La situation des chrétiens au Nigeria devient chaque jour plus insoutenable. L’indifférence du monde occidental, le silence complice du gouvernement nigérian, et la violence grandissante des groupes islamistes plongent le pays dans un climat de persécution religieuse intolérable. Le sang coule, les églises brûlent, et les enfants de Dieu tombent dans l’oubli, tandis que les responsables politiques ferment les yeux.
Le dernier massacre en date s’est déroulé dans le village d’Aondona, au cœur du Nigeria. Plus de 150 bergers musulmans appartenant à la tribu Fulani ont attaqué la population, tuant sauvagement une cinquantaine de personnes. Le Père Humphrey Boyo, curé de la paroisse Saint Patrick à Taraku, a décrit avec douleur les événements :
« Beaucoup ont perdu la vie entre les mains de ces hommes mauvais. Il s’agit d’une guerre religieuse, d’une véritable campagne pour effacer le christianisme de cette terre. »
Ce n’est pas une simple querelle de territoires ou de clans, c’est une haine ciblée, nourrie et encouragée contre ceux qui suivent le Christ.
Les agresseurs ne sont pas des isolés. Derrière eux, opèrent des milices islamistes bien organisées : Boko Haram, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), et les Fulani, tous engagés dans une guerre contre l’Église, dans le silence assourdissant des puissances occidentales, qui détournent les yeux comme si ces âmes chrétiennes ne valaient rien.
Face à cette violence constante et au manque de réaction des autorités, l’un des responsables ecclésiastiques, le Père Moses Aondover Iorapuu, vicaire général pastoral et directeur de la communication du diocèse de Makurdi, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, si les choses continuent ainsi, les chrétiens devront en venir à prendre les armes, non pas par vengeance, mais par nécessité, pour défendre leurs familles et leur foi. Une déclaration forte, mais à la hauteur du désespoir qui règne sur place.
Le Père Iorapuu dénonce aussi l’attitude du gouvernement nigérian, accusé de passivité, voire de complicité. Rien n’est fait pour stopper les massacres, et les forces de sécurité brillent par leur absence. Ce n’est plus une négligence, c’est une trahison.
La Conférence des chrétiens du Nigeria (Christian Association of Nigeria) a réagi avec douleur et fermeté :
« Chaque vie arrachée est une blessure à notre nation. Cette spirale de violence alimente la haine et creuse des plaies qui mettront des générations à cicatriser. »
Mais les condamnations verbales ne suffisent plus. Ce peuple martyr attend des actes, des gestes concrets de protection et de justice.
Pendant ce temps, l’évêque de Makurdi, Mgr Wilfred Chikpa Anagbe, appelle à la prière pour le Père Solomon Atongo, gravement blessé par balles le 24 mai sur une route tristement surnommée « le chemin le plus court vers l’enfer ». Une route où l’on meurt pour un chapelet, pour une croix, pour une messe.
Rome, de son côté, ne reste pas indifférente. Le nouveau pape Léon XIV a déjà fait savoir que le drame nigérian constitue une des préoccupations majeures de son pontificat. Il suit avec douleur et attention ce martyre à ciel ouvert, et appelle les fidèles à s’unir dans la prière et le soutien concret aux chrétiens nigérians.
Ce que vit le Nigeria aujourd’hui, c’est ce que l’Église a connu depuis ses origines : la croix, la persécution, le sang des martyrs. Mais cette Église-là ne se laisse pas abattre. Elle prie, elle tient bon, elle pleure ses morts et continue de confesser le Christ, même dans la tourmente. Et nous, chrétiens d’Occident, avons le devoir de ne pas détourner le regard. Le devoir de parler, d’agir, de soutenir ces frères qui donnent leur vie pour la foi que nous avons en commun.
Car si nous les abandonnons, c’est le Christ que nous trahissons.





