Une fois de plus, la culture de mort tente de s’imposer au cœur de la législation britannique. Sous prétexte de lutter contre la violence, notamment envers les femmes, certains députés cherchent à faire passer en douce des amendements qui n’ont rien à voir avec le texte initial… mais qui pourraient ouvrir la voie à l’avortement sur simple demande, jusqu’à l’instant même de la naissance.
C’est la députée travailliste Tonia Antoniazzi qui a déposé ces amendements dans le cadre du projet de loi sur la criminalité et la sécurité. Un texte qui, à l’origine, devait se concentrer sur des mesures urgentes contre les violences faites aux femmes et le fléau des crimes à l’arme blanche. Mais voilà que certains politiciens veulent instrumentaliser ce texte pour imposer en douce la banalisation totale de l’avortement.
Une législation extrême et sans précédent
L’archevêque John Sherrington, responsable des questions de bioéthique pour la Conférence des évêques d’Angleterre et du Pays de Galles, n’a pas mâché ses mots. Il a tiré la sonnette d’alarme contre ces deux amendements, les clauses dites « New Clause 1 » et « New Clause 20 » qui représenteraient un recul dramatique dans la protection des plus vulnérables : les enfants à naître et leurs mères.
L’archevêque a rappelé que la loi actuelle, héritée de l’« Abortion Act » de 1967, impose un délai maximal de 24 semaines pour pratiquer un avortement, sauf cas très particuliers. Déjà, cette limite est bien plus large que celle en vigueur dans la plupart des pays européens, où l’avortement est généralement restreint à 12 semaines. Mais les amendements proposés visent tout simplement à supprimer toute barrière : une femme pourrait avorter à n’importe quel moment, même à la veille de l’accouchement, sans aucune justification.
Selon les mots mêmes de Mgr Sherrington, cette dérive entraînerait une augmentation dramatique du recours à des pilules abortives utilisées à domicile, à des stades avancés de la grossesse. Ce qui mettrait gravement en danger la santé physique et psychologique des femmes concernées.
Il a également souligné que la suppression du cadre pénal ouvrirait la porte à des pressions extérieures, notamment familiales ou sociales, sur des femmes vulnérables. Sans cadre judiciaire pour les protéger, elles seraient encore plus exposées à des décisions forcées, dénuées de liberté réelle.
Un rejet massif dans l’opinion publique
Cette volonté de libéralisation extrême de l’avortement ne correspond absolument pas aux souhaits des Britanniques. Les sondages réalisés par ComRes sont clairs : 91 % des femmes rejettent les avortements basés sur le sexe de l’enfant, et seulement 1 % soutiendraient une légalisation de l’avortement jusqu’à la naissance. En revanche, 70 % des femmes seraient favorables à une réduction du délai légal à 20 semaines ou moins.
Et pourtant, les promoteurs de cette loi insensée continuent d’avancer, faisant fi de la voix du peuple, des réalités médicales, et de la dignité humaine. Catherine Robinson, de l’organisation Right to Life, a dénoncé cette attaque comme « la plus grave menace contre les enfants à naître depuis la légalisation de l’avortement en 1967 ». Elle appelle à une mobilisation rapide et massive pour s’opposer à ce projet d’une brutalité inédite.
Face à cette offensive, l’archevêque Sherrington a exhorté tous les fidèles catholiques, et au-delà, tous ceux qui tiennent à la vie humaine, à prendre leurs responsabilités. Il invite chacun à écrire à son député pour lui demander expressément de rejeter ces amendements inacceptables.
Il rappelle que la vraie compassion ne consiste pas à éliminer les enfants à naître, mais à soutenir les femmes enceintes, à les accompagner, à leur offrir des solutions humaines et dignes. C’est ce que font chaque jour, dans l’ombre et avec un dévouement admirable, de nombreuses associations catholiques. C’est là, et là seulement, que se trouve la vraie charité chrétienne.





