L’Église en Italie a récemment été contrainte d’intervenir face à un phénomène préoccupant : la prolifération de reliques prétendues de Carlo Acutis mises en vente sur Internet. Une enquête a été ouverte par le parquet de Pérouse, à la suite d’une plainte déposée par Mgr Domenico Sorrentino, évêque d’Assise-Nocera Umbra-Gualdo Tadino.
La décision du prélat fait suite à la découverte d’enchères en ligne où des objets présentés comme appartenant à Carlo Acutis – notamment une mèche de cheveux – étaient proposés à des prix exorbitants, allant jusqu’à 2 000 euros pour ce qui serait une relique de première classe. Dans un message publié sur le site du diocèse, Mgr Sorrentino a dénoncé une pratique « inacceptable », affirmant que cette marchandisation constitue non seulement une offense à la foi, mais pourrait aussi relever d’une fraude pure et simple. « Nous ne savons pas si ces reliques sont authentiques ou non. Mais si tout est inventé, il s’agit alors non seulement d’une tromperie, mais aussi d’une profanation », a-t-il déclaré, ajoutant avec gravité :
« Je crains que Satan y ait mis la main. »
La vente de reliques sacrées est fermement proscrite par le droit canonique, qui emploie pour cela l’expression la plus forte : nefas est — « c’est absolument interdit ». Si certaines peuvent être données gratuitement, notamment les reliques de troisième classe, celles de première ou deuxième classe ne peuvent être cédées sans autorisation expresse du Saint-Siège.

Carlo Acutis, jeune italien d’origine anglaise décédé en 2006, suscite un grand engouement spirituel depuis sa mort. Il sera prochainement canonisé, devenant ainsi le premier saint issu de la génération des « milléniaux ». La messe de canonisation est prévue pour le dimanche 27 avril 2025 à 10h30, place Saint-Pierre à Rome, après que le pape François a officiellement approuvé sa cause lors du consistoire du 1er juillet 2024.
Né à Londres, Carlo a grandi à Milan, sans avoir reçu initialement une éducation religieuse. Pourtant, très jeune, il manifeste une attirance profonde pour Dieu : il supplie ses parents de l’emmener à la messe, devient catéchiste à l’âge de 12 ans, et conduit même sa propre mère ainsi que la gouvernante familiale à la conversion. Passionné d’informatique mais maître de lui-même, il s’imposait une discipline rigoureuse, limitant son temps de jeu vidéo à une heure par semaine. Doué en programmation, il avait créé un site internet recensant les miracles eucharistiques reconnus à travers le monde ainsi que les apparitions mariales approuvées par l’Église.
Emporté brutalement par une leucémie fulgurante le 12 octobre 2006, Carlo est aujourd’hui vénéré par des milliers de fidèles. Son tombeau, situé dans le sanctuaire de la Spoliation à Assise, ne cesse d’attirer les pèlerins venus du monde entier.
C’est précisément cet enthousiasme populaire, sans doute sincère mais parfois mal orienté, que certains cherchent à exploiter. Un vendeur américain, identifié sous le nom de Jason, propose sur une plateforme bien connue des objets présentés comme des reliques de Carlo : morceaux de tissu prétendument portés par lui, bouts de papier contenant soi-disant son écriture, voire une mèche de cheveux — le tout accompagné de « certificats » et de promesses d’authenticité, pour des prix allant jusqu’à 150 €, avec parfois même une réduction.
Devant cette profanation mêlée à l’appât du gain, l’Église rappelle fermement que la vénération des saints ne peut en aucun cas être mêlée aux affaires de l’argent, encore moins au mensonge. Le commerce des choses saintes, loin d’élever l’âme, ne fait que la corrompre. C’est pourquoi l’intervention des autorités civiles, à la demande de l’évêque, apparaît aujourd’hui comme une réponse nécessaire à une dérive qui blesse la foi et salit la mémoire d’un jeune serviteur de Dieu.
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