C’est un coup de tonnerre pour l’Opus Dei. En Argentine, la justice vient de mettre en examen Mgr Mariano Fazio, actuel vicaire auxiliaire de la prélature, dans une affaire grave de traite d’êtres humains et d’exploitation domestique. Ce haut responsable, considéré comme le numéro deux mondial de l’organisation, est désormais officiellement accusé dans une enquête qui secoue profondément la réputation de l’Opus Dei.
L’affaire avait déjà fait parler d’elle en 2024, bien que les premières dénonciations circulaient dans les médias depuis plusieurs années. À l’origine : l’accusation que 43 jeunes filles, recrutées dès leur adolescence, auraient été soumises à un système de quasi-esclavage dans les résidences de l’Opus Dei en Argentine. Présentées comme des volontaires à une vocation religieuse, elles auraient été contraintes de travailler comme domestiques pendant des années, sans rémunération, ni reconnaissance de leurs droits.
Les premiers mis en cause étaient quatre figures de l’Opus Dei local : les prêtres Carlos Nannei, Patricio Olmos et Víctor Urrestarazu – tous anciens vicaires dans le pays – ainsi que Gabriel Dondo, ex-directeur de la branche féminine. Aujourd’hui, la justice y ajoute un nom de poids : celui de Mgr Fazio.
Selon les éléments recueillis par le parquet fédéral argentin spécialisé dans la lutte contre la traite humaine, ces femmes auraient été séduites par des promesses d’éducation et de logement, pour finalement se retrouver dans un univers clos, obéissant à des règles strictes : chasteté obligatoire, rupture des liens familiaux, examens médicaux imposés, administration de médicaments psychiatriques… Un véritable climat d’endoctrinement et de contrôle psychologique, à en croire l’accusation.
Les faits s’appuient notamment sur le témoignage poignant d’une femme bolivienne qui affirme avoir servi dans l’Opus Dei pendant 30 ans. En avril dernier, elle a élargi sa déclaration, affirmant notamment avoir travaillé directement pour Mgr Fazio.
Réaction de l’Opus Dei : indignation et défense
La prélature de l’Opus Dei en Argentine, par la voix de son bureau de communication, rejette catégoriquement ces accusations. Elle évoque une affaire centrée sur la situation personnelle d’une femme, qui aurait été déformée médiatiquement et juridiquement. Selon eux, la plaignante n’aurait d’abord évoqué qu’un problème de cotisations sociales, avant de reformuler sa plainte en dommages civils, puis finalement en accusation de traite humaine.
Pour l’Opus Dei, cette requalification est une interprétation biaisée d’une vocation librement choisie par des « assistantes numéraires », des femmes consacrées vivant une forme de vie religieuse au service des autres membres de l’institution.
L’organisation affirme que ces femmes étaient rémunérées, disposaient d’une mutuelle santé, et vivaient dans un cadre chaleureux, avec temps de repos, lecture et prière. Quant à l’engagement dans la prélature, il aurait été, selon leurs termes, « libre, explicite, répété et même souvent écrit », avec la possibilité de quitter cette vie à tout moment.
Dans son communiqué, l’Opus Dei rappelle le droit fondamental à la défense, dénonçant une pression médiatique qui chercherait à imposer une présomption de culpabilité. Elle réclame que les personnes mises en cause soient enfin entendues dans un cadre judiciaire clair et équilibré.
L’organisation insiste sur le fait que la plaignante décrit une période de sa vie qu’elle aurait librement choisie, et qu’elle regretterait aujourd’hui, dans un contexte peut-être influencé par des incompréhensions ou des blessures personnelles.
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