Après près d’un mois de captivité, une nouvelle porteuse d’espérance est parvenue d’Haïti. L’Irlandaise Gena Heraty, missionnaire et directrice de l’orphelinat sainte Hélène à Kenscoff, a enfin retrouvé la liberté, en même temps que sept autres personnes, dont un petit enfant de trois ans handicapé. Cette religieuse, connue pour son dévouement auprès des plus pauvres, avait été enlevée le 3 août par des hommes armés qui ont fait irruption dans l’établissement.
Le gouvernement irlandais, par la voix du vice-premier ministre Simon Harris, a confirmé la libération et assuré que tous les otages sont désormais en sécurité et en bonne santé. La famille de Gena Heraty a exprimé publiquement sa gratitude envers le ministère irlandais des Affaires étrangères, qui a coordonné sans relâche les efforts pour obtenir leur délivrance.
Ce n’est pas la première fois que ce foyer pour orphelins, placé sous la responsabilité de l’organisation internationale Little Brothers and Sisters, est visé par la violence des gangs. L’établissement accueille plus de deux cents enfants abandonnés, et demeure une œuvre de charité précieuse au milieu d’un pays meurtri. Les bandits armés, qui ont pénétré dans le lieu, n’ont pas revendiqué officiellement leur attaque, mais ils s’inscrivent dans un contexte de criminalité devenue endémique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Organisation des Nations Unies, plus de 3 000 personnes ont trouvé la mort sur l’île au cours du premier semestre 2025, tandis que 336 enlèvements ont été recensés sur la même période. La terreur semée par ces gangs rappelle tragiquement d’autres événements récents, comme le rapt de 17 missionnaires en 2021 par le groupe criminel dit 400 Mawoza. Parmi les otages figuraient alors cinq enfants, et la majorité avait passé plus de trois mois dans des conditions inhumaines avant d’être relâchée.
Ce nouvel épisode de violence souligne une fois de plus l’épreuve terrible que subit Haïti, où l’insécurité mine chaque jour la vie sociale, mais il manifeste aussi la force de la foi et de la solidarité chrétienne. La mission de Gena Heraty, enracinée dans l’amour du Christ pour les plus petits et les plus faibles, sort renforcée de cette épreuve. Elle incarne ce que l’Église a toujours affirmé : au milieu des ténèbres, la lumière de la charité ne s’éteint jamais.





