C’est une étape lourde de conséquences qui vient d’être franchie au Royaume-Uni, avec l’adoption en première lecture d’un projet de loi légalisant le suicide assisté. Pour Mgr John Sherrington, archevêque de Liverpool et responsable des questions de vie pour les évêques d’Angleterre et du pays de Galles, cette décision marque un véritable tournant dans l’effacement de la dignité humaine. « On a franchi un seuil décisif », confie-t-il, visiblement attristé, dans une entrevue accordée à EWTN News.
Mgr Sherrington ne mâche pas ses mots : il voit dans ce vote « une division profonde du pays », mais surtout, une trahison envers les plus vulnérables, notamment les personnes handicapées et les malades en fin de vie. « On prétend garantir la liberté de conscience aux médecins, mais qu’en est-il des aides-soignants, des infirmiers, des travailleurs sociaux ? Eux n’auront peut-être pas ce choix. »
L’archevêque rappelle que cette loi, si elle passe, n’épargnera personne dans le système de soin. Même ceux qui ne seront pas directement responsables de l’acte pourront se retrouver contraints d’y collaborer d’une manière ou d’une autre. Et cela, dit-il, est une menace directe pour les professionnels de santé et les institutions catholiques, notamment les hospices et maisons de soin qui risquent de devoir fermer s’ils refusent d’adhérer à cette logique de mort.
Le projet de loi prévoit que seuls les patients majeurs, reconnus comme atteints d’une maladie incurable avec moins de six mois à vivre, pourront demander à se suicider avec l’aide d’un médecin. La procédure nécessiterait l’accord de deux docteurs ainsi que d’un comité composé d’un travailleur social, d’un ancien juge et d’un psychiatre. Le patient, enfin, devra s’administrer lui-même le produit létal. Mais comme toujours avec ces lois dites « encadrées », on sait très bien où elles commencent, jamais où elles s’arrêtent.
Le gouvernement britannique, dans son étude d’impact, estime que quelques centaines de personnes recourront à cette mesure dans les premières années. Mais ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 4 000 cas par an au bout de dix ans. Et pendant ce temps, les sondages — comme celui de YouGov publié la semaine dernière — affirment que 70 % des Britanniques soutiendraient l’initiative, preuve d’un endoctrinement progressif et d’une perte du sens chrétien de la vie.
À ce sujet, le cardinal Vincent Nichols, archevêque de Westminster, s’est également exprimé, soulignant lui aussi les risques pour les établissements catholiques, mais surtout pour l’âme collective d’un pays qui oublie que « la vie est un don, et non un fardeau à gérer ».
Face à ce glissement de terrain moral, Mgr Sherrington appelle les fidèles à ne pas rester silencieux. Il invite chacun à écrire à son député pour s’opposer à cette législation, mais aussi, et surtout, à témoigner de la véritable dignité de la fin de vie. « La souffrance fait partie de la vie, mais elle peut être soulagée. Ce que les gens attendent, plus que la mort, c’est l’amour, la présence, les sacrements, la prière, l’accompagnement. Et cela, l’Église sait le donner. »
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