Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a réagi avec une rare gravité à la situation actuelle dans la bande de Gaza. Dans une intervention télévisée accordée à TG2 Post, émission italienne de la RAI, il a dénoncé une guerre devenue, selon ses mots, « sans limites », et a particulièrement exigé des explications claires sur l’attaque récente contre l’église catholique de la Sainte-Famille à Gaza, qui a causé la mort de trois personnes et fait dix blessés, dont le curé, le père Gabriel Romanelli (de l’Institut du Verbe Incarné).
Pour le cardinal Parolin, il ne s’agit pas d’un simple incident :
« On ne peut pas ne pas expliquer au Saint-Père ce qui s’est passé, surtout lorsqu’une attaque frappe directement un lieu saint chrétien. »
Cette déclaration fait suite à l’appel téléphonique que Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a passé au Pape Léon XIV, quelques heures après le drame. Le cardinal juge ce geste diplomatique positif en soi, mais estime que trois conditions doivent désormais suivre cette prise de contact :
- Une enquête réelle et transparente sur les événements, au-delà de la simple affirmation d’une « erreur ».
- La publication des résultats de cette enquête, dans les plus brefs délais.
- Le passage aux actes, car les paroles, dit-il, ont été entendues ; ce sont désormais les faits qui comptent.
Dans un ton ferme et douloureux, le cardinal déplore l’absence totale de proportionnalité dans les attaques :
« Comment peut-on justifier de détruire et de faire mourir de faim toute une population comme celle de Gaza ? »
Pour lui, la situation a franchi de nombreux seuils de gravité, au point de rendre la paix pratiquement inatteignable si l’on continue à frapper ceux qui incarnent la modération, à savoir les chrétiens locaux, souvent artisans de paix entre Palestiniens et Israéliens. Il pose ainsi une question brûlante :
« L’attaque était-elle vraiment une erreur, ou cherchait-on sciemment à éliminer un symbole chrétien ? »
Le Saint-Siège, affirme Parolin, reste toujours disposé à jouer un rôle de médiation. Mais il rappelle une vérité de base :
« Il n’y a médiation que si les deux parties l’acceptent. »
Or, cette condition est rarement remplie aujourd’hui. Sans cette volonté mutuelle de paix, même les propositions de Rome ne peuvent aller bien loin. Il note d’ailleurs que nombre de tentatives de médiation en dehors du Vatican ont échoué, signe que ce n’est pas une question de bonne volonté de l’Église, mais de refus politique de faire la paix.
Interrogé enfin sur les propos récents de Netanyahu évoquant une trêve possible, le cardinal Parolin se montre prudent, voire sceptique : « J’aimerais y croire », dit-il. Mais il confesse qu’à ce stade, la volonté de mettre fin à la guerre semble encore bien faible.





