Dans une attaque contre la liberté religieuse, trois convertis au christianisme, dont une femme enceinte, ont écopé de lourdes peines d’emprisonnement en Iran pour avoir pratiqué leur foi. Le tribunal de Téhéran, dirigé par le juge Iman Afshari, a prononcé ces sentences le 8 mars, Journée internationale des femmes, marquant un sombre contraste avec l’esprit de cette commémoration.
Narges Nasri, 37 ans, attend son premier enfant. Elle a été condamnée à 16 ans de détention pour « propagande anti-islamique », « appartenance à un groupe opposé au régime » (une église domestique) et soutien sur les réseaux sociaux au mouvement « Femme, Vie, Liberté ». Abbas Soori, 48 ans, et Mehran Shamloui, 37 ans, écopent respectivement de 15 ans et 10 ans et 8 mois de prison pour des accusations similaires. Tous trois se voient également privés, pendant des années, de droits sociaux essentiels – santé, emploi, éducation – et doivent payer des amendes exorbitantes.
Raids et Interrogatoires : Un Scénario Répété
Le 3 novembre 2024, des agents du renseignement ont perquisitionné leurs domiciles à Téhéran, saisissant des Bibles, des croix et des instruments de musique – Mehran étant musicien. Emmenés à la tristement célèbre prison d’Evin, ils subirent des interrogatoires intensifs avant d’être libérés sous caution un mois plus tard, moyennant plus de 20 000 dollars chacun.
Leur procès, tenu le 15 février devant le tribunal révolutionnaire, invoquait les articles 499, 500 et 500 bis du code pénal islamique, criminalisant leur appartenance à des « groupes dissidents » et leur témoignage chrétien.
Une Répression Systématique
Ce même jour de novembre, au moins dix autres croyants ont été arrêtés lors de raids coordonnés à Karaj, Mashhad, Shiraz et Bandar Abbas. Abbas, déjà interpellé en 2020 avec Maryam Mohammadi et le pasteur arménien Anooshavan Avedian, avait alors reçu une interdiction de voyager et de résider à Téhéran. Le pasteur, condamné à dix ans de prison, fut finalement acquitté en septembre 2023 après plus d’un an derrière les barreaux.
L’Église Domestique : Crime de Foi
Les églises de maison, vitales pour les convertis souvent rejetés par leur famille, sont systématiquement ciblées par le régime. La confiscation d’objets religieux et les accusations de « collusion avec l’étranger » visent à étouffer toute expression chrétienne.
L’organisation Article18, dédiée à la défense des persécutés religieux en Iran, alerte sur cette escalade répressive. Leurs efforts documentent ces injustices, rappelant au monde que suivre le Christ, en terre islamique, reste un acte d’héroïsme quotidien.
En ces temps d’épreuve, la résistance silencieuse de Narges, Abbas et Mehran incarne la parole de l’Évangile :
« Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux » (Matthieu 5,10). Leur combat, porté par la prière des fidèles, appelle à une vigilance sans relâche face à l’oppression.






