Le Saint-Siège vient de promulguer un nouveau décret précisant les règles entourant les intentions de messe et les offrandes qui y sont liées. Publié par le Dicastère pour le Clergé et approuvé par le pape François le dimanche des Rameaux, ce document entrera en vigueur le jour de Pâques, le 20 avril 2025. Il remplace l’instruction Mos Iugiter datant de 1991.
Ce texte confirme la validité du canon 945 du Code de droit canonique, qui permet aux prêtres de recevoir une offrande pour célébrer la messe selon une intention particulière. Toutefois, le décret apporte des précisions nouvelles, notamment sur la possibilité d’avoir des intentions dites « collectives ».
Selon les normes mises à jour, les conférences épiscopales ou les conseils provinciaux peuvent désormais permettre aux prêtres d’accepter des offrandes multiples de différents donateurs pour une même messe avec une « intention collective », mais seulement lorsque tous les donateurs ont été explicitement informés et ont librement consenti.
Le document rappelle avec gravité que les offrandes liées aux intentions de messe ne doivent jamais être considérées comme des transactions commerciales. Toute dérive en ce sens relèverait du péché de simonie, c’est-à-dire du trafic des biens spirituels, une faute grave condamnée par l’Église.
Le cardinal Lazzaro You Heung-sik, préfet du Dicastère pour le Clergé, a souligné que ces nouvelles dispositions sont le fruit d’une longue réflexion, enrichie par des échanges avec de nombreux évêques, prêtres et fidèles à travers le monde.
Face au manque croissant de prêtres dans de nombreuses régions, rendant difficile la célébration de toutes les messes demandées, l’Église cherche à préserver la valeur spirituelle de chaque intention tout en répondant aux réalités pastorales actuelles.
Les évêques devront veiller à instruire clairement les fidèles et le clergé sur ces règles. Ils sont également tenus de garantir un enregistrement rigoureux des messes célébrées, des intentions reçues et des offrandes correspondantes. Le décret insiste sur la nécessité pour les prêtres de prier aux intentions des fidèles, même des plus pauvres, et cela même en l’absence de toute offrande.
Par ailleurs, toute tentative de remplacer une messe promise par une simple mention pendant les liturgies est fermement condamnée, l’Église qualifiant cela d’acte gravement illicite.
Enfin, dans un souci de solidarité entre les différentes parties du Corps mystique du Christ, les évêques diocésains pourront redistribuer les intentions excédentaires vers des paroisses ou des missions dans le besoin. Une manière concrète de rappeler l’unité de l’Église dans la prière et l’offrande.






