Hier 25 avril 2025, Saint-Pierre-de-Rome s’est fait le témoin d’un hommage sans précédent au pape François : plus de 128 000 fidèles ont patienté, parfois jusqu’à l’aube, pour déposer un dernier regard sur le pontife disparu. La basilique, laissée entrouverte jusqu’à 2 h 30 du matin, a rouvert ses portes dès 5 h 40, laissant affluer un flot continu de pèlerins désireux de rendre hommage à celui qui avait ouvert, dès 2015, la Porte Sainte du Jubilé, année consacrée à l’espérance.
Dès l’aube, des files silencieuses se sont formées sur la place : des personnes âgées aidées de leurs bâtons, des enfants perchés sur les épaules de leurs parents, des religieuses venues d’Amérique latine, de jeunes pèlerins au sac poussiéreux et drapés de petites bannières. Tous avançaient d’un pas recueilli, crucifix et chapelets en main, certains coiffés de chapeaux de paille pour se protéger du soleil, d’autres muets, l’émotion dictant silence et prière. Parmi eux, de nombreux touristes, incrédules d’assister à cet instant d’histoire.
Volontaires de la Protection civile et policiers municipaux veillaient au bon déroulement des files, offrant eau fraîche et conseils, tandis que chacun progressait ordonnancé jusqu’aux marches du temple saint. Selon le bulletin du Vatican, la mobilisation a été particulièrement forte chez les jeunes, nombreux à participer au Jubilé des Adolescents, dont la programmation se poursuit jusqu’à dimanche.
Hier soir à 20 h, le rite de fermeture du cercueil s’est déroulé en privé sous la présidence du cardinal camérier Kevin Farrell. À ses côtés figuraient le cardinal Giovanni Battista Re – doyen du Collège cardinalice et futur président de la messe funéraire, Roger Mahony pour l’ordre des prêtres, le protodiacre Dominique Mamberti et l’archiprêtre Mauro Gambetti, ainsi que de hauts dignitaires : Pietro Parolin, Baldassare Reina, Konrad Krajewski, Edgar Peña Parra, Ilson de Jesús Montanari, Mgr Leonardo Sapienza, les chanoines du Chapitre, les officiers des pénitenceries et le maître des célébrations pontificales, Mgr Diego Ravelli.
Aujourd’hui, 26 avril, à 10 h précises, ce même cardinal Re a présidé devant la basilique la messe des funérailles, où 130 délégations du monde entier sont attendues.
Le rituel d’hier soir a commencé par la lecture du « rogito », élégie latine retraçant les principaux actes papaux, avant que le maître des célébrations n’étende un voile de soie blanche sur le visage du défunt, aspergé d’eau bénite. Une bourse recelant les monnaies et médailles frappées durant son pontificat, les insignes de son autorité, palios de Buenos Aires et de Rome et le tube scellé du « rogito » accompagneront le corps.
Le cercueil de zinc a reçu sa plaque mentionnant « Francisco », ses dates de vie (1936–2025) et de ministère (2013–2025), ainsi que la croix et les armoiries, avant d’être soudé et estampillé du sceau du camérier, de la Préfecture de la Maison pontificale, du Dicastère pour les célébrations liturgiques et du Chapitre ; l’enveloppe extérieure en bois, elle aussi close, portera croix et blason. Fidèle à son vœu de simplification, le pape François avait renoncé aux trois cercueils traditionnels de cyprès, plomb et chêne, préférant ce geste sobre qui reflète l’esprit de pauvreté évangélique qu’il a toujours prôné.






