Le Secrétariat catholique du Nigeria (CSN) a récemment exprimé une vive inquiétude face aux tentatives du gouvernement nigérian de légaliser et d’élargir l’accès à l’avortement. Cette initiative, perçue comme une menace directe à la dignité humaine et aux valeurs morales du pays, a suscité une réaction forte de la part de l’Église, qui rappelle les principes immuables du respect de la vie humaine, ancrés dans les enseignements catholiques.
Dans une déclaration publiée le 25 octobre, le père Zacharia Nyantiso Samjumi, secrétaire général du CSN, a mis en lumière les récentes actions du ministère fédéral de la Santé visant à réviser certaines sections du Code pénal nigérian. L’objectif du gouvernement est d’élargir l’accès à l’« interruption de grossesse en toute sécurité », ce qui, selon l’Église, constitue une menace contre les fondements moraux et culturels de la nation.
Une réforme qui suscite de vives critiques
Lors d’un récent sommet sur la santé et les droits sexuels et reproductifs (SRHR), Barrister Nma Ogbonna, représentant du ministère fédéral de la Santé, a révélé que des réformes du Code pénal étaient en cours pour décriminaliser l’avortement. Sous le thème « Un choix pour tous : Liberté de planifier, pouvoir de choisir », le sommet a mis en avant des initiatives visant à promouvoir la santé sexuelle et reproductive au Nigeria, mais celles-ci ont soulevé des préoccupations importantes, notamment sur la moralité de telles mesures.
Le père Samjumi, tout en rappelant les craintes largement partagées par les Nigérians, a souligné que ces initiatives du gouvernement étaient perçues comme des tentatives d’imposer des idéologies postmodernes en décalage avec les croyances religieuses, morales et culturelles profondément enracinées dans la société nigériane.
Une rupture avec les valeurs traditionnelles
Selon le père Samjumi, cette décision du gouvernement marque une rupture avec les valeurs morales et religieuses qui ont toujours façonné l’identité nigériane. Il souligne également que le Nigeria a déjà adhéré à des accords internationaux, comme l’accord de Samoa, contenant des dispositions favorables à l’agenda LGBTQ. Ces développements montrent, selon lui, une volonté du gouvernement de s’écarter de l’héritage chrétien et culturel du pays, en particulier en matière de respect de la vie humaine.
Le prêtre a également dénoncé la mise en œuvre de l’éducation sexuelle complète (CSE) au Nigeria, la qualifiant de « programme de sexualisation des enfants ». Il critique les contenus inappropriés tels que l’enseignement de la masturbation, de l’avortement et d’autres pratiques contraires aux valeurs chrétiennes.
Un appel à la protection de la dignité humaine
L’Église catholique, par le biais de la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN), a toujours été claire sur sa position : toute loi qui ne respecte pas le droit à la vie est contraire aux lois naturelles et divines. Le père Samjumi rappelle que la Constitution nigériane garantit la protection de la vie humaine, et que le gouvernement a le devoir de respecter cette protection plutôt que de chercher à la contourner.
En appelant le gouvernement à revoir ses priorités, le père Samjumi a insisté sur l’importance d’éduquer la population à la dignité de la vie humaine, plutôt que de promouvoir une « culture de la mort » à travers la légalisation de l’avortement. Il conclut en soulignant que la paix et l’harmonie dans la société dépendent de la reconnaissance et du respect de la dignité humaine.






