Des catholiques / chrétiens et musulmans en Inde ont récemment pris position contre les appels de groupes hindous radicaux exhortant les hindous à ne pas acheter de produits auprès de commerçants non hindous, une mesure jugée arbitraire et visant à diviser les communautés religieuses. Cette campagne, lancée à l’approche de la fête de Diwali, trouve ses racines dans des organisations comme le Bajrang Dal et le Vishwa Hindu Parishad (Conseil Mondial Hindou), toutes deux alignées avec le parti nationaliste hindou BJP, sous l’égide du Premier ministre Narendra Modi.
Un appel inquiétant qui sème la division
Les posters et slogans affichés dans des villes telles que Bhopal, Ujjain et Devas, situées dans l’État de Madhya Pradesh dirigé par le BJP, incitent la population à ne pas acheter d’articles festifs auprès de non-hindous. Ces groupes, reliés à la Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), un mouvement ultranationaliste influent en Inde, orientent leur campagne contre les commerçants musulmans, qui sont pourtant nombreux à produire et vendre des objets nécessaires aux fêtes hindoues comme les fleurs, les bougies et les pots en argile.
L’archevêque émérite Leo Cornelio de Bhopal s’est exprimé contre ces appels, affirmant que de telles actions créent la discorde et sont destinées à diviser les citoyens pour des objectifs politiques.
« Demain, ces groupes peuvent aussi demander aux gens de ne plus envoyer leurs enfants dans des écoles chrétiennes, » a-t-il averti à UCA News, pointant du doigt les conséquences de cette campagne visant les minorités religieuses. Il s’inquiète de l’impact que cela pourrait avoir, non seulement sur la paix entre les communautés, mais aussi sur l’emploi de milliers de commerçants musulmans.
Des tensions exacerbées par le climat politique
Les autorités du BJP en Uttar Pradesh, un autre État dirigé par ce même parti, ont récemment imposé l’affichage obligatoire des noms des commerçants à l’extérieur de leurs boutiques lors du pèlerinage hindou annuel de Kanwar Yatra. Cependant, cette directive a été annulée par la Cour suprême indienne. En septembre, pendant le festival hindou de Navaratri, des groupes radicaux ont même interdit aux musulmans de participer à des événements communautaires, comme la danse traditionnelle du Garba.
Muhammad Arif, président du Centre pour l’Harmonie et la Paix, a également exprimé son inquiétude. Selon lui, ces initiatives ne font qu’aggraver les tensions religieuses et menacent la stabilité sociale dans un pays où les minorités sont déjà exposées à des discriminations et des violences.
Des conséquences désastreuses pour les minorités
Pour Arif, ces actions ont des conséquences économiques directes pour les musulmans et chrétiens engagés dans la production d’articles pour les fêtes hindoues. En fermant les portes de ces marchés aux commerçants non hindous, des milliers de travailleurs musulmans se retrouveraient privés de leurs moyens de subsistance, ce qui ne ferait qu’accroître la marginalisation et la pauvreté de leurs communautés.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Modi en 2014, les violences contre les minorités chrétiennes et musulmanes se sont amplifiées, témoignant d’un climat de plus en plus hostile. Les dirigeants chrétiens et musulmans appellent ainsi au respect et à l’unité, refusant que les croyances religieuses servent d’outil de division et de discrimination, afin de préserver la paix et la cohésion sociale en Inde.
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