Une fois de plus, la logique perverse du monde moderne s’expose sans honte : plutôt que d’aimer, soigner, accompagner dans la dignité les plus faibles, on préfère les éliminer froidement pour faire des économies. C’est ce que révèle un document officiel britannique analysant les « avantages » financiers de l’euthanasie des malades en fin de vie. Un rapport de 149 pages, commandé par le ministère de la Santé, prétend que légaliser le suicide assisté pourrait « soulager » le système de santé britannique, le NHS, de près de 60 millions de livres sterling par an. Oui, vous avez bien lu.
Ce projet de loi, porté par la députée Kim Leadbeater, propose d’autoriser le suicide assisté pour les adultes en phase terminale. Et ce qui est révélé dans cette étude, ce n’est pas simplement une froide projection comptable, mais une véritable stratégie de mort : on estime qu’en réduisant l’espérance de vie d’un malade de quelques mois, on économiserait sur les soins, les médicaments, les rendez-vous médicaux, les services d’ambulance et même sur les pensions. Le calcul est clair : quatre mois de vie en moins, ce sont des dizaines de milliers d’euros économisés par patient.
Mais ce n’est pas tout. Le rapport envisage même une diminution des dépenses en aides sociales et en retraites, comme si les plus vulnérables devaient mourir pour « équilibrer le budget ». L’étude s’inspire de ce qui se fait déjà au Canada et dans l’État de l’Oregon, là où l’euthanasie a déjà ouvert la porte à des dérives tragiques. Le tout est enrobé dans un langage pseudo-scientifique, mais truffé d’incertitudes : le mot « incertain » revient 36 fois, et certains chiffres clés sont laissés en suspens. En somme, on veut voter une loi sans même savoir où elle mène vraiment.
Mais cette logique purement utilitariste choque profondément ceux qui, avec bon sens et foi, défendent la dignité humaine. Le Christian Institute a sonné l’alarme en dénonçant un texte qui « déplace les fonds des soins vers la mort », et demande qu’on consacre plutôt du temps et de l’argent à renforcer les soins palliatifs. Ciarán Kelly, l’un de ses directeurs, appelle à un sursaut éthique. Même inquiétude du côté de la baronne Tanni Grey-Thompson, ancienne championne paralympique, qui voit dans cette loi un danger immense pour les personnes handicapées. Elle rappelle que dans un système de santé déjà surchargé, introduire des incitations économiques à l’euthanasie pourrait rapidement devenir un piège mortel pour ceux qui se sentent déjà de trop.
Ce projet de loi ouvre une brèche redoutable : pas de garanties pour les proches, pas d’obligation d’informer la famille, aucune exclusion pour les femmes enceintes, ni même pour les malades mentaux. La mention d’un « suicide assisté » sera simplement notée sur le certificat de décès, comme un banal acte administratif. Même les institutions chrétiennes ou les maisons de soins qui s’y opposent pourraient être contraintes d’héberger ces actes contre leur foi. Car si le texte autorise le personnel soignant à refuser de participer, il ne prévoit aucun droit similaire pour les établissements. C’est une atteinte directe à la liberté religieuse, un véritable chantage moral et légal imposé aux institutions chrétiennes.
Et pourtant, malgré ces graves dérives éthiques et pratiques, le projet avance. Il doit être examiné une seconde fois à la Chambre des Communes, et un vote final pourrait suivre. Ce serait un pas de plus vers une société où l’on évalue la vie non plus en fonction de sa dignité, mais de son coût.
Des experts en droit, comme les avocats Tom Cross K.C. et Ruth Kennedy, ont d’ailleurs mis en garde : ce texte viole potentiellement l’article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme, celui qui protège le droit à la vie. Il n’offre aucune protection particulière aux personnes souffrant de troubles mentaux ou sujettes aux pensées suicidaires. Ces personnes déjà fragiles pourraient être poussées vers la mort sous prétexte de « choix personnel ».
Même l’évaluation d’impact sur l’égalité, fournie par le gouvernement lui-même, admet que les personnes handicapées pourraient être particulièrement sensibles à l’idée de représenter un fardeau, même sans pression extérieure directe. Et malgré ce constat, aucune protection supplémentaire n’est prévue. On se contente de constater la vulnérabilité… sans rien faire pour l’éviter.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 76 % des professionnels des soins palliatifs ont affirmé qu’ils refuseraient de participer à de tels actes. Et 14 % de plus sont encore indécis. Ce qui veut dire que 9 soignants sur 10 dans le secteur concerné ne veulent pas coopérer avec cette politique de mort. Dans l’ensemble du personnel médical, seuls 35 % seraient prêts à s’impliquer. Et pourtant, le gouvernement veut aller de l’avant.
L’actrice Liz Carr, elle aussi très engagée pour les droits des personnes handicapées, a dénoncé avec force cette dérive inquiétante. Dans un documentaire de la BBC intitulé Better Off Dead?, elle a mis en lumière des témoignages bouleversants de personnes à qui l’on avait dit qu’elles seraient « mieux mortes ». Elle alerte aussi sur ce qui s’est passé au Canada : une législation qui, au départ, ne visait que les malades en phase terminale, a fini par englober les personnes souffrant de pauvreté, de solitude ou de troubles psychologiques. Et c’est ce même engrenage que risque de connaître le Royaume-Uni si ce projet de loi passe.
Il est temps de se lever, de dire non à cette culture de mort qui avance masquée derrière des promesses d’efficacité et de fausses compassions. La vraie dignité, c’est d’accompagner, pas d’éliminer. La vraie charité, c’est de souffrir avec ceux qui souffrent, pas de les pousser au tombeau pour économiser quelques livres.

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