Il fut un temps où les enfants apprenaient à admirer les grandes figures de l’histoire, où le courage, la foi et le sacrifice étaient célébrés comme des vertus. Aujourd’hui, hélas, même les saints ne sont plus à l’abri de la réécriture idéologique. La dernière victime en date ? Sainte Jeanne d’Arc, patronne de la France, modèle de pureté, d’audace et de fidélité au Christ et à sa patrie.
Dans un manuel scolaire britannique destiné aux jeunes élèves de 11 à 14 ans, on enseigne désormais que Jeanne d’Arc était « non-binaire ». L’ouvrage en question, intitulé Who We Are, présente une version édulcorée et idéologisée de la sainte de Domrémy, soutenant que certains la considèrent aujourd’hui comme appartenant à cette catégorie moderne. Pourquoi ? Parce qu’elle portait des vêtements masculins et s’était coupé les cheveux.
Une ignorance volontaire du contexte historique
Cette accusation est non seulement absurde, mais elle révèle une profonde ignorance, ou un mépris assumé, du contexte historique, spirituel et judiciaire de Jeanne. Elle portait l’armure pour aller au combat, non par rejet de son sexe, mais parce qu’il s’agissait d’une nécessité pratique dans une guerre dominée par les hommes. Ce port de vêtements dits « masculins » fut précisément l’un des prétextes utilisés par ses juges pour la condamner injustement pour hérésie, comme si le martyre ne suffisait pas, il faudrait maintenant la trahir une seconde fois.
Mais jamais Jeanne ne renia sa féminité. Elle se désignait elle-même comme « la Pucelle » la vierge, un terme qui, en plus de décrire sa chasteté offerte à Dieu, affirmait clairement son identité féminine. Elle se disait envoyée par Dieu et guidée par saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite, toutes figures du combat spirituel et de la fidélité chrétienne. Rien, absolument rien dans ses paroles ou dans ses actes, ne laisse entendre qu’elle aurait renié sa nature de femme.
Une insulte à toutes les femmes et à la vérité
Comme l’a si justement déclaré le professeur Robert Tombs de l’université de Cambridge :
« Jeanne d’Arc a combattu en tant que femme et est morte en tant que femme. L’appeler autrement est une insulte pour elle et indirectement pour toutes les femmes qui sont assez courageuses pour risquer leur vie pour leurs convictions – comme si les femmes étaient incapables d’héroïsme ».
L’insulter en l’instrumentalisant ainsi, c’est aussi insulter toutes les femmes fortes qui ont marqué l’histoire par leur héroïsme, leur foi, leur engagement. Doit-on désormais conclure que toute femme qui ne se conforme pas aux stéréotypes modernes serait, de fait, « non-binaire » ? Voilà une absurdité totale, fruit d’une idéologie confuse qui dissout l’humain dans des concepts artificiels et instables.
La réalité, c’est que Jeanne d’Arc ne correspond pas aux catégories actuelles parce qu’elle les dépasse. Elle n’était pas en rébellion contre son sexe, mais en obéissance à Dieu. Elle n’était pas « fluide« , mais enracinée dans la foi, animée par une mission claire : libérer la France et faire sacrer le roi légitime à Reims.
L’entreprise de déconstruction menée dans ces manuels scolaires ne s’arrête pas à Jeanne. Elle participe d’un projet plus large : celui d’effacer les repères, de brouiller la vérité historique et de substituer à la sagesse héritée des siècles une idéologie fondée sur le subjectivisme et l’émotion. On enseigne aux enfants à confondre identité personnelle et affirmation idéologique, au mépris de la cohérence historique, psychologique et spirituelle.
Une psychologue britannique a fort justement dénoncé cette démarche comme une tentative de faire passer des concepts flous et non fondés sur la réalité (comme le « non-binarisme ») pour des vérités historiques. Elle avertit également que ces enseignements peuvent induire de la confusion et de l’anxiété chez des enfants déjà fragilisés dans leur construction identitaire.
Il est urgent de redonner à Jeanne d’Arc sa dignité. Non celle que lui confère une quelconque « lecture inclusive« , mais celle que lui a reconnue l’Église en la canonisant en 1920. Elle n’a pas besoin qu’on la travestisse pour être actuelle : elle l’est déjà, car la sainteté est intemporelle. Elle demeure un modèle éclatant pour tous, et plus encore pour les jeunes filles appelées à découvrir que la vraie grandeur ne réside pas dans la confusion des genres, mais dans le don total de soi à une cause juste, à un idéal supérieur, à Dieu.
Jeanne n’est pas une icône queer. Elle est une sainte. Elle n’est pas un prétexte pour justifier les délires du présent. Elle est un phare de vérité dans une époque qui s’y dérobe.






