C’est avec gravité que Mgr William Shomali, vicaire patriarcal pour Jérusalem et la Palestine, s’est adressé aux parlementaires britanniques, lors d’une rencontre organisée au sein du Parlement du Royaume-Uni. Venu à l’invitation de l’œuvre catholique Aide à l’Église en Détresse (ACN), l’évêque a dressé un tableau sombre de la situation vécue par les populations de Gaza et de Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023.
Devant un auditoire nombreux et attentif, Mgr Shomali n’a pas cherché à prendre parti, ni à raviver les polémiques. Son message était clair : il faut travailler pour la paix, avec un esprit de vérité, de justice et de réconciliation. Plutôt que de raviver les blessures, il a invité à se souvenir des hommes d’État qui, dans le passé, ont eu le courage de tendre la main malgré les tensions.
Il a rappelé avec émotion la visite historique du président égyptien Anouar el-Sadate à Jérusalem, qui avait ouvert la voie à la paix entre l’Égypte et Israël. Il a aussi évoqué le geste fort du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, qui avait œuvré à la paix avec la Jordanie, avant d’être assassiné. Ces hommes, a souligné l’évêque, ont offert leur vie pour une paix véritable, dans un esprit de sacrifice et de dépassement des rancunes.
Une population qui souffre
La guerre a laissé derrière elle un profond sentiment de découragement. En Cisjordanie, les familles peinent à survivre. Le chômage touche environ la moitié de la population palestinienne, et la ville de Bethléem, habituellement soutenue par les pèlerinages et le tourisme religieux, est particulièrement frappée.
Avant les combats, près de 160 000 Palestiniens se rendaient chaque jour en Israël pour y travailler, apportant ainsi de quoi nourrir leurs familles. Mais depuis les événements du mois d’octobre, ces autorisations ont presque toutes été suspendues. Seules quelques centaines de permis ont été accordées, une goutte d’eau face aux besoins.
Mgr Shomali a témoigné de la détresse des chrétiens de Bethléem, qui l’appellent jour après jour pour demander non pas de l’argent, mais la possibilité de travailler. Ces appels répétés, qu’il ne peut pas satisfaire faute de permissions, le bouleversent. Son diocèse ne dispose que de 300 permis de travail, et les autres Églises sont confrontées aux mêmes limitations.
Les déplacements à l’intérieur même de la Cisjordanie sont devenus un véritable parcours du combattant. Plus de 900 points de contrôle sont disséminés sur le territoire, rendant chaque trajet incertain. Des malades ne peuvent se rendre à leurs rendez-vous médicaux à Jérusalem. Des familles restent bloquées pendant des heures, parfois toute une journée, en raison de barrages imprévus.
Une route qui demandait autrefois deux heures peut aujourd’hui en prendre huit. Les files de voitures s’allongent à perte de vue, et avec elles, l’attente, la fatigue et le désespoir.
Le cri de Gaza
Dans la bande de Gaza, la situation est encore plus dramatique. À l’église de la Sainte-Famille, environ 640 personnes se réfugient pour échapper à la violence des combats. Durant la trêve, l’Église latine, soutenue par ses bienfaiteurs, a pu distribuer nourriture et aide aux chrétiens comme aux musulmans, dans un élan de charité fraternelle. Mais les bombardements ont repris, et les convois de vivres sont désormais stoppés.
Grâce au soutien de l’Aide à l’Église en Détresse, des vivres, des médicaments, un accompagnement spirituel et même un soutien psychologique ont pu être fournis aux familles les plus éprouvées. L’association reste l’un des principaux soutiens du Patriarcat latin de Jérusalem dans cette œuvre de miséricorde.
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