« Je n’ai pas quitté l’Église d’Angleterre, c’est elle qui m’a quitté. » Ces mots forts sont signés du Dr Gavin Ashenden, ancien aumônier de la reine Élisabeth II, qui a quitté l’anglicanisme en 2019 pour rejoindre l’Église catholique. Et son témoignage est aussi bouleversant qu’accusateur. Selon lui, l’anglicanisme s’est vidé de sa substance, et l’Église d’Angleterre n’est plus qu’une coquille creuse, en train de s’effondrer sous le poids de son apostasie.
Dans un entretien accordé à EWTN lors de la célébration d’une messe catholique dans la cathédrale de Canterbury – autrefois symbole de la Réforme anglaise – Gavin Ashenden a dressé un constat glaçant : la moyenne d’âge dans les paroisses anglicanes dépasse les 70 ans, la jeunesse ne vient plus, et les églises paroissiales sont quasiment à l’agonie. « D’un point de vue démographique, ça va simplement s’évaporer », déclare-t-il.
La structure externe tient encore debout, grâce à des investissements colossaux de 6 milliards de livres sterling et des bâtiments patrimoniaux, mais le cœur spirituel est mort. Il restera quelques couronnements et des funérailles royales pour faire illusion, mais l’âme du christianisme s’est éteinte dans l’anglicanisme contemporain.
Le tournant pour Ashenden fut en 2017, lorsqu’il protesta publiquement contre un événement choquant : à la cathédrale Saint-Mary de Glasgow, lors de la fête de l’Épiphanie, des versets du Coran niant la divinité du Christ furent récités dans l’église. Un blasphème public et volontaire que la hiérarchie anglicane ne condamna pas.
Ce silence, cette complaisance avec l’erreur, a poussé l’aumônier royal à défendre la foi publiquement – mais cela lui coûta son poste. Le Lord Chamberlain du Royaume-Uni lui fit comprendre que ses déclarations ne convenaient pas à sa fonction, car elles donnaient l’impression que la Reine elle-même partageait ses vues, ce qui était – selon lui – « problématique ».
Devant ce chantage à peine voilé, Ashenden préféra démissionner plutôt que trahir sa conscience.
Devenu catholique en 2019, Ashenden explique que cette conversion fut à la fois simple et douloureuse. Cela faisait dix ans qu’il s’éloignait peu à peu de l’anglicanisme libéral pour embrasser une vision plus cohérente, plus fidèle, plus profondément enracinée : celle de la foi catholique.
« Je devenais de plus en plus catholique, philosophiquement, spirituellement, théologiquement. Et mes amis anglicans, eux, s’éloignaient toujours plus dans une direction que je ne pouvais pas suivre », confie-t-il.
Il tenta pourtant de les alerter. Il leur disait :
« Vous êtes en train de vendre la foi. Vous changez la nature même du christianisme. »
Mais ses avertissements restèrent lettre morte. L’Église d’Angleterre préféra suivre les sirènes du libéralisme moral et doctrinal, au lieu de revenir au Christ.
Son chemin fut marqué par de lourdes pertes : exclusion des cercles mondains, isolement social, ruptures humaines. Mais aussi par une expérience mystique bouleversante, qu’il vécut dans les années 1990, lors d’une prière de minuit dans un monastère.
Ce jour-là, alors qu’il criait à Dieu au milieu de sa propre souffrance, il eut une vision de Jésus crucifié. En l’espace de quelques secondes, il ressentit dans son corps et son âme une part infime de l’agonie du Christ. Ce moment, dit-il, a transformé à jamais sa manière de regarder la croix.
« J’ai compris que Dieu m’aimait réellement, au point de souffrir bien plus que ce que je pourrais jamais endurer. Cela a donné un sens à ma vie que je ne pourrais jamais perdre. »
À cette décomposition intérieure vient s’ajouter une perte de confiance généralisée. Après plusieurs scandales d’abus couverts par la hiérarchie anglicane, un sondage YouGov révèle que 50 % des Britanniques souhaitent mettre fin au statut officiel de l’Église d’Angleterre. Seuls 23 % veulent le conserver. Le siège de l’archevêque de Canterbury est d’ailleurs vacant depuis le départ de Justin Welby, accusé de n’avoir pas signalé un cas grave d’abus dans un camp chrétien.
Même dans le monde anglican global, le malaise est profond. En 2023, la Communion des Églises anglicanes du Sud global (GSFA) a rejeté publiquement la direction de Welby, après que l’Église d’Angleterre a voté pour bénir les unions homosexuelles. Une rupture grave, qui montre que même les branches les plus conservatrices du monde anglican ne reconnaissent plus l’autorité spirituelle de l’Église mère.
Aujourd’hui, Gavin Ashenden est éditeur associé du Catholic Herald, et il continue de témoigner, sans crainte, de son retour à la vérité catholique. Son itinéraire rappelle que la fidélité à la foi n’est jamais sans prix, mais que cette fidélité conduit aussi à la lumière.
Il est l’un des nombreux convertis qui ont compris que la vérité ne peut se diluer pour plaire au monde, et que seule l’Église catholique – malgré ses crises – garde encore intact le dépôt de la foi, les sacrements, la Tradition et l’espérance.
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