Chaque jour, au Nigeria, des chrétiens tombent sous les coups des islamistes. Le dernier rapport de la International Society for Civil Liberties and the Rule of Law (Intersociety), publié le 10 août 2025, dresse un constat glaçant : 7 087 chrétiens ont été massacrés en seulement 220 jours, soit une moyenne de 32 victimes par jour.
Une stratégie de terreur organisée
Derrière ces violences, pas moins de 22 groupes jihadistes qui opèrent en toute impunité. Leur objectif est clair : éliminer d’ici cinquante ans les 112 millions de chrétiens du Nigeria, ainsi que les minorités de religions traditionnelles. Cette logique rappelle les grandes offensives du XIXe siècle menées par les peuls fulani, qui avaient imposé le califat de Sokoto, encore aujourd’hui l’autorité islamique la plus influente du pays.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 185 009 Nigérians tués depuis 2009, dont 125 009 chrétiens et 60 000 musulmans dits “libéraux”.
- 19 100 églises détruites, plus de 1 100 villages chrétiens déplacés, 20 000 miles carrés de terres volées.
- 600 clercs enlevés, parmi lesquels 250 prêtres catholiques et 350 pasteurs protestants ; beaucoup exécutés.
Des massacres d’ampleur
Le rapport cite particulièrement l’État de Benue, épicentre du drame. En avril 2025, le massacre de Sankera a fait plus de 72 victimes sans défense. Puis, les 13 et 14 juin, le massacre de Yelewata a emporté la vie de 280 chrétiens en deux jours.
Un prêtre nigérian, le père Moses Aondover Iorapuu, dénonce ces tueries inhumaines : « Ce ne sont pas des chiffres, mais des vies humaines gâchées ! Chaque attaque change la démographie chrétienne. »
Silence international et complicités
Les accusations de complicité visant l’armée nigériane se multiplient. Franc Utoo, ancien conseiller du gouverneur Samuel Ortom, affirme que « mettre fin au terrorisme peul est dans le pouvoir de l’armée, mais la volonté politique manque ». Certains éléments militaires et politiques verraient dans ces violences un moyen d’étendre l’islam sur toute l’Afrique de l’Ouest.
Face à ce désastre, les appels à l’aide internationale restent lettre morte. Le père Iorapuu en vient à dire que « ceux qui peuvent se défendre doivent le faire eux-mêmes ».
Les voix de l’Église s’élèvent
Le cardinal Ignatius Kaigama, archevêque d’Abuja, déplore une insécurité grandissante alimentée par Boko Haram, les milices peules, les bandits et les “inconnus armés”. Le père Aondover, vicaire général à Makurdi, parle quant à lui de « barbares » et d’« animaux ».
Le rapport d’Intersociety dénonce la volonté des islamistes d’anéantir l’héritage millénaire du peuple Igbo, une culture de plus de 3 400 ans.
L’Amérique face à ses responsabilités
La question du Nigeria a été au cœur de la politique américaine. En 2020, l’administration Trump avait classé le pays comme “Country of Particular Concern” (CPC) pour violations graves de la liberté religieuse. Mais en 2021, le secrétaire d’État Antony Blinken (sous l’administration Biden) a retiré le Nigeria de cette liste, malgré l’escalade des violences. Une décision dénoncée par Open Doors, qui l’a qualifiée de « coup dévastateur ».
Aujourd’hui, Intersociety demande au gouvernement américain de réinscrire le Nigeria sur la liste CPC, et de conditionner toute aide américaine à de réels progrès dans la défense de la liberté religieuse.
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