Dans une interview donnée ce dimanche, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, a imploré le pape Léon XIV de libérer la messe traditionnelle, aujourd’hui gravement menacée dans de nombreux diocèses à travers le monde.
Alors que l’Église est traversée par des crises doctrinales, morales et liturgiques sans précédent, des milliers de fidèles — pieux, respectueux, aimant l’Église — se voient interdire l’accès à la liturgie qui a nourri les saints pendant plus de mille ans. Cette répression brutale, commencée sous le Pape François avec le motu proprio Traditionis Custodes, se poursuit encore aujourd’hui sous le pontificat de Léon XIV.
Dans l’entretien mené par Christopher Wendt de la Confraternité Notre-Dame de Fatima, Mgr Schneider dénonce avec clarté la persécution liturgique que subissent les prêtres et les fidèles attachés à la messe tridentine.
« Ces prêtres veulent simplement prier et célébrer comme cela se faisait depuis presque un millénaire, comme les saints l’ont fait. »
Et pourtant, ils sont rejetés, déplacés, sanctionnés. Les fidèles, eux, sont traités comme des catholiques de seconde zone, relégués dans quelques lieux isolés, parfois supprimés purement et simplement.
Mgr Schneider cite notamment le cas de l’archidiocèse de Detroit, où la messe traditionnelle a été interdite dans les 28 paroisses, pour être tolérée dans seulement quatre lieux restreints, à partir du 1er juillet.
« C’est insupportable. C’est une grande injustice envers de bons fidèles qui ne veulent rien d’autre que prier comme leurs aïeux. »
Qu’attend le pape Léon XIV ?
Face à cette injustice, Mgr Schneider demande explicitement un acte clair du pape Léon XIV : la reconnaissance de Quo Primum.
Ce texte fondateur de saint Pie V, publié en 1570, n’a jamais été abrogé. Au contraire, il déclare avec force que personne ne peut interdire, sous peine de désobéissance au pape lui-même, la célébration de la messe tridentine. Il précise que ce missel, approuvé solennellement, doit être suivi in perpetuum, c’est-à-dire pour toujours :
« Ce présent document ne pourra jamais être révoqué ni modifié, mais demeurera toujours valide et gardera sa pleine vigueur. »
Comment peut-on prôner l’écoute du peuple de Dieu, la synodalité, la diversité des rites, tout en interdisant le rite que l’Église a transmis fidèlement pendant des siècles ?
Mgr Schneider ne se contente pas de protester. Il appelle à prier pour le pape Léon XIV, afin qu’il prenne conscience de cette persécution, qu’il se laisse éclairer par la vérité, et qu’il agisse enfin :
« Il est urgent que le pape protège ses fils et ses filles traités en catholiques de seconde zone. »
« Prions pour que le Saint-Père ait le courage de libérer la messe latine, par un acte magistériel. »
L’entretien aborde enfin une autre inquiétude majeure : les nominations épiscopales sous Léon XIV. Mgr Schneider ne mâche pas ses mots :
« En nommant des évêques promoteurs d’ambiguïtés, voire d’erreurs connues, le pape ouvre la porte aux loups. »
Il cite les exemples de candidats douteux, hétérodoxes, qui affaiblissent encore davantage la foi des fidèles. C’est le cas, notamment, de Mgr Shane Mackinlay, récemment nommé archevêque de Brisbane, malgré son soutien public à l’ordination des femmes au diaconat, une proposition formellement condamnée par le Magistère.
Mgr Schneider rappelle enfin que Dieu demandera des comptes à chaque pape pour les évêques qu’il aura imposés au troupeau du Christ.





