Face à l’éruption de violence qui secoue actuellement plusieurs États mexicains, l’épiscopat du pays a lancé un appel pressant à la prière, à l’unité et à la prudence. Cette réaction pastorale intervient dans un climat de haute tension, déclenché par la mort, le dimanche 22 février 2026, de Nemesio Ruben Oseguera Cervantes, dit « El Mencho », dirigeant du Cartel de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG).
Âgé de 59 ans, le chef criminel a perdu la vie à la suite d’une opération militaire menée dans la région montagneuse de Tapalpa, au centre-ouest du pays. Le ministère de la Défense a précisé que les forces spéciales de l’armée mexicaine, bénéficiant du soutien des services de renseignement des États-Unis, ont affronté le groupe armé. Grièvement blessé lors de l’échange de tirs, Oseguera Cervantes est décédé pendant son transfert en hélicoptère vers la capitale, Mexico. L’intervention s’est également soldée par la mort de plusieurs de ses subordonnés et la saisie d’un important arsenal, comprenant notamment des lance-roquettes.
La disparition du leader de cette organisation, considérée comme la plus puissante du Mexique et largement impliquée dans le trafic de cocaïne, de méthamphétamine et de fentanyl vers le territoire américain, a provoqué d’immédiates et violentes représailles. Dans au moins six États, dont celui de Jalisco, des commandos ont multiplié les incendies de véhicules et de commerces, érigé des barrages sur les axes routiers principaux et affronté les forces de l’ordre. D’après l’agence Reuters, une base de la Garde nationale a même été prise pour cible.
Le chaos a contraint la cité balnéaire de Puerto Vallarta à suspendre ses vols commerciaux, obligeant les habitants et les touristes à se calfeutrer dans les habitations et les complexes hôteliers. La menace d’une escalade demeure réelle, un membre du cartel ayant anonymement annoncé de nouvelles violences sur fond de luttes intestines pour le contrôle des opérations criminelles.
Devant cette dégradation sécuritaire brutale, la Conférence épiscopale mexicaine a tenu à faire entendre une voix d’apaisement. Dans un message adressé aux catholiques, les prélats ont souligné leur volonté d’accompagner chaque famille, paroisse et communauté par leur proximité fraternelle et leurs prières au cœur des épreuves actuelles. Conscients des dangers concrets qui pèsent sur la population, les évêques ont exhorté les fidèles à observer des règles strictes de sécurité. Ils recommandent de limiter les déplacements au strict nécessaire, de trouver refuge à domicile et de respecter scrupuleusement les consignes émises par les autorités civiles.
Pour clore leur message, les évêques mexicains ont confié la nation à l’intercession de sa sainte patronne. Ils ont prié Notre-Dame de Guadalupe, invoquée comme Mère et Reine de la Paix, d’étendre son manteau protecteur sur les familles et d’assister le peuple dans la construction de chemins d’espérance et de justice. Face à l’instabilité engendrée par la mort de l’un des criminels les plus recherchés au monde, l’Église locale maintient ainsi sa mission : opposer la paix à la vengeance, la prière à la panique, et soutenir la résilience d’une nation éprouvée.





















