Alors que Donald Trump rencontrait Benjamin Netanyahou ce lundi, un événement a marqué l’actualité : plus de deux cents responsables évangéliques américains ont adressé une lettre au président pour lui demander de soutenir « la souveraineté sur le cœur biblique » d’Israël, c’est-à-dire la Judée et la Samarie, souvent appelées sur la scène internationale « Cisjordanie ».
Cette démarche, organisée par le Family Research Council, illustre la soumission persistante entre certains milieux protestants conservateurs et l’État hébreu. Les signataires, parmi lesquels figurent des pasteurs comme Gary Hamrick ou Jack Hibbs, des personnalités comme l’ancienne députée Michele Bachmann, ainsi que des responsables tels que Tony Perkins ou Mat Staver, insistent sur le caractère religieux et historique de la Judée et de la Samarie. Selon eux, restreindre le droit d’Israël d’y exercer sa souveraineté ne ferait qu’alimenter les conflits et renforcer les menaces contre les habitants, juifs comme palestiniens.
La lettre, intitulée « Standing with the Biblical Heart of Israel », avertit Donald Trump contre « les voix — même parmi les alliés — qui veulent imposer des concessions au cœur même de l’existence d’Israël ». Les évangéliques demandent à l’ancien président de « réaffirmer la vérité biblique et historique » selon laquelle « la Judée et la Samarie ne sont pas seulement l’histoire d’Israël, mais son identité ». Pour eux, « cette terre promise par Dieu dans l’Écriture » doit être reconnue comme un droit « donné par Dieu » au peuple juif.
Cette initiative intervient alors que plusieurs pays alliés des États-Unis, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie, ont récemment reconnu un État palestinien. Netanyahou, poussé par ses partenaires de coalition, envisage en réaction l’annexion d’une partie de la Judée-Samarie, ce que Trump a publiquement rejeté. « Je ne le permettrai pas. Cela n’arrivera pas », a-t-il déclaré, affirmant avoir déjà fait savoir sa position à Netanyahou.
Les signataires, parmi lesquels Susan Michael et Luke Moon, rappellent que les noms de Judée et Samarie appartiennent à la tradition biblique et ne sauraient être réduits au terme « Cisjordanie », qui ne renvoie qu’aux dix-neuf années d’occupation jordanienne après 1948. Comme l’expliquait Moon, « ce sont les collines où Abraham marcha, où David garda ses brebis, où les prophètes annoncèrent la Parole de Dieu ».
La lettre conclut en exhortant Trump à rester fidèle à son soutien passé envers Israël, afin que l’Histoire se souvienne de lui comme d’un dirigeant qui a choisi de se tenir « aux côtés de l’alliance de Dieu et de son peuple ». Dans ses interventions à l’ONU, Trump a d’ailleurs critiqué la reconnaissance d’un État palestinien, dénonçant une récompense indue offerte aux terroristes du Hamas, responsables du massacre du 7 octobre 2023 et qualifiés depuis 1997 par Washington d’organisation terroriste.




