Le 6 avril dernier, le pape François a marqué son retour public après deux semaines de convalescence, en apparaissant lors de la messe pour le Jubilé des malades et des travailleurs de la santé, qui s’est déroulée sur la place Saint-Pierre. Bien qu’il soit apparu en fauteuil roulant et sous oxygène, le Saint-Père a réussi à s’adresser brièvement à la foule d’un ton faible et essoufflé, exprimant sa gratitude aux fidèles :
« Bon dimanche à tous, merci beaucoup !«
Accompagné de son infirmier personnel, Massimiliano Strappetti, le pape a pris part à la bénédiction finale de la messe, célébrée par l’archevêque italien Rino Fisichella, responsable du Dicastère pour l’Évangélisation et organisateur du Jubilé 2025 de l’Espérance. Cet événement faisait partie du plus grand Jubilé de l’année, célébré du 4 au 6 avril, et marquait la première apparition publique du pape depuis sa sortie de l’hôpital Gemelli, le 23 mars.
Admis à l’hôpital le 14 février pour traiter une infection respiratoire complexe et une pneumonie double, le pape avait passé 38 jours à l’hôpital, où il a frôlé la mort à deux reprises. Depuis sa sortie, il suit une période de repos de deux mois, durant laquelle il continue son traitement médicamenteux et suit des séances de rééducation pour ses capacités motrices, respiratoires et vocales. Il reçoit encore un traitement à l’oxygène haute pression en journée et la nuit.
L’apparition du pape à la messe du dimanche, bien qu’ayant surpris par son caractère impromptu, semble s’être produite en légère contradiction avec les recommandations de ses médecins, qui lui ont conseillé d’éviter les foules et de ne pas tenir de réunions avec des inconnus pendant sa convalescence.
Avant de rejoindre les fidèles sur la place Saint-Pierre, le pape s’est rendu à la confession dans la basilique Saint-Pierre, a prié et est passé par la porte sainte, un moment significatif dans le cadre de ce Jubilé des malades.
Dans son discours à l’Angelus, rédigé par ses soins et diffusé dimanche, le pape a médité sur l’Évangile du jour, relatant l’histoire de la femme adultère sauvée par Jésus de la lapidation. Il a souligné comment le Christ « restaurait la beauté perdue » de cette femme, tout en parlant du « doigt de Dieu » qui transforme l’histoire des pécheurs. Il a comparé ce geste de salut à son propre vécu durant sa récente hospitalisation, où, même dans la souffrance, il a ressenti « le doigt de Dieu » et sa tendre sollicitude.
Le pape a exprimé une prière spéciale pour les malades et pour ceux qui les soignent, leur demandant à Dieu que ce « toucher d’amour » atteigne ceux qui souffrent et donne du courage à ceux qui les accompagnent. Il a également évoqué les conditions de travail difficiles pour les personnels de santé, qui, parfois, sont eux-mêmes victimes d’agressions. « Leurs missions ne sont pas faciles et doivent être soutenues et respectées« , a-t-il insisté, soulignant que les systèmes de santé doivent investir davantage dans les traitements et la recherche, tout en étant attentifs aux plus fragiles.
Le pape a aussi évoqué la Journée internationale du sport pour le développement et la paix, exprimant l’espoir que cet événement soit un « signe d’espérance » pour ceux qui cherchent la paix et l’inclusion sociale, tout en remerciant les organisations sportives qui œuvrent pour la fraternité.
Dans ses prières, François a demandé la paix pour le monde entier, en particulier pour l’Ukraine, la bande de Gaza, et a fait un appel pour la fin des violences et la reprise du dialogue. Il a également prié pour la libération des otages israéliens et pour l’aide humanitaire en Gaza, tout en demandant l’intercession de la Vierge Marie pour la paix.
Enfin, dans son homélie, lue par l’archevêque Fisichella, le pape a partagé sa propre expérience de la maladie avec ceux qui participaient au Jubilé. Il a encouragé la société à ne pas exclure les plus fragiles, car « faire face à la souffrance ensemble nous rend plus humains« . Il a appelé à ce que la souffrance ne soit pas bannie de la vie, mais qu’elle devienne une opportunité de grandir ensemble, guidés par l’amour de Dieu qui demeure éternel.
Ainsi, même dans un contexte difficile, le pape François invite à la solidarité et à l’espérance, nous rappelant que l’amour de Dieu transforme nos vies, même dans les moments de souffrance.




