À Noalejo, petite commune de la province de Jaén, un climat tendu s’est installé entre la municipalité et l’Église locale, en raison d’un différend sur la propriété d’une précieuse copie de le Saint-Suaire de Turin. Ce conflit est remonté à la surface après que cette relique, considérée comme un héritage de la ville, a été transférée à la cathédrale de Jaén sans l’accord, ni même l’information préalable de la mairie.
Le maire, Antonio Morales, membre du parti socialiste, n’a pas mâché ses mots. Il a dénoncé ce qu’il considère comme un acte commis en cachette, affirmant que « la relique fait partie intégrante du patrimoine de Noalejo », et que son transfert à Jaén pour l’exposition The Mystery Man est une offense à la mémoire historique de la ville. Selon lui, cette copie aurait été léguée par dona Mencia de Salcedo, fondatrice de Noalejo, à la communauté locale. Par conséquent, la commune se considère pleinement propriétaire de cette pièce religieuse.
Mais du côté du diocèse, le doyen de la cathédrale de Jaén, don Francisco Juan Martínez de Rojas, conteste cette version. Il soutient que, puisque dona Mencia avait offert toutes ses reliques à la paroisse qu’elle avait elle-même fait construire, c’est bien l’Église qui en détient la propriété. Il rappelle d’ailleurs que la municipalité n’existait même pas au moment du décès de la bienfaitrice, en 1575.
Cependant, ces arguments ne suffisent pas à convaincre le maire, qui insiste sur le fait que l’Église n’en est que dépositaire, et que cette relique ne peut être déplacée sans enfreindre les volontés testamentaires de dona Mencia. Il cite à cet effet un passage explicite de son testament, conservé aux archives municipales, dans lequel il est formellement interdit que le Saint-Suaire soit « prêtée ou emportée en dehors de l’église » sous peine de sanction pour celui qui oserait transgresser cet ordre.
En parallèle, le maire a aussi critiqué l’état dans lequel la relique a été conservée au fil des ans, affirmant qu’elle avait été abandonnée dans un simple meuble de la paroisse. Il s’interroge :
« S’il est vrai qu’on ne pouvait pas l’exposer à Noalejo pour des raisons techniques, pourquoi la déplacer maintenant, sans concertation, jusqu’à Jaén ? »
Actuellement, deux copies du Saint-Suaire sont présentées dans l’exposition installée à la cathédrale de Jaén, inaugurée le 5 avril. L’une montre plus clairement l’empreinte du corps du Christ, tandis que l’autre est plus discrète. Ces deux exemplaires font partie d’une série de reproductions commandées par l’empereur Charles Quint. Certaines furent offertes à des membres de sa cour, dont dona Mencia de Salcedo, qui fut camériste de l’impératrice Isabelle.
Le diocèse a assuré que la relique retournerait à Noalejo après la fin de l’exposition, prévue pour le 15 juillet. Il a également fait savoir qu’un projet de restauration des deux copies était à l’étude, afin qu’elles puissent être exposées dignement dans la paroisse de la ville, dans un cadre adapté. Pour cela, l’Église attend la prochaine vague d’aides de la Junta d’Andalousie en faveur du patrimoine religieux.
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