. Mais au-delà de la dépression, c’est une fixation corporelle qui semble avoir dicté ses actes.
« J’ai mon sexe qui a disparu »
L’homme est obsédé par sa sphère urinaire. Lors de son séjour chez les frères Montfortains à Saint-Laurent-sur-Sèvre, il ne supportait pas sa propre incontinence, refusant de vivre dans « une communauté de vieux qui portent des couches ». Cette fixation vire au délire. En garde à vue, il a justifié son acte par une hallucination paranoïaque : il était persuadé que le père Olivier Maire voulait le « castrer ».
Cette dimension psychiatrique pose une question redoutable à la justice : comment juger un homme muré dans ses délires somatiques ?
La charité chrétienne à l’épreuve du drame
Le témoignage d’une bénévole de 91 ans a bouleversé la cour. C’est elle qui, voulant aider celui qui était alors assigné à résidence après l’incendie de Nantes, l’a mis en relation avec la communauté des Montfortains. « Je me sens impliquée, je suis un peu responsable », a-t-elle lâché, émue aux larmes.
Ce procès est un douloureux examen de conscience d’une chaîne de solidarité. Le père Olivier Maire, connu pour sa bonté et son accueil inconditionnel, a payé de sa vie cet élan de charité évangélique.
En attendant le verdict
Alors que le verdict est attendu ce jeudi, la communauté catholique de Vendée et de France retient son souffle. La réclusion criminelle à perpétuité est encourue, mais l’absence de défense et le profil psychiatrique de l’accusé rendent l’issue incertaine.
L’analyse de Napo
Je sais que partout, sur les réseaux, des personnes en ont profité pour se moquer de l’Église catholique, ainsi que de ce prêtre qui a gardé jusqu’au bout le précepte chrétien : « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli… ». Certains disent que ce prêtre « l’a bien mérité », quel crime aux yeux du Seigneur que d’insulter l’acte miséricordieux d’un prêtre pour un étranger dans le besoin.
Ce qu’il faut bien comprendre ici encore, c’est que c’est une longue chaîne de solidarité, comme le témoigne une bénévole, et au final, elle demande à cette communauté si oui ou non c’est possible d’accueillir, ils n’allaient donc pas refuser d’offrir l’hospitalité à leur prochain, même si c’était un loup. Et il était bien un loup, mais à qui revient la faute ? À celui qui accueille comme le Seigneur le demande, ou à l’État qui n’applique jamais les OQTF et qui n’expulse pas ou ne condamne pas des délinquants ? Des fous qui sont également relâchés jour après jour dans nos rues sans le moindre suivi psychiatrique.
La faute incombe donc à l’État qui laisse le désordre et le chaos dans nos rues, dans nos églises et dans nos communautés plutôt que de faire appliquer la loi afin de préserver des vies. Il ne faut pas se peiner pour ce bon prêtre, même si c’est triste pour nous autres qui constatons cette violation de la charité, mais ce prêtre est auprès de son maître maintenant, aucun doute de son salut.





