En des temps où l’Église est confrontée à de nombreux défis, y compris sur le plan de ses structures canoniques, le Saint-Siège, sous la direction de Sa Sainteté le Pape Léon XIV, a récemment réaffirmé la primauté de l’autorité pontificale en matière d’organisation diocésaine en Chine. Cette décision illustre la sollicitude constante de l’Église romaine pour le « salut des âmes » et la « bonne administration » des fidèles, dans le respect de la « tradition ininterrompue ».
Le 8 juillet 2025, le Pape Léon XIV a pris la décision de supprimer deux diocèses historiques, ceux de Xiwanzi et de Xuanhua. Ces deux sièges avaient été érigés en 1946 par Sa Sainteté le Pape Pie XII, dont le pontificat fut marqué par une défense intrépide de la foi et de l’Église face aux idéologies totalitaires. En lieu et place de ces diocèses, le Souverain Pontife a créé le nouveau diocèse de Zhangjiakou. Cette réorganisation territoriale vise à aligner les frontières canoniques sur les réalités géographiques de la « ville capitale de Zhangjiakou », afin de « promouvoir le soin pastoral du troupeau du Seigneur et de veiller plus efficacement à son bien-être spirituel ».
Cette initiative n’est pas sans rappeler les difficultés passées de l’Église en Chine. Depuis 1980, l’« association catholique patriotique chinoise », sous le contrôle du « département du travail du front uni du parti communiste chinois », avait établi un diocèse du même nom, avec des frontières qui n’avaient « jamais été reconnues par le Saint-Siège ». La décision du Pape Léon XIV de créer un diocèse sous juridiction romaine et avec une nomination pontificale, tout en s’inscrivant dans le cadre de l’« accord provisoire entre le Saint-Siège et le gouvernement chinois sur la nomination des évêques », est un acte de souveraineté pontificale qui réaffirme la prééminence de Rome dans la nomination des pasteurs.
Le Père Joseph Wang Zhengui, 62 ans, a été nommé nouvel évêque de Zhangjiakou et a été consacré le 10 septembre. Il est un signe de la continuité de la vie ecclésiale et de l’attention du Saint-Père à pourvoir aux besoins spirituels des fidèles. Le nouveau diocèse, qui couvre une vaste étendue de 22530 km carrés avec une population de plus de 4 millions d’habitants, dont environ 85 000 catholiques desservis par 89 prêtres, sera un diocèse suffragant de l’archidiocèse de Pékin.
Il est important de noter que l’annonce vaticane n’a pas fait mention de l’Évêque Augustin Cui Tai, 75 ans, ancien évêque clandestin de Xuanhua, qui a été soumis à de nombreuses persécutions, dont des « détentions répétées, des assignations à résidence et des travaux forcés » au cours des trois dernières décennies. Son « absence notable » souligne les défis complexes et souvent douloureux auxquels l’Église est confrontée en Chine. Toutefois, la « déclaration pontificale » ne peut être interprétée que comme un acte de sagesse pastorale et de discernement, visant le bien supérieur de l’Église universelle.
Le Pape Léon XIV, qui a hérité de l’accord sur la Chine de son prédécesseur, le Pape François, a maintenu le Cardinal Pietro Parolin, architecte de cet accord, comme « secrétaire d’État ». Sa Sainteté a visité la Chine continentale avant son élection en tant que Pape, alors qu’il était « supérieur général de l’ordre augustin ». Le cardinal Stephen Chow, évêque de Hong Kong, a rapporté que le « Saint-Père n’est pas entièrement ignorant de l’Église en Chine » et qu’il « reconnaît l’importance du dialogue entre l’Église et les autorités du continent, et considère la communication respectueuse comme la priorité pour relever les défis dans les relations entre la Chine et le Vatican ».
En ces circonstances, l’action du Pape Léon XIV se révèle être un acte de « fidélité inébranlable » à la mission de l’Église d’établir et de maintenir la juridiction canonique, tout en naviguant dans les réalités complexes et parfois difficiles du monde moderne. C’est une réaffirmation de la « foi constante » et de la « discipline ecclésiastique », telles qu’elles ont été transmises à travers les siècles.




