Fidèles à leur devoir de pasteurs et gardiens de la Loi morale, les évêques écossais ont élevé la voix pour dénoncer avec vigueur la récente législation instaurant des périmètres d’interdiction autour des avortoirs. Cette loi, connue sous le nom de « Abortion Services (Safe Access Zones) Act 2024 », constitue une attaque directe contre la liberté religieuse, la liberté d’expression et la charité chrétienne élémentaire.
Une législation disproportionnée et tyrannique
La Conférence des évêques d’Écosse a qualifié cette loi de « disproportionnée et antidémocratique ». Le texte impose des zones dites « tampons » de 200 mètres autour de 30 lieux à travers le pays. À l’intérieur de ces périmètres, toute conduite jugée capable d’« influencer » une décision concernant l’avortement est désormais criminalisée.
Le gouvernement écossais, dans une dérive autoritaire manifeste, a listé plusieurs activités spirituelles et caritatives comme potentielles violations de la loi. Parmi elles, on retrouve les « vigiles silencieuses », la « distribution de tracts », la « prédication religieuse » ou encore le fait d’« aborder quelqu’un pour tenter de le persuader de ne pas accéder aux services d’avortement ». Les évêques rappellent fermement que si l’Église ne cautionne ni le harcèlement ni l’intimidation, telle n’était nullement « l’intention de cette loi » qui vise en réalité à étouffer la voix de la conscience.
La criminalisation de la prière et de la pensée
L’aspect le plus effrayant de cette législation réside dans sa capacité à punir la prière intérieure et la vie privée. Les évêques ont souligné que la loi « s’étend aux domiciles privés situés dans les zones désignées ». Ainsi, une simple affiche pro-vie à une fenêtre, une conversation entendue ou même « une prière dite près d’une fenêtre » pourraient tomber sous le coup de la sanction pénale.
L’arbitraire règne en maître : lorsque Gillian Mackay, membre du Parti Vert écossais à l’origine de la loi, fut interrogée pour savoir si prier chez soi près d’une fenêtre constituait un délit, elle répondit avec un cynisme glaçant : « Cela dépend de qui passe devant la fenêtre ».
Même les forces de l’ordre expriment leur malaise face à cette police de la pensée. Le surintendant Gerry Corrigan a déclaré au Parlement que surveiller les pensées était un domaine que la police « éviterait », ajoutant : « Je ne pense pas que nous puissions nous engager sur la voie de demander aux gens ce qu’ils pensent ou quelles sont leurs pensées ».
Premières victimes et refus de la charité
L’application de cette loi inique n’a pas tardé. En décembre 2025, Rose Docherty, une femme de 74 ans, a été inculpée suite à son arrestation à Glasgow. Son crime ? Se tenir silencieusement devant l’hôpital universitaire Queen Elizabeth avec une pancarte indiquant : « La coercition est un crime ; ici pour parler, seulement si vous le souhaitez ». Les évêques déplorent qu’une personne se tenant seule, engagée dans une « prière silencieuse d’inspiration pro-vie », puisse être traitée comme une criminelle.
Les conséquences sont dramatiques pour les femmes en détresse. Les évêques avertissent que cette loi risque d’éliminer « un côté de la conversation et un ensemble de choix », privant les mères de l’aide vitale que les organisations pro-vie pourraient leur offrir.
Malgré les tentatives de certains parlementaires d’introduire des amendements de bon sens, tels qu’une défense fondée sur le caractère raisonnable ou des exemptions pour les aumôniers craignant d’être criminalisés pour des conversations pastorales, « tous les amendements ont été rejetés ou retirés ».
Face à l’État qui « restreint la liberté de parole, la liberté d’expression et la liberté de religion d’une manière qui devrait tous nous préoccuper », les évêques écossais maintiennent le cap de la Tradition et de la Vérité. Ils affirment haut et fort : « Nous soutenons tous ceux qui, motivés par la conscience et la compassion, défendent le droit à la vie. Cela ne peut pas être un crime de donner notre voix et nos prières aux enfants à naître ».
En ces temps troublés, alors que le Pape Léon XIV vient de clore la Porte Sainte, nous devons nous rappeler que l’Enfant de la crèche n’a pas de voix politique. Il est honteux, concluent les évêques, que l’État ait désormais « restreint les voix des citoyens ordinaires qui plaident pour eux à l’intérieur de ses frontières ».





















