Dans l’État de Benue, au cœur du Nigeria, une nouvelle tragédie a frappé les fidèles du Christ. Dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juin 2025, jusqu’à 200 chrétiens ont été sauvagement massacrés par des islamistes armés, dans ce qui est désormais qualifié par les missionnaires catholiques sur place comme la pire atrocité jamais connue dans cette région meurtrie.
Le carnage s’est déroulé à Yelewata, dans la zone administrative locale de Guma. Là, des familles chrétiennes déplacées, ayant déjà fui d’autres exactions de milices peules, vivaient tant bien que mal dans des bâtiments de fortune, aménagés au sein même du marché local. Mais cette nuit-là, les assaillants sont arrivés armés, criant “Allahu Akhbar”, et ont méthodiquement mis le feu aux structures où dormaient les réfugiés. Lorsque les victimes ont tenté de fuir, elles ont été découpées à la machette ou abattues à bout portant. Les corps, comme en témoignent des prêtres locaux, étaient éparpillés partout.
Le père Ukuma Jonathan Angbianbee, prêtre de la paroisse, a confié :
« Quand les tirs ont commencé, nous avons remis notre vie entre les mains de Dieu. Ce matin, je rends grâce d’être encore vivant. Mais ce que j’ai vu est indescriptible. Des gens égorgés comme des bêtes. »
Ce massacre n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une longue série d’attaques perpétrées par des groupes armés peuls radicalisés contre les communautés chrétiennes rurales du Nigeria, notamment dans la fameuse « ceinture centrale« , majoritairement agricole et chrétienne. L’État de Benue, depuis plusieurs années, en est devenu le théâtre principal.
L’organisation catholique Aide à l’Église en Détresse, qui rapporte les faits, parle d’un plan délibéré d’épuration ethno-religieuse. Le diocèse de Makurdi, par l’intermédiaire de sa Fondation pour la Justice, le Développement et la Paix, avance le chiffre accablant de près de 200 morts pour cette seule attaque. Amnesty International Nigeria, de son côté, a confirmé au moins 100 morts et de très nombreux blessés, pour la plupart privés de toute assistance médicale. Des dizaines de personnes restent portées disparues.
Les policiers, déjà intervenus dans la journée pour repousser une tentative d’attaque contre l’église Saint-Joseph (qui héberge plus de 700 déplacés), n’étaient plus là lorsque les tueurs sont revenus à la nuit tombée. Ce détail, comme tant d’autres, suscite la colère des habitants, abandonnés à eux-mêmes.
Des milliers de chrétiens se retrouvent une fois de plus sans abri. Beaucoup ont fui vers les villages voisins ou vers la capitale régionale de Makurdi. Ce n’est pas un exode nouveau : dans la seule zone de Gwer West, toujours dans l’État de Benue, plus de 100 personnes ont été tuées au cours des trois dernières semaines, forçant 5 000 âmes à fuir.
Le Saint-Père, le pape Léon XIV, a évoqué ce drame lors de la prière de l’Angélus dominical. Le successeur de Pierre a confié à la prière les victimes de cette “terrible tuerie”, en soulignant qu’elles étaient pour la plupart “abritées par la mission catholique locale.” Il a eu un mot particulier pour les “communautés rurales chrétiennes du Benue, victimes incessantes de la haine et de la violence.”
Il est important de rappeler qu’entre novembre 2022 et novembre 2024, près de 10 000 chrétiens ont été tués au Nigeria par des groupes islamistes, selon le rapport de Global Christian Relief. La plupart des victimes sont issues de zones rurales, où l’État ne protège plus ses citoyens, et où les communautés chrétiennes sont perçues comme des obstacles à un projet islamiste de conquête territoriale.
Le peuple peul, largement dispersé en Afrique de l’Ouest et comptant plusieurs millions de membres, n’est pas en soi monolithique. Une large partie vit en paix. Mais une frange extrémiste influencée par les idéologies djihadistes de Boko Haram ou de l’État islamique s’en prend violemment aux chrétiens depuis plusieurs années. Et le silence assourdissant des puissances occidentales devant ces crimes ne fait qu’aggraver la situation.
Des voix catholiques s’élèvent de plus en plus pour dénoncer un génocide silencieux, un plan de nettoyage religieux soutenu par le chaos, l’inaction des autorités et l’indifférence du monde. L’Église, elle, ne se taira pas. Nous devons tous nous unir dans la prière, dans le témoignage, et dans l’action. Car le sang des martyrs africains continue de couler, et il crie vers le Ciel.
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