Dans une récente déclaration pleine de lucidité, le cardinal Isao Kikuchi, archevêque de Tokyo et président de Caritas Internationalis, a partagé ses réflexions sur l’élection du nouveau pape, Léon XIV, anciennement le cardinal américain Robert Francis Prévost. Ce religieux augustinien, profondément enraciné dans la tradition missionnaire de l’Église et doté d’une solide expérience au service de la Curie romaine, est apparu, aux yeux de nombreux cardinaux réunis en conclave, comme l’homme de la Providence pour notre temps.
Ce n’est pas le fruit du hasard si le choix s’est porté sur cet homme. Le cardinal Kikuchi rappelle d’abord que le nouveau pape a longuement œuvré comme missionnaire au Pérou, pays dans lequel il a ensuite été nommé évêque. Cette expérience pastorale au contact du peuple simple et fidèle, dans des régions souvent oubliées, a forgé chez lui une sensibilité concrète aux réalités humaines, loin des hautes sphères technocratiques. Plus tard, son élection comme supérieur général de l’ordre des Augustins l’a préparé à des charges d’envergure, avant qu’il ne soit appelé à Rome pour prendre la tête du Dicastère pour les évêques, poste clef où il a montré ses qualités de discernement, de fidélité doctrinale et de gouvernement ecclésial.
Dans les jours précédant l’élection, les cardinaux se sont réunis presque quotidiennement au sein des congrégations générales. Là, chacun a pu prendre la parole pour exprimer sa vision de l’Église et les défis à venir. Le cardinal Kikuchi, avec la simplicité propre aux hommes de foi, a surtout évoqué l’œuvre de Caritas, cette confédération d’organismes caritatifs catholiques présents dans plus de 160 pays. Il a tenu à rappeler que, contrairement à ce que certains pensent, Caritas n’est pas une grande structure opérationnelle ou une agence de financement à la manière des ONG mondaines : c’est une mission d’Église, profondément enracinée dans la doctrine sociale catholique, soumise à l’autorité des évêques et vouée à exprimer la charité du Christ de manière cohérente avec la foi.
Le cardinal a insisté sur l’importance de préserver l’identité catholique de ces œuvres, ainsi que la nécessité d’unité et de synodalité entre les différentes branches locales de Caritas. Cette fidélité à la doctrine sociale et à la mission spirituelle de l’Église se trouve, selon lui, renforcée par l’élection d’un pape tel que Léon XIV, qui comprend cette réalité de l’intérieur.
Au fil des discussions, plusieurs cardinaux ont exprimé leur reconnaissance envers le pape François pour son courage et sa sagesse dans le gouvernement de l’Église. Cependant, tous savaient qu’il ne s’agissait pas de chercher une copie conforme du pape précédent, mais un véritable successeur de saint Pierre : un homme choisi par Dieu, mû par une authentique vie intérieure, capable d’unir le troupeau dans la vérité et la charité.
Et c’est précisément dans cette lumière que le nom de Robert Francis Prévost s’est imposé. Comme le dit le cardinal Kikuchi, il est devenu évident pour beaucoup que le Seigneur avait déjà préparé cet homme pour cette charge. « Il ne s’agissait plus de voter selon des préférences humaines, mais de reconnaître celui que Jésus lui-même avait choisi », confie-t-il.
Une fois élu, le nouveau pape a pris le nom de Léon, en référence explicite à Léon XIII, auteur de Rerum Novarum, la grande encyclique fondatrice de la doctrine sociale moderne de l’Église. Un choix lourd de sens, qui montre la volonté du nouveau souverain pontife de poursuivre une ligne claire : celle d’une Église fidèle à sa tradition, engagée dans le monde mais sans compromission avec l’esprit du siècle.
Dans ses premiers mots adressés aux fidèles depuis la loggia de Saint-Pierre, Léon XIV a parlé de paix, de dialogue et de marche commune. Il a invité l’Église entière à avancer ensemble dans la fidélité au Christ, sans peur et dans la vérité.
Comme le conclut le cardinal Kikuchi avec foi et espérance :
« Nous ne savons pas encore avec précision le chemin que prendra Léon XIV. Il pourra gouverner différemment de son prédécesseur, mais ce qui importe, c’est que nous priions chaque jour pour lui, que l’Esprit Saint le guide et le protège. Écoutons la voix du Saint-Père et marchons à sa suite. »






