Dans un silence quasi-total des grandes puissances et de la presse occidentale, l’Église souffre une fois de plus dans la chair de ses fidèles, cette fois en République Démocratique du Congo. Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025, une attaque ignoble a ensanglanté la paroisse Bienheureuse Anuarite à Komanda, en Ituri. Des rebelles islamistes affiliés à l’État islamique ont assassiné à l’arme blanche plusieurs dizaines de catholiques en pleine veillée de prière.
C’est aux environs de deux heures du matin, selon Radio Okapi, que l’alerte est donnée. Mais le carnage a débuté bien plus tôt, autour de 21h, lorsque des hommes armés surgissent dans la localité de Komanda. Ils ne s’en prennent pas à un objectif militaire, ni à un poste stratégique, mais directement à l’Église. Des fidèles étaient rassemblés paisiblement dans l’église de la paroisse Bienheureuse Anuarite pour une veillée de prière… Ils ont été sauvagement massacrés.
Selon les sources locales, entre vingt et trente personnes ont été égorgées ou tuées à coups de machettes. Le père de la paroisse, l’abbé Aimé Lokana Dhego, confirme l’attaque et déclare que plusieurs fidèles ont également été enlevés. On est, à l’heure actuelle, sans nouvelles de ces otages. Le sang des martyrs coule encore, et leurs noms ne seront probablement jamais connus des chancelleries occidentales, trop occupées à défendre des causes plus rentables médiatiquement.
Les ADF : une milice islamiste affiliée à l’État islamique
L’attaque a été perpétrée par les Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe rebelle d’origine ougandaise ayant prêté allégeance à l’État islamique. Ce groupe, responsable d’innombrables exactions dans l’Est congolais, s’est une nouvelle fois distingué par son acharnement contre les chrétiens. Après avoir massacré les fidèles, les rebelles ont incendié maisons et commerces aux alentours, semant la terreur dans toute la ville. Plusieurs habitants ont également été tués, mais leur nombre exact reste inconnu. Selon les premières informations, les ADF seraient partis de leur bastion de Mon Hoyo et auraient emprunté la route de Bogi pour mener leur expédition meurtrière.
Ce massacre n’est pas un acte isolé. Le coordinateur de la Convention pour le respect des droits humains, Christophe Munyanderu, évoque au total 38 morts. Le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole de l’armée en Ituri, confirme que ce sont bien les ADF qui sont responsables de cette tuerie. Il faut rappeler que, selon un communiqué de la Monusco publié quelques jours plus tôt, 82 personnes ont été tuées par les ADF pour le seul mois de juillet. Une vague de violence qui surgit après une brève période d’accalmie.
Les Forces armées congolaises (FARDC), ainsi que les militaires ougandais et la police locale, ont été mobilisés en réponse. Mais comme tant d’autres fois, cette mobilisation arrive trop tard pour les victimes. Les cendres de l’église, des maisons brûlées et le sang versé des innocents témoignent de l’ampleur du mal.
Une guerre contre le christianisme passée sous silence
Ce qui s’est passé à Komanda, c’est une attaque clairement dirigée contre l’Église catholique. Les fidèles ont été massacrés non parce qu’ils représentaient un danger, mais parce qu’ils priaient. Ils priaient le Christ, ils adoraient l’Eucharistie, et cela suffit aujourd’hui à déclencher la haine fanatique de ceux qui servent les ténèbres. Cette attaque vise aussi bien les catholiques congolais que tous les chrétiens du monde. C’est notre foi qui est ciblée, c’est notre Dieu qui est blasphémé par ces actes.
Pendant que les médias préfèrent parler de sujets dérisoires ou détourner l’attention, les enfants de Dieu tombent, un à un, dans l’indifférence générale. On tue des catholiques en Afrique comme on écrase une mouche. Silence. Aucun hashtag ne s’élève, aucune marche blanche, aucune condamnation forte.
Le sang des martyrs crie vers le ciel depuis Ituri. Les catholiques assassinés à Komanda sont morts en état de prière, dans la maison de Dieu, au cœur d’une veillée eucharistique. Ce sont nos frères. Le Bienheureux Isidore Bakanja, martyr du Congo, les accueille dans la gloire.
Il est temps que le monde catholique ouvre les yeux. Nous ne pouvons plus nous taire face à cette guerre larvée contre l’Église. Il faut prier, oui, mais il faut aussi parler, dénoncer, agir. N’abandonnons pas nos frères du Congo. Que leur sacrifice ne soit pas vain. Qu’il soit semence de foi, de réveil spirituel et de courage pour nous tous.





