L’intervention militaire américaine réussie au Venezuela, ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro, a ravivé le débat sur la légitimité d’une telle action au regard des principes catholiques de la doctrine de la guerre juste. Si l’administration Trump a invoqué plusieurs raisons, dont la lutte contre le trafic de drogue et la défense des intérêts américains, les experts catholiques soulèvent de sérieuses réserves quant à la conformité de cette opération avec les exigences morales et éthiques de l’Église.
Qu’est-ce que la Doctrine de la Guerre Juste ?
La doctrine de la guerre juste est un ensemble de principes moraux qui encadrent le recours à la force militaire. Élaborée depuis Saint Augustin, systématisée par Saint Thomas d’Aquin et réaffirmée par le Concile Vatican II et le Catéchisme de l’Église Catholique, elle considère la guerre comme un ultime recours pour la légitime défense d’une société.
Les critères se divisent en deux catégories : la justice de l’entrée en guerre et la justice des actes durant la guerre. Le critère primordial est celui de la « cause juste », c’est-à-dire une agression jugée comme corrigeant une injustice grave et avérée.
Les arguments de Trump et l’analyse catholique
Le président Trump a justifié le retrait de Maduro en citant son implication dans le trafic de drogue et le narco-terrorisme, la saisie d’actifs pétroliers américains, et la nécessité d’affirmer la dominance des États-Unis dans la région, invoquant la Doctrine Monroe. L’ancien procureur général Bill Barr a même argué que cette opération pouvait être justifiée par la doctrine de la guerre juste, présentant le régime de Maduro comme une menace directe pour les États-Unis.
Cependant, l’analyse des universitaires catholiques met en lumière de nombreuses lacunes. Greg Reichberg, professeur à l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo et membre de l’Académie pontificale des sciences du Vatican, estime que l’intervention ne répond pas au critère de « cause juste ».
- Trafic de drogue : Reichberg juge que l’argument de la protection des États-Unis contre le trafic de drogue « ressemble à un prétexte », Maduro étant responsable d’une part relativement faible du commerce mondial de la drogue.
- Actifs pétroliers : L’idée qu’une guerre puisse être justifiée pour récupérer des biens prétendument volés n’est plus considérée comme une justification morale valide aujourd’hui, car d’autres recours existent, comme la Cour Internationale de Justice.
- Réalisme politique contre éthique : Pour Reichberg, l’administration a présenté l’argument de l’intervention en termes de « réalisme politique » plutôt qu’en termes éthiques, ce qui est incompatible avec la doctrine de la guerre juste.
Edward Feser, professeur de philosophie à Pasadena City College, renchérit en affirmant que la rhétorique passée de l’administration, axée sur les relations de pouvoir, a sapé sa crédibilité en matière de justice de la guerre. Daniel Philpott, de l’Université de Notre Dame, concède les violations des droits de l’homme par le régime de Maduro, mais souligne que ces injustices n’atteignaient pas le niveau requis pour justifier le renversement d’un dirigeant étranger selon la doctrine catholique. Il faudrait, selon lui, des situations d’ampleur telles que la famine de masse ou une guerre civile à grande échelle.
Le principe de souveraineté et ses exceptions
Un élément central de la doctrine de la guerre juste est le respect de la souveraineté des nations. Daniel Philpott rappelle que la souveraineté est la norme la plus fondamentale du système des Nations Unies et que l’éthique catholique de la guerre juste accorde un grand respect à l’indépendance des États. La justification première de la guerre est l’autodéfense, la protection de la souveraineté d’un État.
Cependant, la souveraineté n’est pas absolue selon l’enseignement de l’Église. Elle est conditionnelle au respect de la justice, fondée sur la dignité humaine. Des exceptions ont été faites historiquement :
- Le Pape Innocent X a condamné la Paix de Westphalie en 1648. (Et il avait raison, nous avons vu suite à ça la déchristianisation des rois et la protestantisation de l’Europe.)
- Le Pape Benoît XVI a soutenu en 2008 la « Responsabilité de Protéger », un principe des Nations Unies appelant à l’intervention dans les pays où des souffrances humaines à grande échelle se produisent, à condition que cette intervention ait l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU.
Dans le cas du Venezuela, les abus de Maduro, bien que réels, n’ont pas atteint le seuil d’injustice justifiant une violation de la souveraineté du pays selon la doctrine de la guerre juste. L’ancien procureur général Barr a une vision différente, arguant que le régime a annulé les résultats d’élections libres et manquait de légitimité populaire.
L’analyse de Napo
J’ai déjà fait une vidéo récemment sur ce scandale international, nous savons tous que Trump n’a pas fait ça pour empêcher le marché noir des drogues dures, étant donné que le Venezuela, c’était seulement 3 % de la coke importée aux USA. Et Trump pourrait déjà commencer par nettoyer son pays, ses rues, ses cartels et ses gangs avant de vouloir jouer la police du continent américain. Il veut protéger l’empire américain et le pétrodollar. Ce n’est pas une première pour l’Oncle Sam, il a déjà tué d’autres dirigeants.
Comme les experts l’ont dit, l’excuse du pétrole volé est irrecevable. Lorsque nous investissons dans un pays, dans ses industries, nous pouvons aussi nous attendre à une nationalisation de ces dernières, ce qui signifiera toujours, à la fin, une perte financière. Mais pendant ce temps-là, les investisseurs s’enrichissent grâce au marché ouvert. Donc le pétrole, même s’il peut être raffiné grâce au savoir américain car il était lourd, ne rend pas l’Amérique propriétaire, car elle y a investi volontairement.
Nous savons aussi que les banquiers mondialistes, dont Nat Rothschild, ont félicité Trump. Ils n’avaient pas accès à la banque centrale vénézuélienne jusqu’à maintenant. C’est désormais la porte ouverte à la main de Wall Street sur ce pays, ce qui entraînera aussi avec lui les lois morbides et anti-lois naturelles qui suivront, comme dans tous les pays trempés dans le libéralisme et le mondialisme. Le Venezuela était jusque-là préservé, même sous son président communisto-socialiste.
Courage à nos frères vénézuéliens : ils savent ce qu’ils ont perdu, mais pas encore ce qu’ils ont gagné. Pour répondre à la question, non, le protestant évangélique Trump et sa clique ne peuvent pas se prévaloir de la guerre juste. C’est une attaque qui aurait dû être condamnée par le monde entier.






