Lors d’un entretien le 26 août 2025 sur le PBD Podcast de Patrick Bet-David, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a surpris son auditoire en affirmant pour la première fois avoir reconnu le génocide arménien commis par l’Empire ottoman entre 1915 et 1917. Cette déclaration, lancée presque sur le ton de l’improvisation, soulève pourtant de nombreuses ambiguïtés.
Un génocide chrétien toujours controversé
La question posée à Netanyahu concernait directement les massacres perpétrés par l’Empire ottoman contre 1,5 million de chrétiens arméniens, assyriens et grecs. Interrogé sur son absence de reconnaissance officielle, le chef du gouvernement israélien a répondu : « Je pense que nous l’avons fait », évoquant une résolution supposément votée par la Knesset. Pourtant, aucune loi de ce genre n’a jamais été adoptée par le Parlement israélien, même si plusieurs propositions avaient été déposées.
Lorsque l’animateur a insisté sur le fait qu’une telle reconnaissance devait venir du Premier ministre lui-même, Netanyahu a conclu sèchement : « Oui, je viens de le faire. Voilà. »
Une reconnaissance qui n’existe pas officiellement
Si les paroles du Premier ministre semblent constituer un premier aveu, il n’en reste pas moins qu’Israël n’a toujours pas reconnu officiellement le génocide arménien. Déjà en 2018, une tentative de vote parlementaire avait été annulée faute de soutien du gouvernement. Le contraste est d’autant plus fort que 34 pays à travers le monde, dont les États-Unis et l’Uruguay (le premier à l’avoir fait en 1965), ont pris cette décision.
Le rôle des États-Unis et la pression turque
La reconnaissance américaine a marqué une étape historique : le président Ronald Reagan fut le premier à employer le terme de génocide, suivi bien plus tard par Joe Biden. Mais d’autres présidents, comme Donald Trump, avaient choisi de l’éviter sous la pression du gouvernement turc, soucieux de préserver ses relations diplomatiques.
Du côté d’Ankara, la réaction fut immédiate. Le président Recep Tayyip Erdogan dénonça des propos « injustes et mensongers » à propos des événements de 1915, affirmant que la position des États-Unis ouvrait une « plaie profonde » et constituait une menace pour les relations entre les deux pays.
La Turquie réplique contre Israël
Les propos récents de Netanyahu interviennent dans un contexte de tensions déjà vives. Quelques jours après sa sortie, la Turquie a annoncé la fermeture de son espace aérien aux avions militaires et gouvernementaux israéliens, ainsi que de ses ports aux entreprises partenaires de l’État hébreu.
Cette décision est perçue comme une réponse directe aux opérations militaires menées par Israël à Gaza, qu’Ankara qualifie, de son côté, de « génocide ».
Un enjeu historique et spirituel
Plus d’un siècle après les massacres de 1915, le sang de millions de chrétiens martyrisés continue de crier justice. La reconnaissance de ce génocide n’est pas une question de diplomatie passagère mais un devoir de vérité et de mémoire. Tant que certains États utiliseront ce drame pour servir des intérêts politiques, les souffrances des victimes et de leurs descendants ne trouveront pas la pleine réparation historique.
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