Dans un vivant témoignage de foi chrétienne, près de 20 000 fidèles ont envahi les rues de Qaraqosh, en Irak, également appelée Baghdeda, ce dimanche 13 avril 2025, pour commémorer l’entrée du Christ à Jérusalem. Portant des rameaux d’olivier et des palmes bénites, la procession solennelle est partie de la cathédrale de l’Immaculée-Conception, sous la conduite de Mgr Benedictos Younan Hanno, archevêque syriaque catholique de Mossoul. Prêtres, religieux, catéchumènes et familles entières ont uni leurs voix pour chanter des hymnes en arabe et en syriaque, leurs costumes traditionnels rappelant l’héritage ancestral des chrétiens d’Orient.
Depuis des années, Mgr Hanno surnomme Qaraqosh la « Ville du Hosanna », en raison de la ferveur unique qui anime ses célébrations pascales. Interrogé par ACI MENA, le Père Rony Salim, chancelier de l’archidiocèse syriaque catholique de Mossoul, a souligné le double symbole des rameaux :
« La palme, jadis brandie pour les rois de la terre, honore aujourd’hui le Christ Roi, vainqueur de la mort. L’olivier proclame son règne de paix. »
Parmi la foule, de nombreux habitants de Qaraqosh revenus spécialement de l’étranger pour Pâques ont tenu à perpétuer cette tradition millénaire. « Ces chants, ces prières, sont un héritage sacré que nos familles préservent malgré l’exil », a confié le Père Salim. Des bénévoles avaient décoré les rues de guirlandes de feuillages et d’icônes évangéliques, transformant la cité en un chemin de louange.
Cette ferveur a débordé au-delà de Qaraqosh. Dans le quartier chrétien d’Ankawa, à Erbil, des catéchistes chaldéens ont guidé une marche similaire, tandis qu’à Alqosh et Bartella, fidèles syriaques catholiques et orthodoxes ont prié côte à côte. Partout, les Hosanna résonnaient, rappelant la persévérance d’une Église éprouvée par les persécutions.
Interrompue après l’invasion de Daech en 2014 qui avait chassé les chrétiens de la plaine de Ninive, la procession de Qaraqosh a retrouvé sa splendeur d’antan. Les patriarches syriaques successifs y voient une image vivante de l’entrée du Seigneur à Jérusalem : une espérance qui transcende les ténèbres.

Sur les clichés d’Ismael Adnan pour ACI MENA, des enfants agitent des palmes sous le regard attendri des aînés. Dans ces visages, c’est toute l’Église d’Irak qui clame, inébranlable : Hosanna au Fils de David !





