Dans l’État du Montana, une proposition législative portée par des sénateurs démocrates suscite une vive inquiétude parmi les catholiques et les défenseurs de la liberté religieuse. Ce projet de loi, connu sous le nom de Senate Bill 139, vise à obliger les prêtres catholiques à violer le sceau sacré de la confession sous peine de lourdes sanctions pénales et financières.
Le texte propose de supprimer l’exemption des prêtres concernant l’obligation de signaler des abus, ce qui les contraindrait à révéler ce qui est confié lors du sacrement de confession. Les contrevenants risqueraient jusqu’à cinq ans de prison et de lourdes amendes, une situation plaçant les prêtres dans une position intenable : choisir entre obéir aux lois civiles ou aux lois de l’Église, ce qui pourrait entraîner une excommunication automatique.
En vertu du Canon 983 du Code de droit canonique, le sceau de la confession est inviolable, interdisant à tout prêtre de révéler ce qui a été entendu lors d’une confession, et ce “pour quelque raison que ce soit”. De même, le Canon 1386 stipule que tout prêtre violant directement ce sceau encourt une excommunication automatique réservée au Saint-Siège.
Mary Ann Dunwell, sénatrice à l’origine de ce projet, a déclaré à LifeSiteNews qu’elle avait cessé de pratiquer la foi catholique il y a cinq ans, bien qu’elle ait étudié dans une école catholique. Elle affirme avoir consulté des membres du clergé à travers le pays qui, selon elle, estiment possible de concilier absolution des péchés et signalement d’abus. Cependant, lorsqu’elle a été interrogée sur la compatibilité de cette obligation avec la foi catholique et le droit canonique, elle a répondu que ces considérations relevaient “des communautés de foi” et non de son rôle de législatrice.
Un autre soutien du projet, la sénatrice Sara Novak, a affirmé qu’aucune analyse sur la liberté religieuse n’avait été menée. Pour elle, protéger les enfants nécessite de ne faire “aucune exception” à l’obligation de signalement.
Les défenseurs de l’Église ont vivement dénoncé cette attaque contre un principe fondamental de la foi catholique. Le président de la Catholic League, Bill Donohue, a condamné cette proposition, la qualifiant “d’atteinte flagrante au Premier Amendement”, qui garantit la liberté religieuse. Il souligne l’absence de preuves démontrant que des agresseurs utiliseraient la confession pour admettre leurs crimes.
“Il est absurde de penser qu’un prêtre catholique briserait ses vœux pour satisfaire des intérêts politiques. Ils préfèreraient aller en prison que de révéler des informations confidentielles”, a-t-il ajouté.
Cette fermeté rappelle le cas d’un prêtre américain, le Père James Connell, qui a perdu ses facultés sacerdotales après avoir publiquement soutenu la levée de la protection légale du sceau de confession. En 2023, l’archevêque de Milwaukee, Jerome Listecki, a rappelé que de telles positions sont “gravement contraires aux enseignements définitifs de l’Église”.
Le projet de loi soulève des questions fondamentales concernant l’équilibre entre les lois civiles et le respect des croyances religieuses. En droit canonique comme en conscience, le sceau de la confession est inviolable. L’Église catholique considère que ce sacrement est un lieu de rencontre entre l’homme pécheur et la miséricorde de Dieu, un espace où la confidentialité absolue est essentielle.






