Dans l’océan de mensonges historiques que les ennemis de l’Église aiment entretenir, la prétendue « Papesse Jeanne » figure au panthéon des plus absurdes. Cette vieille fable, colportée sans preuve et régulièrement exhumée par les anticléricaux, est un pur produit de la haine contre l’Église catholique. Ce n’est ni plus ni moins qu’un mythe, forgé, cousu de bric et de broc, et totalement réfuté par l’étude sérieuse des sources.
Dès le XVIIe siècle, des érudits aussi bien catholiques que protestants ont mis à mort cette affabulation grotesque. Des noms reconnus comme Charnier, Dumoulin, Bochart, Basnage, Blondel ou encore Bayle – pourtant peu suspects de sympathie excessive envers la papauté – ont eux-mêmes reconnu l’inanité de cette légende. Le débat entre catholiques et protestants, à cette époque, fut décisif : les recherches scrupuleuses des deux camps ont conclu unanimement à l’inexistence historique de cette prétendue femme pape.
L’Église, fondée non par des hommes mais par Jésus-Christ Lui-même, n’a jamais été souillée par une prétendue papesse. L’Église repose sur des promesses divines, notamment celle du Christ :
« Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde ».
Elle subsiste au-delà des fautes de certains hommes et au-delà des calomnies des siècles. La légende de la Papesse Jeanne n’est qu’une arme fabriquée contre la crédibilité de l’Église, instrumentalisée surtout à partir du moment où le protestantisme cherchait à délégitimer la succession apostolique romaine. Avant cela, cette légende dormait paisiblement dans quelques marges douteuses de manuscrits.
Une falsification tardive dans les manuscrits
Les partisans de cette fable aiment citer Anastase le Bibliothécaire, comme s’il avait attesté de l’existence d’une femme ayant siégé sur le trône de saint Pierre entre Léon IV et Benoît III, soit entre 855 et 858. Or, c’est précisément là que le mensonge se dévoile : Anastase, auteur contemporain des faits supposés, ne dit absolument rien de cette prétendue papesse. Au contraire, tous les documents sérieux qu’on lui attribue contredisent directement la légende.
L’historien protestant Isaac de Sarrau, après avoir examiné un manuscrit d’Anastase conservé à la Bibliothèque du Roi, confirme que le récit de l’élection de Benoît III suit immédiatement la mort de Léon IV, sans le moindre interstice pour insérer une papesse. Les formules « mox » et « illico » montrent une transition directe, sans interruption. Si l’on avait inséré une femme pape entre les deux pontificats, ces mots n’auraient aucun sens.
Blondel, autre savant protestant, a démontré que le passage mentionnant la Papesse était en réalité un rajout tardif, identifiable par des différences d’écriture, de style, et même d’encre. Ce texte avait été cousu dans un manuscrit d’Anastase… mais contenait en réalité les mots mêmes de Martinus Polonus, chroniqueur du XIIIe siècle, connu pour son goût des histoires douteuses. Cet homme vivait quatre siècles après les événements prétendus ! C’est dire la solidité de la “source”.
Un mythe rafistolé… et réfuté
L’ironie est que cette légende, si souvent brandie contre l’Église, a été détruite par des protestants eux-mêmes ! Sarrau, Blondel, Bayle, Bochart, Burnet… tous, après avoir examiné les manuscrits, les chroniques, les sources, en sont venus à la même conclusion : c’est un tissu de mensonges, un ajout tardif, une pièce rapportée, sans valeur historique.
La tentative des jésuites de Mayence, en 1601, de publier un manuscrit contenant cette mention s’est soldée par un scandale. L’un des collaborateurs, Marquard Freher, protesta publiquement : les jésuites avaient censuré une partie du manuscrit, gardé pour eux les copies incriminées, et trahi l’accord. Ce qui devait être une contribution à la vérité s’est transformé en manipulation éditoriale.
Bayle, avec son ironie mordante, fait une comparaison limpide : si l’on prétendait qu’un empereur mort fut remplacé par son successeur, puis qu’un autre le remplaça, pour qu’on revienne ensuite au premier… on rirait d’un tel récit. C’est pourtant ce que la légende de la papesse nous demanderait de croire. C’est absurde.
Une fable anticatholique pour les crédules
Les ennemis de l’Église n’en finissent pas de ressortir ce vieux conte poussiéreux, espérant faire douter les simples, exciter les curieux, ou scandaliser les faibles. Mais qu’ils sachent une chose : la vérité a été dite, prouvée, démontrée.
La papesse Jeanne n’a jamais existé. Elle est le fruit de l’ignorance, de la malveillance, ou du sensationnalisme. Ni les chroniques authentiques, ni les manuscrits fiables, ni l’histoire sérieuse ne la mentionnent. Elle n’est qu’un monstre né de la haine contre l’Église.
Source : Erreurs et mensonges historiques Tome 1 – Charles Barthelemy





